L’Odyssée de Pi

Il est actuellement 23h18 et la fin du monde n’a toujours pas eu lieu. J’ai comme l’impression qu’on s’est un peu foutu de notre gueule…Pas toi ?

Odyssée de PiA la demande, pardon, sur l’injonction de Bastien (SMS reçu : « Pi demain à 19h30 ok ? »), nous sommes allés voir L’odyssée de Pi, en 3D. Un conte philosophique sur la religion et le rapport à la nature paraissait de bon aloi avant que nous ne disparaissions pour l’éternité.

Le film ne dure pas 3h14 (Pi, tout ça…) mais c’est tout comme. Plus de deux heures de logorrhée mystico-zoologico-religieuse sur fond d’images de synthèse cheap et de casting bollywoodien. On est quand même loin du Secret de Brokeback mountain, que je n’avais pas aimé plus que ça, d’ailleurs, réalisé par le même Ang Lee.

C’est l’histoire d’un ado, Pi Patel, qui suite au naufrage du bateau qui le conduisait avec sa famille au Canada, se retrouve seul à bord d’un canot de sauvetage, en compagnie d’un tigre rescapé lui aussi.

Le début du film est d’un ennui mortel. J’ai cru m’endormir d’ailleurs. Une plombe pour poser le truc, expliquer pourquoi il s’appelle Pi (comme piscine), des scènes inutiles, et une scène totalement saugrenue, où une chèvre réussit à passer entre des barreaux espacés de 15 centimètres (genre coucou je suis là, coucou je suis plus là). Ensuite, le naufrage, des trucs invraisemblables, et une resucée de « Seul au monde » (avec Tom Hanks) où on apprend comment survivre au milieu de l’océan, avec un petit handicap supplémentaire : un tigre affamé à bord du bateau. Tigre répondant au doux nom de Richard Parker. Tempêtes, baleines, poissons volants, soleil de plomb, manque d’eau potable…La totale. Plus le tigre qui essaie de te bouffer, ce qui n’est pas rien à gérer. À la fin, on arrive sur une île remplie de suricates (un de mes animaux préférés avec les wombats, j’étais plutôt contente), et quelques minutes plus tard c’est fini. Et tu sais pas si on s’est foutu de ta gueule ou pas. Comme pour la fin du monde en fait.

Bon et pendant tout le film, il est question de religion, de rencontre avec Dieu, et alors là…ben si tu me connais un minimum, tu sais que c’est le genre de truc qui me fatigue au plus haut point.

Il y a aussi un truc qui m’a un peu agacée. La famille Patel est végétarienne. Juste pour que Pi puisse se mettre à chialer le jour où il tue son premier poisson et qu’il lève les yeux aux ciel d’extase le jour où il mange ses premiers sashimis de thon. Était-ce bien nécessaire pour nous faire une démonstration pertinente de ce qu’est la chaîne alimentaire et la survie en milieu hostile ?

J’ai trouvé les effets spéciaux vraiment pas top. La 3D était parfois ridicule avec des juxtapositions de plans qui faisaient penser aux incrustations télé des années 1980-90. J’ai enlevé mes lunettes à certains moments et me suis dit que ce truc allait vraiment être kitschissime en 2D sur petit écran.

Pour couronner le tout, nous avons une apparition éclair de notre ex-compatriote Gérard Depardieu, en chef cuistot imbuvable, colérique et raciste. On n’est pas dépaysé comme ça.

Bref, je n’ai pas aimé, et Bastien non plus. Ce film récolte pourtant une pluie d’éloges de la part de la presse sur Allociné. Je suis pourtant très open aux contes, qu’ils soient pour enfants ou adultes mal dégrossis mais là, c’était juste inintéressant visuellement et scénaristiquement parlant. Et le message religieux a totalement gâché le message philosophique qui aurait pu être pertinent.

Trop long, trop kitsch, trop bollywood, trop mystique.

6 Commentaires

  1. galuchon

    Imperméables à tout ce qui s’apparente au mysticisme ou aux films d’épouvante-horreur (qui ne nous font ni chaud ni froid), nous ne risquions guère d’aller le voir. Tu nous confortes dans notre choix.

    • @Galuchon : ben au départ, j’avais bien compris que c’était un conte destiné aux plus jeunes, avec un côté parcours initiatique etc. Ça aurait pu être un beau conte de Noël mais ça a viré au cauchemar religieux…

  2. Mum

    Nunuche comme je suis,je sens que ça va me plaire!

  3. Première fois que je parviens à me libérer un mardi à moitié prix pour m’offrir le luxe d’un fauteuil confortable devant un grand écran, au chaud…depuis… longtemps!
    Effectivement, les effets 3d pourrissimes, les images choquantes de médiocrité alors que…
    j’avais la tête ailleurs probablement également… donc le côté mystique, religieux, je l’ai trouvé tellement « lieu commun » qu’il ne m’a pas dérangé plus que les montagnes de conneries que les gens (oui, les individus…), et les médias (dans une moindre mesure, car plus faciles à filter, pour moi en tous cas!) nous déversent sans cesse, au quotidien!
    Par contre, j’ai trouvé fascinant la courte histoire racontée aux agents de l’assureur, mettant en relief la capacité de l’être humain à traduire un vécu de la façon qui l’arrange! Cela m’a permis de pouvoir en référer à une illustration (caricaturale) de ce penchant de l’être humain. Juste pour cela, je ne regrette pas la dépense de cette place de ciné. Il fallait bien que je sois positif, que je me trouve une raison valable de m’être fait soutirer quelques dollars pour ce film plutôt que pour un autre! ;-)

    • sdf…de luxe! : oui la partie à la fin où il raconte une 2e version de son histoire m’a aussi paru le passage le plus intéressant du film. Le côté « fable » justement. C’est tellement dommage qu’Ang Lee n’ait pas développé plus !

T'as un truc à rajouter ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :