Zaï Zaï Zaï Zaï (le film)

Je ne partais pas sereine, pour tout vous dire. Une adaptation de livre c’est toujours périlleux. Une adaptation de BD, encore plus. Et une adaptation de Fabaco, une folie. Fabcaro c’est l’absurde porté au rang d’esthétique narrative, ce sont des dialogues sans queue ni tête délicieusement sarcastiques, posés sur des cases à la neutralité déconcertante. Comment traduire ça en vrai, avec de vrais gens qui parlent ? Zaï Zaï Zaï Zaï est une BD qui se lit vite, je l’ai d’ailleurs relue en trente minutes, une heure avant d’aller au cinéma voir son adaptation. Et j’ai ri comme à la première lecture de ce qui était mon premier Fabcaro, il y a quelques années.

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Le sujet est simple, en apparence : un homme incapable de présenter sa carte de fidélité à la caisse de son supermarché se voit obligé de fuir, devenant l’homme le plus recherché de France, avant de se faire rattraper en Lozère où il s’était réfugié. Et tout au long de cette cavale, ce sont des péripéties absurdes, souvent sous forme de mini-scènes.

Pour faire un film d’1h22, François Desgnat, le réalisateur, a forcément dû rajouter pas mal d’éléments d’intrigue et de scènes à cette BD de trente minutes mais on retrouve l’essentiel des étapes de la cavale de Fabrice, l’essentiel des meilleures vannes aussi. En tant que fan de Fabcaro ayant relu la BD quelques minutes avant, je n’ai évidemment pas été surprise par le côté ultra-absurde (menacer un vigile avec un poireau, tandis que ledit vigile menace de faire une roulade arrière) mais je m’interroge sur la validité d’un tel humour porté à l’écran. Pour ma part, je n’arrive pas à savoir si j’ai véritablement aimé cette transposition.

Pourtant Jean-Paul Rouve est très bon, comme à son habitude, et le casting est une longue succession de têtes d’affiche qui font de plus ou moins longues apparitions, certaines franchement anecdotiques, traduisant l’envie de faire partie de l’aventure : Thomas VDB, Benjamin Biolay, Kad Merad, Vincent Desagnat et j’en passe. Spoiler : Fabcaro s’offre même un caméo. 

Et puis il y a tous ces petits détails, comme ce modèle de voiture unique qui circule sur les routes. Ce sont des Renault (me demandez pas le modèle, je suis nulle en voitures) alors que la BD a une page contenant une seule réplique “C’est vraiment de la merde, Renault…”. Il y a la Lozère, où on téléphone encore dans une cabine extérieure en état de fonctionnement, et cette émission de télé où les invités fument sur le plateau.

Bref, j’ai passé un bon moment, parce que j’aime Fabcaro et que le film est servi par des comédiens de qualité mais je pense que le film n’aura pas le même succès que la BD. Les quelques avis spectateurs sur Allociné me confortent dans l’idée que les personnes ne connaissant pas Fabcaro passent totalement à côté de l’humour et du propos. 

Une excellente interview de Fabcaro https://sofilm.fr/fabcaro/

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