Le lauréat

Le visionnage de La Fureur de vivre m’a rappelé mon expérience assez malheureuse avec un autre film culte. J’y étais pas allée avec le dos de la cuillère…

Note initialement publiée le 9 février 2008

Je viens de regarder « Le Lauréat » (The Graduate). En V.O. J’ai peu l’habitude de regarder des « vieux » films. J’entends par là des films dans lesquels on trouve des téléphones à cadran et des mariages catastrophes.

J’imagine que ce film a créé quelques réactions outrées lors de sa sortie. Néanmoins, tout vieillit très vite, et les mœurs en particulier. Un jeune étudiant qui se tape la voisine d’âge mûr. Shocking. Sauf que l’honneur est sauf, justement, vu que les réjouissances commencent tout juste après le 21e anniversaire du jeune effronté. La subversion a ses limites (j’avais écrit en premier jet « subversivité » et je m’étonnais que le dictionnaire intégré d’OpenOffice ne le connaisse pas). Donc l’étudiant désœuvré fricote à l’hôtel avec l’amie de ses parents, parents qui ne le savent pas bien sûr, et qui souhaiteraient que leur progéniture s’acoquine avec la fille de la fameuse amie, progéniture qui ne connaît pas la-dite fille et ne souhaite pas la connaître. Mais les choses étant ce qu’elles sont dans les années soixante, l’étudiant se voit « obligé » par ses vieux d’inviter la jeune voisine à sortir un soir. Et là, pif paf badaboum, la gourgandine (qui n’en est pas une en fait, c’est une jeune fille bien, mais j’avais envie d’utiliser le mot gourgandine donc bon…) s’avère être très jolie et notre étudiant, qui a promis à son plan cul secret de ne jamais se taper sa fille, tombe derechef amoureux. Dès le lendemain, crise de jalousie de la mère, la fille découvre le pot aux roses et retourne à ses chères études à Berkeley. Notre lauréat décide qu’il épousera coûte que coûte la jolie Elaine et file à Berkeley pour la pister. Après quiproquo, explications diverses et variées, les jeunes tourtereaux envisagent de se marier sur le champ. Je rappelle qu’ils se sont fréquentés en tout et pour tout une seule soirée au cours de laquelle ils ont mangé un burger et fait des tours de voiture décapotable. Mais le père de la jeune promise, le cocu de service donc, fait irruption et tadaaam, annonce au lauréat qu’il ne reverra jamais sa fille. C’était sans compter l’acharnement compulsif de cet étudiant qui n’étudie pas grand-chose. Il apprend que dans la nuit, les parents de sa douce ont manigancé un mariage express avec un grand couillon blond et fadasse, étudiant en médecine. Et oui, parce qu’à cette époque, une fois que t’étais marié(e) c’était la fin de tout. Mais la cavalerie arrive à l’heure, pour une fois, et à grand coups de croix (assez drôle je dois dire), le lauréat repousse son ex aigrie et son cocu d’ex-mari, afin de monter dans le premier bus avec ce qui est censé être l’amour de sa vie.

Zi end.

Bon !!

Au cours du film on a eu droit à au minimum trois fois « Sounds of silence ». A « April come she will ». Une version de « Mrs Robinson » sifflée, et une autre dont les paroles ne correspondent pas à ce que je connais. Et au moins trois fois (de suite !!) « Scarbourough Fair » plus une version instrumentale. J’aime Simon & Garfunkel. Je les adore même. Je les vénère. Mais là, enough is enough.

Moi ce que je retiens de cette histoire, c’est qu’on n’échappe pas à son destin, même quand il tente de s’échapper. Ah ah !! Parce que le lauréat (l’excellent Dustin Hoffman, tout jeune, tout maigrelet), flippe sa race au sujet de son avenir, au début du film. Il rejette les convenances, le défilé de relations sociales de ses parents, tous ces cons venus le féliciter en lui ébouriffant les cheveux. Lorsque ses parents le bassinent avec « Elaine la fille des Robinson qui étudie à Berkeley », il est vénère. Ça le gonfle tout ça. Et pourtant. Pourtant c’est bel et bien lui qui va aller la chercher, la Elaine, et ce malgré les obstacles finalement disposés devant lui. Et il se retrouve dans un bus avec cette quasi inconnue, fermement décidé à faire sa vie avec elle. Tout est bien qui finit bien non? Finalement? En plus elle est cool, Elaine, puisqu’elle lui pardonne de s’être tapé sa mère.

Je retiens quand même la dernière image du visage de Ben (Dustin). Il a l’air de se demander ce qu’il fout là. Voire de se demander s’il a pas fait une grosse connerie…

Mais j’interprète sûrement…

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