Le mec de la tombe d’à côté / Le caveau de famille

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♥ !!

J’ai lu les deux romans de Katarina Mazetti d’affilée. Pas trop le choix vu la fin du premier volume, qui tease à mort.

Il faut noter que j’ai terminé cette histoire précisément le 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Ça fait un peu bizarre.

Parmi les trucs intéressants, le fait que l’histoire se passe en Suède, réputé pour être un pays parmi les plus progressistes pour ce qui est des hommes et des femmes. Ça casse le mythe.

Bon alors Le mec de la tombe d’à côté, ça commençait pas si mal. Désirée est une jeune femme veuve qui se rend régulièrement sur la tombe de son jeune mari, mort renversé à vélo. Au cimetière elle croise souvent un type qui vient fleurir ce qui semble être la tombe de ses parents. À force de partager le même banc, Désirée et Benny vont finir par se parler… et se mettre en couple. Et c’est là que ça devient relou.

Désirée a la petite trentaine, elle est bibliothécaire, effacée, et se demande bien ce qu’elle va devenir depuis la mort de son mari. « Tout ce tai-chi, ces pommes de terre bio et ces acides gras polysaturés. Qu’est-ce que ça lui a rapporté en fin de compte ? » se demande Désirée à propos d’Örjan, son défunt mari (et rien que pour ça je ne monterai jamais plus sur un vélo, on ne sait jamais).

Benny a lui aussi la trentaine, il est agriculteur, chasseur, célibataire, ses parents sont morts et il se demande bien ce qu’il va devenir tout seul sur son exploitation avec ses vaches (*voix de James Blunt et apparition de Karine Lemarchand*).

Nous y voilà. En avant les clichés bien lourds. La nana est forcément une intello frigide qui ne prend pas soin d’elle. Le mec est forcément un rustaud crado inculte. Et évidemment ils vont tomber fous amoureux. Ben voyons.

Le principe du roman (enfin, des deux romans), c’est un chapitre = une voix. Un coup c’est Désirée qui cause, un coup c’est Benny. On a donc les deux sons de cloches (de vaches).

Tout au long de ces romans, on assiste à l’évolution de leur relation, forcément conflictuelle. Les sujets qui reviennent en permanence c’est que Désirée tient mordicus à son indépendance, sa liberté d’aller et venir, de travailler, de se cultiver. Benny ne pense qu’à son exploitation, ses subventions européennes, ses veaux, et la bouffe. Leur seul point commun, si on y regarde de près, c’est le cul. Et encore, plus trop à la fin. Ah oui et puis aussi, les deux veulent des enfants. Le désir de reproduction par-dessus tout. Perpétuer l’espèce quitte à se coltiner quelqu’un d’imbuvable.

Autant le premier volume propose une intrigue un peu variée façon comédie romantique à deux balles, genre on s’aime, je te fais la gueule, chacun boude, on se retrouve, on se re-quitte… alors que tout le monde sait pertinemment que ça va « bien » finir ! Rah ! Autant le deuxième volume est une descente aux enfers avec son enchaînement de marmots, de beaufitude, et de considérations déprimantes sur le couple. Ce boulet de Benny ne voit pas à quel point sa femme en bave, et cette cruche de Désirée en bave sans cesser de s’en plaindre et sans pour autant faire quoi que ce soit pour que ça change. Bravo le veau ! Mais elle est contente Désirée, hein ! Elle est exsangue, échevelée, laminée par trois grossesses (quatre?), a perdu le job qu’elle aimait tant et n’a plus une minute pour elle, mais elle est over the moon ! Et voilà. Fin de l’histoire. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

Heureusement c’est pas trop mal écrit/traduit. Attention, ce n’est pas du Maupassant, ni même du Jaenada. Mais c’est rythmé et souvent drôle. Mais ça s’arrête là.

Je reste toutefois dubitative sur le titre du deuxième volume « Le caveau de famille ». Cynisme absolu ou quoi ? Non parce que ça fait référence à une réplique humoristique de Benny dans le roman, mais moi je ne peux pas m’empêcher d’y voir une métaphore bien glauque de la vie de famille, sorte de condamnation éternelle à se décomposer dans un espace clos avec des gens qui nous exaspèrent. En fait, ce roman aurait pu être d’un cynisme absolu s’il n’y avait pas eu de temps à autres des petites phrases de Désirée comme quoi elle n’aurait donné sa place pour rien au monde, ou qu’elle nageait dans le bonheur.

Le genre d’histoire improbable qui doit consoler les jeunes mamans de leurs mauvais choix, et les inciter à ne rien changer. Des fois qu’elles puissent s’épanouir autrement qu’avec des couches-culottes. Ce n’était manifestement pas un roman qui m’était destiné. Trompage de cible marketing.

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