Juste une mise au point sur les plus belles images de ma vie

Je crois bien que j’ai écrit cette note uniquement pour pouvoir utiliser ce titre. Ça pète non ? Ça te rappelle des souvenirs ?

Donc si vous avez suivi les informations aujourd’hui, vous avez peut-être vu qu’Instagram avait modifié ses CGU et que cela suscitait un tollé auprès des utilisateurs. En gros, IG informe la populace qu’il sera, à partir du 16 janvier 2013, propriétaire de toutes nos photos et qu’il en fera ce que bon lui semble, et notamment qu’il pourra les vendre, sans contrepartie pour l’auteur, et sans même le prévenir. Sacrebleu ! Mon précieux !

Je me marre un peu de voir tous ces utilisateurs crier au vol, au scandale, au crime de lèse-majesté, tout ça parce qu’on risque (c’est loin d’être sûr) de leur piquer leur photos carrées pourraves sans leur filer de fric. OK. Juste une question, tu veux bien ? Combien de ces gens téléchargent illégalement de la musique (pourrie ou non, je les laisse juges), des films, des séries, et j’en passe, créés par des artistes qui sont censés gagner leur vie avec ? Internet a engendré une génération de voleurs et les premiers à entrer dans la danse macabre furent les utilisateurs. Avec en plus des prétentions de Robin des Bois : ne pas vouloir engraisser les producteurs, les majors, tout ça. Tu parles d’une philosophie de vie ! Quand on a ne serait-ce que l’idée de toucher à tes productions merdiques, tu t’offusques ? Faites ce que je dis mais pas ce que je fais en gros, hein ? Mes belles photos d’orteils méritent d’être rémunérées, mais pas l’album que je viens de chourer.

Moi-même, je pique des photos sur Allociné pour illustrer mes notes et je ne prends pas la peine de citer les crédits (car il y en a, figurez-vous). Je me fais chier à prendre des photos d’illustrations sur photl.com par exemple, quand je n’ai pas ce qu’il faut dans ma photothèque personnelle, alors que je pourrais utiliser Google images. Que j’ai dû utiliser, d’ailleurs, à bien y réfléchir (mais rarement, en tout cas sur ce blog). J’ai fait des photos au musée samedi dernier alors que c’était interdit. J’ai pris la peine de légender les photos avec le nom de l’artiste mais il n’empêche, je n’avais pas le droit. Bon, je ne gagne pas d’argent dans l’affaire mais tout de même. Le droit à la propriété intellectuelle ça existe et si tu veux mon avis, on passe tous notre temps à le violer joyeusement.

Je ne pense pas que quiconque fasse la démarche un jour auprès d’Instagram pour acheter une de mes photos (pas même mon employeur, c’est dire ^^). Ni celles de 99% des utilisateurs, d’ailleurs. Pourquoi ?

  • Les photos prises avec un smartphone ou téléchargées suite à une prise de vue avec APN ou reflex sont instantanément dégradée par le programme. Je te parle pas des filtres appliqués ensuite, ou de la touche luminosité qui te rajoute un grain pas possible (ça peut faire un rendu sympa mais bon…)

  • Une photo chargée sur Instagram fait (chez moi) un maximum de 1,35 Mo, mais c’est le grand maximum (et ça vient de photos prises à l’APN, donc a priori pas la majorité des photos présentes sur le réseau). La plupart est à 300 Ko en moyenne. Qu’est-ce que tu veux faire avec ça ? C’est largement insuffisant pour de l’impression papier. Sur un site web ? Moui pourquoi pas, mais ça restera petit pour pas que ça fasse dégueulasse. Quel intérêt d’acheter ça ?

  • Qui voudra acheter des photos de pieds, d’ongles ou de chats ? Bon, OK, y a pas que ça mais je vous invite à aller jeter un œil à cette vidéo hilarante qui résume bien le truc.

  • Faut aimer les photos carrées

  • Faut avoir que ça à foutre de browser des millions de photos postées chaque jour et mal tagguées.

Bon, je n’ai peut-être pas assez de recul et je ne suis peut-être pas allée au bout de la réflexion et de la finalité mercantile du truc mais pour l’instant, je vois assez mal ce que quiconque pourrait faire avec les photos de qui que ce soit. À part peut-être les neuneus qui se prennent en photo avec des fringues ou des produits de marque mais ils l’auront bien cherché.

Par ailleurs, Facebook s’est déjà autoproclamé propriétaire de tout ce que les gens postent sur leur page perso. Ça a braillé un peu au début mais maintenant tout le monde s’est fait à l’idée, on n’en entend plus parler. En plus, avec la possibilité de poster sur FB en même temps que sur IG, les deux plates-formes sont déjà propriétaires de quelques-uns de mes clichés. So what ? Je blogue depuis suffisamment longtemps maintenant pour être consciente que ce que je mets sur le net est lancé en orbite dans une galaxie qui m’échappe totalement. Lorsque je mets des photos sur mon blog, je ne prends pas la peine de les redimensionner (par flemme) et les balance en haute déf. Si quelqu’un veut m’en piquer une, c’est très facile. Je contourne de temps en temps le truc en faisant des montages kitschouilles sur Picmonkey (personne me les piquera, a priori) mais globalement, n’importe qui peut me piquer n’importe quoi, y compris mes textes (merveilleux, tu en conviendras).

Récemment, un type (pas fut fut, tu peux me croire) a piqué une belle photo (très particulière et très reconnaissable en plus) ayant tourné abondamment sur les réseaux sociaux locaux le jour-même et l’a collé sur son compte IG avec un pauvre filtre et un pauvre cadre. Bon ben grillé, hein ! Mais pour un pris la main dans le sac, combien de voleurs, de frustrés, qui se nourrissent du travail des autres pour se faire mousser ou pire, pour se faire du fric ?

Mes photos sur IG ne représentent que des paysages, des scènes sans personne. J’y suis à deux reprises cachée par la grosse tête (elle est obèse, le véto l’a dit hier) d’Hikari, mais c’est tout. C’est sûr que le mec qui a posé tout sourire au bras de sa maîtresse devant un commerce ou autre a peut-être du souci à se faire. Au pire ce sera bien fait pour sa gueule. Ceux qui ont posté des photos de leurs gosses feraient mieux de les enlever et surtout, auraient mieux fait de ne jamais les poster, que ce soit sur IG, FB ou autre.

Bref, que IG ou FB ou Google soit propriétaire de mes photos…je ne vois pas ce que ça va changer. Je pense qu’ils se foutent de mes photos autant que je fous de ce qu’ils vont en faire, à savoir rien.

Ces CGU, dans leur forme, sont extrêmement crues, cyniques et violentes, mais elles ne sont que le reflet de ce qu’est devenu internet aujourd’hui. Comme certains se sont évertués à le rappeler aujourd’hui : si c’est gratuit, c’est que c’est toi, le produit.

10 Commentaires

  1. galuchon

    J’ignore si c’est le fait de ne pas rémunérer les éventuels usages qui conduit les personnes concernées à vivement réagir.
    Pour ma part, c’est l’appropriation décrétée comme force contractuelle unilatérale qui me heurte.
    Comment tolérer que des entreprises à but commercial, devant répondre aux lois et règlements en vigueur (et s’arrogeant le droit de poursuivre toute personne morale ou physique) puissent « capter » ce qui est seulement stocké sans l’accord des déposants ? C’est comme si une entreprise de garde-meubles pouvait louer ce qu’elle entrepose sans l’accord des clients !
    Enfin, ces multinationales ne peuvent dénoncer les pillages de certains alors qu’elles procèdent de même.
    Bref, c’est moralement inacceptable.

