The Grand Budapest Hotel

J’ai retenté il y a quelques jours de re-regarder La vie aquatique, de Wes Anderson. C’est le seul film auquel je n’accroche pas. Et je n’ai toujours pas accroché. Je me suis endormie comme une merde et ça n’a pas grand-chose à voir avec mes états de santé catastrophiques. Si j’avais été en forme, je me serais endormie plus tard, voilà tout.

grandbudapesthotelEst-ce pour ça ?

Est-ce à cause de tout ce que j’ai lu ces derniers jours ? De ces critiques dithyrambiques ?

J’ai été déçue. Voilà. Pas au point de La vie aquatique, loin de là. Mais je m’attendais à autre chose. Compte tenu de ce que j’avais lu, je m’attendais à quelque chose du genre Les dix petits nègres (Agatha Christie), ou Cluedo (le colonel Moutarde dans le petit salon avec la clé anglaise). Une sorte de huis clos dans un hôtel fantastique géant, dans lequel tous ces fabuleux acteurs se seraient croisés dans les escaliers, les cuisines et les étages, en claquant portes et fenêtres à la recherche de l’assassin.

C’était pas ça. C’était bien mais c’était pas ça.

Ça commençait bien pourtant, en 1985, dans un décor quasi-exclusivement orange, peuplé de Jason Schwarzman et de Jude Law. Puis hop, flash-back, nous voici en 1932, les grandes heures du Grand Budapest Hotel et l’extraordinaire histoire de son concierge Monsieur Gustave, campé par un Ralph Fiennes comme on ne l’a jamais vu. Enfin moi du moins. Roublard, gérontophile, prétentieux mais avec de belles valeurs humaines. Sa maîtresse de 84 ans est retrouvée assassinée chez elle et le voilà accusé, avec pour seul allié un petit lobby boy immigré aux papiers douteux. Tableau volé, testament disparu, évasion, course-poursuite, meurtre, choux à la crème… l’intrigue défile à vitesse grand V. Au point qu’on a un peu de mal à suivre. Et qu’on voudrait un peu s’arrêter dans ces décors extraordinaires, si travaillés, et qu’on n’aperçoit qu’une fraction de seconde parfois.

Car s’il y a un domaine dans lequel Wes Anderson semble se faire de plus en plus plaisir, ce sont ces décors surréalistes cartoonesques, ces costumes délirants, ces fantaisies visuelles totalement accessoires mais parfaitement jubilatoires. J’ai envie de revoir ce film juste pour ça. Maintenant que je connais l’intrigue et son issue, je pourrais m’attarder sur tous ces détails fascinants.

Et alors le casting… j’hésite entre whaaaaa et pfffff. C’est qu’il y en a du monde dans ce film ! Du beau linge ! Ralph Fiennes, Bill Murray (même pas une minute), Tilda Swinton, les frenchies Mathieu Amalric et Léa Seydoux, Jude Law, Willem Dafoe, Adrien Brody, Edward Norton, Harvey Keitel… et j’en passe ! À croire que tout le monde se bat pour jouer avec Wes Anderson. En tout cas ils sont tous prêts à se contenter d’un rôle minuscule. Du coup… frustration intense ! Quand je pense que Bill Murray, que j’adore, est pratiquement sur chaque plan de La vie aquatique alors que je ne supporte pas ce film, et qu’il n’apparaît que quelques secondes dans ce dernier film et dans A bord du Darjeeling Limited ! Quelle ironie du sort !

Et au milieu de tout ce fatras visuel, entre le burlesque et les choux à la crème, se cache malgré tout un message comme seul Wes Anderson sait les faire passer. Derrière les délires de gamin et les petits travers des personnages, c’est la déliquescence de toute une époque, les personnalités qui se révèlent à la lumière de la guerre, qui sont les véritables sujets et tiennent l’histoire à bout de bras.

Oui bon, en fait c’est un grand film, un beau film, une démonstration magistrale de cinéma dans tout ce qu’il a de magique.

Et l’affiche est juste magnifique. Comme pour tous ses films d’ailleurs.

D’ailleurs, si quelqu’un (coucou Mum) ne sait pas quoi acheter pour mon anniversaire, voici une suggestion The Wes Anderson Collection

8 Commentaires

  1. Mum

    Pourquoi moi ?

  2. Laurent Chamalin

    Lorsque tu étais enfant, ne regardais-tu pas « L’Odyssée sous-marine du Commandant Cousteau » les dimanche après-midi sur Antenne 2 ? Sinon, j’espère que tu aimes Seu Jorge qui chante David Bowie en portugais. Je trouve que « la vie aquatique » est un beau film sur l’esprit d’aventure avec tout ce que ça comporte de naïveté. L’envie de voyager comme un jeu, de découvrir le monde comme un enfant qui passe une colline juste derrière chez lui. Steve Zissou est un des plus beaux spécimen d’immaturité chers à Anderson. J’aime la scène où ils se retrouvent tous dans le petit sous-marin dans un océan en animation. Ce qui est ennuyeux, je crois, dans le film, ce sont les scènes « sérieuses » qui parlent de problèmes d’adultes et qui ennuient autant Steve Zissou que nous. Anderson n’a peut-être pas réussi à les rendre aussi intéressantes que dans ses autres films.

    • @Laurent : je ne me souviens pas avoir regardé les émissions du commandant Cousteau. Par contre je sais que j’ai tenté de lire Le monde du silence (édition Bibliothèque verte, si mes souvenirs sont bons) et je m’étais prodigieusement ennuyée !
      Me suggères-tu, par ce commentaire, de tenter une nouvelle fois de regarder ce film ? ;) En tout cas il faudrait au moins que j’arrive à la fin, une fois dans ma vie…

  3. il paraît que c’est un film à « atmosphère » très spécial et original

  4. jdo

    Quel feu d’artifice visuel en tout cas ! J’ai été un peu moi aussi décontenancé par la partie centrale du film, bien peu en rapport avec cet hôtel si intriguant. Pour reprendre ta dernière phrase, je ne sais pas si c’est un grand film, mais c’est un beau film. Un très très beau film, véritable hymne à tous les métiers artistiques que seul un projet de cinéma peut rassembler. Et si j’en suis ressorti avec quelques frustrations, c’était plus par envie de rester dans cet univers si particulier et si séduisant.

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