Drive

Après « Departures », tout en subtilité, retenue, délicatesse, voici « Drive ».

Rien ne me prédisposait à regarder ce film de mon plein gré. Suffit de regarder l’affiche. Et le titre. Et la tête du héros. Pourtant j’avais eu des échos positifs. Donc ce soir, j’ai tenté le diable sur Canalplay, et il me l’a bien rendu.

Ryan Gosling, que je n’avais vu dans aucun film (si je ne m’abuse et si j’en crois sa filmographie), endosse le rôle d’un « driver ». Jamais on ne connaîtra son nom. Cascadeur pour le cinéma, pilote de course, chauffeur pour braqueurs…le driver conduit moyennant rémunération, parle par onomatopées, et ne veut surtout pas être emmerdé. Il conduit, c’est tout. Sauf qu’un jour, il rencontre sa jolie voisine de palier et son jeune fils, et c’est le début d’une spirale infernale.

Plongés dans un Los Angeles graphique, ultra-urbain, crépusculaire, il ne nous reste qu’à retenir notre souffle, cacher nos yeux parfois, et regarder les événements s’enchaîner à un rythme étrange. En voyant l’affiche, on pourrait penser à des films comme « Michel Vaillant » ou toute autre production motorisée ressemblant à un ronronnant dimanche après-midi de F1 sur la première chaîne nationale. Point de tout ça. Le réalisateur, Nicolas Winding Refn (jamais entendu parler avant), a construit une partition exceptionnelle. Phrases lentes, contemplatives, plans fixes, regards perdus, soleil couchant, vent dans les cheveux blonds d’Irene. Explosions de moteur, de violence, giclées de sang. Rarement un film n’avait autant joué avec mes nerfs et surtout, jamais je n’avais été à ce point fascinée par un film de gangsters. La faute à Ryan Gosling, et sa tête de premier de la classe insipide. Lisse, beau, blanc, cucul, et tout à coup angoissant, ultra-violent, sanguinaire. J’admets que la prestation est saisissante. Et s’accorde bien avec la mise en scène si ambivalente.

L’intrigue est plutôt classique : le type qui se retrouve avec le fric d’un dangereux mafieux (pléonasme), et qui doit sauver sa peau. Mais ce qui fait la beauté fascinante de ce film, c’est sa construction, son esthétisme, sa schizophrénie, et sa musique aussi.

5 Commentaires

  1. yo

    J’ai eu exactement la même impression que toi, avec la même surprise.

    PS : quand je lis « ou toute autre production motorisée ressemblant à un ronronnant dimanche après-midi de F1 sur la première chaîne nationale », j’ai envie de dire uhuhuhuhu !
    :)

    • @Yo : ça te rappelle quelque chose, pour les dimanches après-midi ?? ;) (ou pour les productions motorisées…)

      • yo

        Oui on peut dire ça, pour les dimanches après-midi.
        Mais j’avais envie de dire uhuhuhuhuhuhu, parce que ça ressemblait à la réflexion d’une fille obligée par le passé de vivre ça, à cause d’un sportif de canapé.
        :)

  2. @Yo : alors figure-toi que même pas. Enfin peut-être dans mon enfance mon père a dû regarder un peu de F1 mais ça n’a pas duré. Et sinon, je me suis infligée Michel Vaillant toute seule comme une grande (pour la BO d’Archive…qu’est-ce qui faut pas faire quand même !)

  3. Pingback: Gatsby le magnifique | The magic orange plastic bird said...

T'as un truc à rajouter ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :