De l’or en Barra

Ce soir, j’avais le choix entre aller écouter Herman Düne à la Coopé et aller m’agiter et transpirer au taï chi et au body-karaté. Le besoin de se défouler a été plus fort. Et puis je n’ai pas suivi les aventures de Herman Düne depuis l’album « Giant ». À part le fait que j’aie vu qu’il a travaillé sur une collection de fringues Petit Bateau…(wtf??)

J’ai…laisse-moi aller vérifier sur les étagères…quatre albums du groupe. Et j’ai une très nette préférence pour le premier, « Switzerland heritage ». Après, c’est devenu un peu plus bruyant, un peu plus conceptuel, moins planant, moins folk, un peu plus cuivré aussi et moi, les cuivres, c’est pas ma tasse de thé. Donc tant pis.

Et puis, je les avais déjà vus sur scène. Je n’en avais pas gardé un souvenir impérissable, tant ils avaient été éclipsés par le charismatique, l’hypnotique Declan de Barra juste avant.

Petit flash-back sur cette mémorable soirée Europavox…

Note initialement publiée le 1er juin 2009

Je suis arrivée en avance, alors que je pensais avoir des difficultés à me garer. La salle était quasi-vide. Je me suis posée en attendant le début et j’ai pris mon mal en patience. La soirée qui devait débuter à 20h avait pas mal de retard donc ça n’a commencé que vers 20h45. C’est donc Leopold Skin qui s’y est collé, accompagné pour l’occasion par Saint-Augustine, dans le cadre du set prévu pour le label Kütu Folk. Il y a eu quelques problèmes techniques et quelques fausses notes mais globalement c’était bien sympa. L’accompagnement de Saint-Augustine était tout à fait bienvenu, pour donner du relief à une folk parfois un peu lisse. Le public étant encore peu nombreux à ce moment-là, l’ambiance n’était pas non plus des plus extatiques. Mais j’ai bien aimé et j’ai redécouvert certains titres de l’album que j’écouterai maintenant d’une oreille différente. J’ai rarement vu Leopold Skin jouer étant donné qu’il a passé pas mal de temps outre-Atlantique, si mes informations sont exactes, donc j’ai apprécié le set d’autant plus. [edit du 3 avril 2012 : le groupe a cessé ses activités pour le moment].

Comme c’est traditionnellement le cas lors de concerts multiple, le rangement et l’installation de matos a duré pas mal de temps avant que le prochain groupe n’apparaisse.

Et le groupe suivant, c’était Lonely Drifter Karen. Chanteuse autrichienne, batteur italien, pianiste espagnol et contre-bassiste français. Ceux-là, au moins, ils n’ont pas volé leur place dans ce festival ! Complètement raccord ! J’ai bien aimé. Ce n’est pas le genre de truc que j’écouterais chez moi, quoique…mais sur scène c’était franchement bien. Accents jazzy, consonances de l’Est par moment, esprit pop, touché folk…très beau mélange tout à fait maîtrisé. La chanteuse était, je trouve, un peu crispée mais charmante et sa voix était tout à fait envoûtante. Six ou sept chansons plus tard, au revoir et merci. À nouveau changement de matos.

 

Photo qui vient de son site mais qui aurait pu avoir été prise hier tant la disposition et les tenues sont identiques

 

Ce fut plus rapide car le prochain à se produire, c’était Declan de Barra. Et Declan, il n’a besoin que d’une chaise et un micro, pas de fioritures. J’exagère à peine. La mise en scène était parfaitement dépouillée, trois chaises, une pour lui, une pour son guitariste, et une autre pour sa violoncelliste. Je l’ai regardé s’installer. Pieds nus. Il m’a jeté un regard, à un moment, vu que j’étais plantée devant la scène, un peu esseulée car les gens étaient partis boire un verre ou discutaient entre eux. Il a sorti de la housse de sa guitare un petit drapeau tibétain qu’il a soigneusement disposé sur le manche de son micro. Il est reparti en coulisse remettre des godasses (dommage) et c’était parti. Comme la première fois que je l’ai vu, il a commencé par avancer sur le devant de la scène, hors micro, et j’étais à un mètre cinquante de lui. Et là c’était un peu comme dans les bédés, lorsqu’un personnage crie très fort et que les interlocuteurs ont les cheveux plaqués en arrière comme lors d’un coup de vent violent. Il nous a fait une chanson a cappella de toute beauté. Il n’a pas besoin de micro. Il hurlait. Mais c’était parfaitement maîtrisé. Une puissance de feu terrible. Une entrée en matière qui pose son homme. Et puis hop, en avant pour les chansons des albums. Il a commencé par « Throw your arms around me ». Donc j’étais au septième ciel.

Ecoute-moi ça !

(Album « Songs of a thousand birds », 2005)

Il faut savoir qu’en live, c’est d’une puissance inouïe. Il chante vraiment ultra fort et son charisme fait qu’on est hypnotisé par toute sa personne. C’est un croisement entre un gorille et un rugbyman. Enveloppe virilissime et sensibilité profondissime. Tu rajoutes à ça un humour dévastateur…et t’as le public totalement sous le charme. Entre les chansons, c’était le désamorçage de l’émotion. Il nous racontait plein de trucs, sur les policiers en rollers croisés à Paris et qu’il trouvait ridicules, sur le fait qu’il aimait venir en France parce que les gens étaient « fucking good-looking ». Il avait même apporté un miroir pour nous le démontrer. Il a dit que les Islandais le faisaient « fondre » avec leur accent (ça tombe bien, moi aussi !). Bref, il a pratiquement autant parlé que chanté. Quelqu’un dans le fond lui a demandé s’il était célibataire, il a répondu qu’il était effectivement single. Yeah ! Hem…Il a fait deux ou trois chansons que je ne connaissais pas et qui me donnent grave envie d’écouter le deuxième album. Et il a fait la somptueuse « Apple tree », après nous avoir expliqué en détails la signification de cette chanson. J’étais en transe. Il nous a pris en photo, il nous a filmés (comme la première fois) et je dois être parfaitement visible sur la vidéo. Il nous a obligés à gueuler qu’il était un complete wanker (terme qu’il a fallu que je cherche une fois rentrée chez moi, mais je me doutais que c’était pas très gentil). Et à la fin, il nous a fait chanter en refaisant une chanson a cappella. C’est rare que les gens chantent d’aussi bon cœur mais faut dire que t’as du mal à dire non au bonhomme. Surtout les premiers rangs, on rigolait pas parce qu’il est carrément descendu dans le public et il était à un mètre de moi, à hurler. Après ça, il nous a incités à venir le voir à la fin du set pour dire hello, fuck you or whatever (il jure comme un charretier, j’aurais dû compter les fuck, fucking et fuck you). Il avait un carton de cédés qu’il vendait le prix qu’on voulait. Malheureusement c’était son premier album, que j’ai déjà. Pas mal de gens sont venus le voir pour le saluer et pour acheter. J’étais toujours à un pauvre mètre de lui mais je n’ai pas osé. Et puis pour lui dire quoi? I love you soooooooooooo much en rougissant comme une tomate? Merci bien. Mais bon, une fois rentrée chez moi, j’ai pensé à des trucs que j’aurais pu lui dire. Too late. Il a fait passer dans le public sa feuille de set pour qu’on puisse voir quelles chansons il n’avait pas jouées (par manque de temps et à cause de son blabla) car, selon lui, il revient en septembre pour les faire. Joke or reality? J’ai regardé sur son site et il n’y a qu’une date en septembre en France et c’est pas chez moi. J’espère de tout mon être que ça s’est décidé ce week-end et qu’il reviendra effectivement en septembre nous présenter son nouvel album. Et ça serait le top s’il était tête d’affiche. Je vais rester au taquet sur la question et je vais d’ores et déjà poser sur le papier des questions ou des phrases à lui dire si j’ai l’occasion de l’approcher [edit du 3 avril 2012 : il n’est pas reviendu en septembre…]. Bref, ce fut court mais ce fut méga intense. Quel homme ! *soupir*

L’installation de Herman Düne a été assez longue. Faut dire qu’il avait besoin de trois ou quatre guitares soigneusement alignées sur la scène. Donc le barbu a chanté. C’était bien. Mais je n’en ai pas profité car j’étais encore sous le coup de Declan. En plus, même si j’ai plusieurs albums de Herman Düne, je dois dire que ce n’est pas le genre de musique que j’écoute en boucle car c’est parfois un tantinet répétitif. Mais là, en live, c’était pêchu et les morceaux étaient retravaillés. Je ne connais pas les titres des chansons donc je serai bien en peine de te dire ce qu’il a chanté. Une fois le set terminé, j’ai senti qu’une grosse partie du public était partie pour un rappel mais ils avaient prévu le coup. Je veux dire, les organisateurs. Une voix s’est élevée dans un micro pour nous inciter à aller applaudir je ne sais quel groupe à l’extérieur. Donc pas de rappel, merci. Pas le temps. Vu le retard du début et les longueurs d’entre-sets, ça nous a amenés à plus d’une heure du mat et il restait du monde à passer.

Je suis donc partie et suis rentrée chez moi, des étoiles plein la tête (mode cucul la praline on)

« I enjoy singing. Truly. Voice is my main instrument of communication. I can make it do things I could never do with another instrument. I never feel as alive as when I reach that place singing where I am out of myself and not in control. It just flows. That is magic to me and that is why I keep doing this. »

Declan de Barra.

Pour les courageux, je vous invite à lire son texte de présentation sur son Myspace, ça donne une très bonne idée du personnage.

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