John Rabe

Note initialement publiée le 2 mai 2011

1937, John Rabe dirige une usine Siemens à Nankin, en Chine. Il apprend qu’il est muté à Berlin et accueille son remplaçant à contre-coeur. Il habite depuis longtemps en Chine et s’est attaché à ce pays et ses habitants. Lors de son discours d’adieu, devant toute la bonne société des expatriés du coin, les bombardements japonais s’abattent sur la ville. Rabe et sa femme rentrent dare-dare à l’usine. Devant les cris de la population qui se masse devant les grilles, John Rabe ordonne de les ouvrir afin que les gens puissent venir s’abriter. Mais les bombardements continuent. C’est alors qu’il a l’idée d’utiliser un drapeau nazi géant pour signaler aux alliés japonais qu’il faut arrêter de pilonner l’usine. Ça fonctionne. Les Chinois recueillis sont invités à rester dans l’enceinte de l’usine mais à l’extérieur, les exactions des Japonais n’en finissent pas. Des civils sont tués, des enfants, et le chirurgien américain est débordé. C’est alors qu’une jeune professeur française (en vrai elle était américaine) demande à Rabe de créer une zone neutre autour de son usine. Malgré les protestations de l’américain, qui ne porte pas les nazis dans son cœur, Rabe accepte. Prévue pour quelques milliers de personnes, la zone neutre en accueillera finalement plus de 200 000 afin de les protéger contre les viols, les décapitations sauvages et autres joyeusetés perpétrées par les Japonais. Rabe écrit à Hitler pour qu’il mette fin à cette situation qu’il juge inacceptable, et croit dur comme fer que les Japonais arrêteront leurs horreurs du simple fait qu’ils sont les alliés de l’Allemagne nazie. Rabe, le Juste naïf de Nankin.

J’ai lu les critiques de la presse sur ce film et j’ai trouvé que certaines étaient plutôt injustes. Quand je lis que ce film n’apporte rien à l’histoire, je trouve la critique très hautaine. Je l’avoue bien humblement, j’ignorais totalement l’histoire de Nankin et du patron nazi qui protégea 200 000 personnes, au moins (je préfère dire « protéger » plutôt que « sauver » car rien n’indique que ces gens auraient été tués). Si le film n’apporte rien à l’histoire, il permet au moins au grand public de connaître des pans d’histoire méconnus. En Europe, on considère que la Seconde Guerre Mondiale à commencé en 1939 et qu’elle s’est finie en 1945. Mais avant, et après, il s’est passé des trucs. Et personne ne nous en parle. La Chine, c’est loin, et en plus, les Chinois, on les aime pas, alors pourquoi en parler ? C’est sûr que ce film est dérangeant. Le héros nazi, les pauvres Chinois, les barbares Japonais…ça bouscule un peu nos idées occidentales. Évidemment on peut comparer la Liste de Schindler et John Rabe même si ce n’est pas tout à fait comparable, et leur reprocher leur côté cucul, naïf et manichéen, mais moi ces films m’émeuvent sincèrement. Je ne sais pas si le film apporte ou pas quelque chose à l’histoire mais en tout cas ça m’apprend que l’humanité et le courage sont à la portée de n’importe qui. Après tout, ces expatriés auraient pu rentrer chez eux en laissant les Chinois se démerder. Et inévitablement, je me pose toujours la question « et moi ? ».

D’un point de vue cinématographique, on est en face d’une grosse production multinationale. C’est propre, bien fait, les reconstitutions sont excellentes, des images d’archives ont été intégrées de manière astucieuse. On assiste à certaines scènes très dures. Évidemment on n’échappe pas à une mise en scène romancée et j’ai trouvé que la fin était un peu exagérée, façon « ô capitaine mon capitaine ». Mais peu importe. Les deux heures ont passé à vitesse grand V.

Par contre, carton rouge pour le cinéma Le Capitole. Le générique de fin venait à peine de commencer lorsque les spectateurs de la séance suivante sont rentrés pour s’installer, nous obligeant, Bastien et moi, à quitter la salle prématurément. Je reste toujours pendant le générique. Et surtout après un film comme celui-là, où t’es un peu sonné, où t’as encore l’œil humide, je trouve particulièrement abrupte de priver les spectateurs de ce sas de décompression que constitue le générique de fin. D’autre part, j’aime bien lire les remerciements, les crédits musique, etc. On aurait pu rester jusqu’à la fin, hein ! Personne ne nous a demandé de partir, mais les gens bavassant autour de nous nous ont écœurés. Je suis très déçue de la part de ce cinéma, c’est la première fois qu’il me font un coup pareil.

 

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