Des vents contraires (film)

J’étais curieuse de voir l’adaptation de ce roman d’Olivier Adam, très cérébral et émotionnel, pour ce que ma mémoire s’en souvient.

Je me rappelais un Paul Anderen en épave alcoolique, une Bretagne en proie aux éléments et à un océan déchaîné.

Point de tout ça dans cette adaptation.

Le casting est de haute volée : Benoît Magimel, à qui la maturité va bien au teint, Audrey Tautou, en fantôme récurrent, Isabelle Carré, en inspecteur de police cucul, Ramzy en chômeur barbu, Antoine Duléry en frère rancunier, Marie-Ange Casta (la sœur de…) en petite allumeuse…

Le tout orchestré par Jalil Lespert.

Je ne me rappelais plus les détails du roman donc certains éléments du scénario m’ont paru étranges, comme rajoutés pour faire un peu d’action. Je me rappelais un roman assez lénifiant, où l’attente et l’angoisse menaient le jeu. Je ne peux donc pas juger de la fidélité du film sur le roman. Mais quoi qu’il en soit, on perd, comme très très souvent dans les adaptations, la substantifique moelle du roman. Ce que j’aime chez Olivier Adam, c’est son écriture fluide et recherchée, souvent poétique, j’aime aussi sa capacité incroyable à décrire les sentiments et les émotions avec une précision déroutante. Deux aspects plutôt difficile à retranscrire à l’image…Pour l’écriture, on oublie. Pour la description des sentiments et des émotions, le réalisateur a tenté de faire passer ça avec des plans, gros et fixes, sur des visages censés être dévorés par l’angoisse et la peine. Malgré la bonne volonté des acteurs, je n’ai pas retrouvé ce qui m’avait prise aux tripes à la lecture du roman. Je n’ai pas non plus senti cette harmonie entre les sentiments des personnages et les éléments naturels déchaînés, qui est si travaillée dans le roman.

B., qui était avec moi pour voir le film, a plutôt apprécié, mais n’avait pas le roman en point de référence.

Je dirais que c’est un film assez réussi, et notamment grâce à la prestation de Benoît Magimel, mais qu’il n’est que l’exosquelette du roman. L’intrigue est là, mais c’est tout. Point de tripes et de cœur qui bat. Et c’est la toute la supériorité de la littérature sur le cinéma : cette liberté de l’auteur de pouvoir prendre son temps pour décrire une émotion, un ciel nuageux, une femme qui n’est plus là…

Ce soir, une autre adaptation de roman à la télévision : Le Hérisson, tiré de L’élégance du hérisson. Moins de chances d’être déçue, le roman ne m’avait pas totalement convaincue.

2 Commentaires

  1. Je prends connaissance de ton article sur le film de Lespert que j’avais beaucoup aimé (mais je n’ai pas lu le roman). Jalil Lespert a aussi réalisé un film plus dur, et que j’aime vraiment beaucoup, son premier : 24 mesures. Si tu ne l’as pas vu, je te le conseille. L’actrice qui joue dedans est extraordinaire. Cela m’a fait pensé à certains films de Claire Denis. Et je pense que je vais voir son dernier « Yves Saint Laurent », même si j’ai été surpris de voir son nom à la réalisation.

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