Shutter island

Après Take shelter et le mec pas net, j’enchaîne avec Shutter island avec île pleine de détraqués.

Ce film, sorti début 2010, m’avait échappé à l’époque. Je l’ai donc regardé en DVD, après que B. m’en a parlé il y a quelque temps.

Leonardo DiCaprio, Ben Kingsley, Michelle Williams…dirigés par Martin Scorsese. Du beau linge.

L’agent Daniels arrive en bateau, en compagnie d’un collègue qu’il ne connaît pas, sur l’île de Shutter Island. On leur a confié une enquête un peu spéciale : retrouver une patiente échappée d’un hôpital psychiatrique. L’île abrite en effet un hôpital où sont internés de dangereux criminels. Retrouver une femme sur une île ne devrait pas poser trop de problèmes. Au point qu’on se demande (enfin, je me suis demandée) pourquoi un duo d’enquêteurs est envoyé là-bas alors qu’ils ont des escouades entières de policiers chargés de la sécurité du site. Bref bref bref…

L’agent Daniels et son collègue vont donc s’atteler à la tâche mais les responsables des lieux vont leur compliquer un peu la tâche. Au point d’éveiller quelques soupçons sur les activités réelles menées dans cet hôpital.

Bon euh… vous l’avez vu, ce film ? Si oui, vous pouvez continuer. Si non, passez directement au dernier paragraphe, spoilers à tous les étages.

L’agent Daniels est assailli par les cauchemars. Il a subi deux traumatismes majeurs : la libération du camp de Dachau, avec ses cadavres éparpillés, ses vivants fantomatiques, ses nazis dégueulasses ; et la mort de son épouse, dans un incendie. Bon, on apprend bien plus tard que finalement, point d’incendie. Du coup, on se dit d’entrée de jeu qu’il a quelques problèmes. Après, j’ai trouvé certains passages bizarres. Genre il s’est enfoncé dans la pampa de l’île en pleine tempête et une voiture vient miraculeusement les récupérer, lui et son collègue. Bon. Faisons court. Après moult péripéties, on apprend que Daniels ne s’appelle pas Daniels, mais Laeddis, et qu’il est lui-même interné dans cet hôpital. Ses médecins ont créé pour lui ce jeu de rôle pour qu’il accepte enfin la réalité : il a lui-même tué sa femme d’un coup de revolver alors même qu’elle venait de noyer leurs trois enfants. Bon. Je trouve que la méthode est un peu capillotractée. Parce que bon, ça a duré plusieurs jours la petite comédie tout de même. D’autre part, il y a un souci avec le psychiatre, qui joue le rôle du collègue. À un moment donné, c’est lui qui le met sur la voie du complot, genre on t’a attiré ici pour que tu n’en sortes plus jamais. Il faudrait que je revoie ce passage, tiens. D’autres mises en scène étaient particulièrement élaborées, genre la pseudo-fugitive cachée dans une grotte, trouvée par un stratagème particulièrement tordu. Bref. À plusieurs moment dans le film, j’ai trouvé des scènes étranges, et ça m’a mise sur la voie. Sans avoir vraiment deviné la fin, j’avais quand même pressenti une fin à la « tadaaaam ».

Autre chose qui m’a gênée, les effets spéciaux. J’ignore si c’était fait exprès ou pas, mais à plusieurs moments, on se serait cru dans un vieux film, tourné dans un décor de carton-pâte. Au début sur le bateau, en voiture décapotable, dehors en pleine tempête, on voyait clairement que l’arrière-plan avait été rajouté. Et pas un pet de vent. Sur le bateau c’en était ridicule. Vraiment je m’interroge, soit c’était fait exprès pour en rajouter une couche sur le « tout est faux ». Soit la mise en scène et les effets spéciaux étaient vraiment pourris.

Bon, on va essayer de trouver quelques points positifs.

