La fureur de vivre

Ce matin, sur France Bleu Pays d’Auvergne (on peut écouter Air, Eiffel, Declan De Barra et Lana Del Rey et AUSSI France Bleu, ce n’est pas incompatible), j’ai entendu « La légende de Jimmy », par Diane Tell. Et ça m’a rappelé que j’avais enregistré La fureur de vivre dimanche soir. En avant donc pour ce monument du cinéma, que je n’avais jamais vu.

Le film commence dans un commissariat de police. Jim Stark vient de se faire arrêter complètement saoul. Dans des pièces séparées, une certaine Judy et un certain Platon rendent également des comptes. Mais pour l’instant, ils ne se connaissent pas. À ce stade, j’étais en mode VF. Lorsque le policier a menacé Jim d’un « Tiens-toi, mon garçon, ou il pourrait t’en cuire ! », mon sang n’a fait qu’un tour, trop peur, brrrr. J’ai failli tout arrêter. Sans compter que j’avais du mal à comprendre le doublage de Natalie Wood et que je n’ai pas tout saisi de sa présence au poste. J’ai donc chopé la télécommande en espérant que la VO soit disponible. Elle l’était. Merci Free, même si j’ai pas tout compris, la faute à l’absence de sous-titres. En VO, c’était quand même mieux, même si « poule mouillée » est devenu « chicken ».

La première scène pose donc la problématique du film. Ces trois adolescents de 17 ans, dont deux paraissent en avoir 30, sont tous en rupture familiale. Alors attention, faut voir les griefs. Jim reproche à son père de se laisser mener par le bout de nez par sa femme. Judy reproche à son père son manque d’attention. Platon, qui finalement est le plus à plaindre, est élevé dans une grande maison cossue par une bonne, car ses parents se sont tirés en prenant soin de lui envoyer du fric de temps à autre.

Le lendemain matin, faut aller au lycée. Jim y découvre ses nouveaux camarades car lui et sa famille viennent de déménager. Ils déménagent souvent à cause de ce sale gosse, qui n’arrête pas de se bagarrer parce que les autres le traitent de « poule mouillée/chicken », comble du déshonneur pour Jim. Bref, il est évidemment tombé instantanément amoureux de Judy mais c’était sans compter sa bande de potes et son boyfriend. Scène surréaliste de voiture roulant avec à son bord une dizaine de personnes. Scène surréaliste de bagarre au cran d’arrêt. Le tout avec des « ados » qui arborent tous une dégaine de jeunes gens de bonne famille. Du moins avec mon regard de 2012. Bref, ça finit mal et le mec de Judy s’écrase comme une merde du haut d’une falaise après avoir lancé un défi à Jim. Jim se voit obligé de ramener la belle chez elle et au passage, il en profite pour lui rendre le poudrier qu’elle avait oublié au poste de police. Judy ne trouve rien de mieux à faire que d’arborer un sourire béat, alors que son mec finit de rôtir dans la carcasse de sa voiture. Tout va bien.

Bon alors après, c’est la débandade, Jim se frite avec papa et maman, et s’enfuit, pas très loin, avec Judy. Ils sont vite rejoints par le boulet, Platon, le teneur de chandelle, le has-been weirdo, qui n’a rien trouvé de mieux que d’apporter un flingue. Poursuivis par les potes du type mort, les trois fuyards finissent par se faire rattraper à la fois par les méchants, les parents et la police. Entre-temps, Jim et Judy nous ont gratifiés d’un baiser de cinéma comme on n’en voit…qu’au cinéma, tiens. Et le final, c’est le boulet qui se jette dans la gueule du loup et se fait descendre, Jim qui tente de le sauver sans succès, Judy qui fait…rien à part ramasser une chaussure perdue. Jim tombe dans les bras de ses parents, leur présente Judy, l’honneur de la bourgeoisie est sauf.

Le titre original du film est « Rebel without a cause ». Ça me convient beaucoup plus que « La fureur de vivre ». Il ne faut certes pas oublier que le film date de 1955, et qu’il appartient aux œuvres cultes qui ont contribué à construire le cinéma tel qu’on le connaît aujourd’hui, mais franchement, les « rebelles » de 1955 paraissent bien sages et leurs préoccupations semblent bien futiles. Donc le « without a cause » en dit beaucoup plus long que cette fureur de vivre. Difficile de se projeter dans cette société qui sent la naphtaline. Jim reproche à son père de se faire dominer par sa femme. La mise en scène enfonce le clou en nous présentant le paternel affublé d’un tablier à fleurs et préparant le repas. Tu parles d’un motif de rébellion !

Bon, je ne suis pas très sympa avec ce film culte. Je reconnais toutefois que James Dean et Natalie Wood étaient beaux à tomber. Mais j’avoue bien volontiers que les films dits « classiques » ne suscitent souvent en moi que de la consternation, voire de l’ennui. Il est très probable que les films de société tournés maintenant seront tout aussi ringards dans quelques décennies. Mais on les regardera encore et toujours, car ils seront les témoins d’une époque révolue, qui n’évoquera que consternation et ennui sauf à ceux qui l’ont vécue.

Reste la légende, de Jimmy. Et reste à savoir si ce film serait resté dans les annales si son héros, si beau, n’avait pas connu cette fin tragique quasiment écrite dans le scénario.

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