    • @galuchon : « entreprises commerciales », c’est le mot. Elles sont là pour générer des revenus publicitaires essentiellement et pour ça il faut qu’elles exploitent les informations qu’on leur laisse. Nous sommes le produit. Si on n’est pas d’accord, on s’en va. C’est comme laisser son adresse e-mail pour tenter de gagner une cafetière : faut s’attendre à recevoir un peu de courrier électronique dès le lendemain…tout se paie, d’une manière ou d’une autre.
      Pour les pillages, j’en ai parlé au début de ma note. Les premiers voleurs ne sont pas forcément ceux qu’on croit.
      Après, je suis pas sûre que leur position soit tenable devant un tribunal en cas d’utilisation de l’image de quelqu’un sur un support qui pourrait être moralement répréhensible par exemple (ex : pub pour de l’alcool). Idem pour la propriété intellectuelle. Surtout si on pense aux stars qui ont un compte IG.
      Et je confirme que les utilisateurs (ceux que je « follow » en tout cas), sont plus inquiets de voir leur « oeuvre » pillée que de voir surgir dans les jours qui viennent des pubs ciblées selon leurs tags.
      IG a commencé à faire une petite mise au point (pas sur les plus belles images de ma vie) sur son blog, pour clarifier les choses mais c’est toujours peu reluisant.

  2. galuchon

    Si t’es pas content, barre-toi ! Comme Depard1eu ? Un peu simpliste, non ?
    Une solution existe : ne pas se laisser embobiner par ces nocifs marchands d’illusions et ne pas mettre les pieds (ni les photos, ni les infos personnelles, etc.) en ces lieux.
    Foie d’Obél1x belge, allez plutôt vous créer du lien social au bistrot ou au Lutét1a (il y a même une pianiste…). Farpaitement !

    • @Galuchon : pas plus simpliste que de dire de ne jamais y mettre les pieds. D’autant que bon…y a pas mort d’homme à fermer son compte, c’est pas comme si les photos allaient faire cruellement défaut à la Terre entière (alors que les impôts de Depardieu…).
      Du lien social, tu me connais assez pour savoir que j’en créé autant que faire se peut mais tu sais aussi que ce que je trouve sur le net, et en particulier ici (et par extension sur les réseaux) m’est particulièrement cher et ne trouvera jamais son équivalent ailleurs. Où je trouve un Galuch’ moi ? Hein ? Au bistrot ??

  3. galuchon

    Ce com ne t’était pas spécifiquement dédié.
    Ce qui m’irrite, c’est de constater qu’un nombre significatif de personnes se laissent piéger par ces « trucs » à la mode, sans précautions suffisantes.
    Ne laissons pas les technologies nous consumer et nous mettre en situation de risques d’autant plus dangereux qu’ils sont hors de notre contrôle. C’est ça, le problème de fond.
    Retenons les leçons de l’Histoire et gardons à l’esprit ce que les humains sont capables de faire avec de simples fiches. Alors, avec des bases de données ainsi approvisionnées…

    • @galuchon : Mais dans ce cas, il ne faut plus non plus payer avec sa carte bancaire, ni même avoir de compte bancaire, ni de téléphone, ni de Sécu, ni de fiche de paie…bref, ça devient ingérable. Et l’Histoire nous a aussi démontré que le danger pouvait venir du voisin de palier et sa langue bien pendue…
      Le manque de précautions vient surtout d’une mauvaise « éducation », d’une méconnaissance des enjeux, d’une absence de contrôle (pour les enfants et ados). Et là, je crois qu’on est mal barrés, sans vouloir te déprimer encore plus :)

  4. Mum

    D’accord avec Galuchon ! Celui qui exhibe ses photos ou le reste sait qu’il devra craindre les prédateurs. De mon temps …

    • @Mum : de ton temps ? Oui ? Sinon, as-tu bien lu la note et les échanges avec Galuchon ? Je n’ai jamais dit le contraire, bien au contraire (!). Tout ce qui est mis sur internet doit être considéré comme perdu (e-mails compris). On accepte le postulat de départ ou on résilie son abonnement. Quant aux prédateurs, ils sont partout et pas seulement sur internet.

  5. Tordante, la vidéo!!! Tous ces « wanabee people »… :-D

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