J’ai aimé le point de départ de l’histoire : le traumatisme de la guerre et des camps. Laeddis est revenu traumatisé, il s’est mis à boire, sa femme a déprimé, elle a tué ses enfants, il l’a tuée. Quand je dis que j’ai aimé, ce n’est pas pour le côté sordide de l’histoire, mais pour le côté psychologique. Les mécanismes du cerveau, les images qui refusent de quitter l’esprit, la déchéance physique et mentale, le crime…tout ça est parti de ces putains de camps. C’est une chose dont on parle rarement, de comment les soldats de la libération, américains ou russes ou autres, ont encaissé les horreurs inimaginables sur lesquelles ils sont tombés. J’aurais préféré que le sujet soit creusé un peu plus. Le film est long, les scènes s’enchaînent rapidement, le suspense est terrible, et du coup, peu de place à la réflexion.

J’ai aimé le suspense. Je me contredis un peu avec la phrase précédente mais ce n’est pas grave. Certaines scènes étaient vraiment haletantes comme dans un film d’horreur. Très bien maîtrisées. J’ai eu la trouille, je le confesse.

Et j’ai aimé la musique. Enfin, pas toute. Au tout début, lorsqu’il « arrive » dans l’hôpital, elle est tonitruante et ça m’a gênée. Ensuite, lors de son premier rêve impliquant sa femme, ô magie, on a eu un morceau magnifique, de Max Richter. J’aime ce morceau, lancinant, mélancolique. Je l’ai reconnu immédiatement et on l’a retrouvé plus tard dans le film. On l’a aussi retrouvé au générique final mais quelqu’un avait eu le mauvais goût de rajouter des paroles dessus, chantées par une voix irritante au possible. Horrible. Autre belle surprise au générique (j’avoue que je ne m’en suis pas rendu compte pendant le film), il y avait deux titres de Brian Eno. Bon, à ma décharge, il n’y a rien qui ressemble plus à un morceau de Brian Eno qu’un autre morceau de Brian Eno. Et comme sa musique est très cinématographique et que je ne connais pas sa prolifique discographie par cœur, ça m’a échappé. Voilà. Bon. On va pas en faire un drame. Je les réécoute en ce moment et non, décidément, je n’avais pas ces morceaux en tête. Par contre, ils sont angoissants et collent évidemment parfaitement à l’ambiance du film. Très bon choix M. Scorsese.

Bon, au final je suis mitigée sur ce film. Des ficelles un peu grosses. Une mise en scène étrange. Mais raaaah, Max Richter sauve la mise. Écoutez-moi ces cordes. Ce violon lancinant.

7 Commentaires

  1. galuchon

    Nous avions vu ce film peu après sa sortie et je dois concéder qu’il nous avait laissé un tantinet dubitatif.
    Rien à redire à ta critique, si ce n’est que certaines scènes (et leurs décors) auraient pu provenir d’un film d’horreur bas de gamme des années 50. Bref, pour nous, c’était trop…
    Bilan global guère enthousiaste et ma recommandation d’alors fut d’éviter.

  2. Je n’ai pas vu le film mais j’ai lu le livre et heureusement que ma fille avait vu le film !
    Arrivée à la fin du bouquin, qui est tout à fait passionnant, j’ai relu 3 fois les 3 dernières pages et je ne comprenais rien !!
    Du coup c’est ma belette qui m’a expliqué la fin… qui malgré tout restait peu claire sur papier.
    Il parait que les autres bouquins de l’auteur sont des musts … faut voir.

  3. Carlos

    À la place de Scorsese, j’aurais choisi un mec avec un peu plus de profondeur que Léonard, genre marqué par la vie, moins minet de vogue, sinon il reste l’ambiance et la musique pour faire oublier le bouquin.

    • @Carlos : welcome back ! Ben le Leo, j’ai changé d’avis depuis quelques années. Il a pris un peu de bouteille et je trouve son physique plutôt adapté aux films se passant dans les années 1950/1960 (ex : Les noces rebelles, Attrape-moi si tu peux…)

  4. Pingback: Valse avec Bachir | The magic orange plastic bird said…

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