Un monde parfait selon Ghibli

PSE01-GHIBLI-A01.inddVoilà maintenant quelques années que le cinéma japonais et en particulier les films d’animation me passionnent. Ça peut paraître un peu étrange pour une femme de mon âge (et je m’en fous, je vous le dis tout de suite) mais la richesse de cette production, qui s’adresse certes à un jeune public mais pas seulement, est absolument remarquable, et d’autant plus maintenant qu’on a un recul intéressant sur des dizaines de films. Les studios Ghibli sont évidemment emblématiques de ce genre cinématographique, et suscitent l’admiration des fans du monde entier.

Un monde parfait selon Ghibli est un essai écrit par Alexandre Mathis, aux éditions Playlist society. Cette analyse de l’histoire du studio mythique date de 2018 donc prend en compte la mort d’Isao Takahata, l’un des fondateurs avec Hayao Miyazaki, mort en 2018. Difficile de suivre les évolutions de ce studio tant la personnalité de ces deux géants de l’animation a marqué l’ensemble de la filmographie et la production. Leur amitié et leur proximité intellectuelle les a isolés autant que tirés vers toujours plus d’exigence. Miyazaki ne cesse de dire qu’il prend sa retraite… avant de revenir avec un nouveau projet. Son fils Goro n’a jamais vraiment su s’imposer, pas plus que les autres réalisateurs, malgré de beaux films.

Le livre s’appuie sur l’ensemble de la filmographie du studio mais revient aussi sur la carrière de Miyazaki et Takahata avant leur collaboration et les raisons qui les ont poussés à monter leur propre entreprise dans les années 1980 (à savoir que personne ne voulait produire leurs films).

Puis l’auteur revient sur les grandes spécificités qui se dégagent de tous ces films mythiques, car ils le sont tous, il faut le reconnaître. A commencer par la place des femmes. Les femmes sont partout, sont des héroïnes, courageuses, bardées de valeurs morales, indépendantes et c’est remarquable à bien des égards, la société japonaise n’étant pas reconnue comme la plus féministe du monde. Avant même de lire cet essai, cet aspect de la filmographie Ghibli m’avait particulièrement frappée, d’autant plus si l’on compare à la filmographie Disney (que je connais assez mal, je le reconnais, mais tout de même). Nausicaä, princesse Mononoke, Sophie, les petites filles de Totoro, Kiki, Chihiro… elles ont toutes des profils différents mais sont unies par leur indépendance, leur courage, leur capacité à prendre leur destin à bras le corps. Souvent (toujours ?), d’ailleurs, les héroïnes et héros de Ghibli sont des enfants ou des adolescent.es. La projection est donc parfaite pour le jeune public qui visionne ces films, et qui devrait les visionner obligatoirement, à mon humble avis.

Car outre cette vision féministe du monde, Ghibli déroule d’autres thèmes extrêmement forts comme la guerre, le respect de la nature, les grands paradoxes (sauver les hommes ou sauver la nature ?), sujets bien entendu décortiqués avec soin par Alexandre Mathis qui nous éclaire de nombreux éléments contextuels, des références culturelles qui ont inspiré les réalisateurs et quelques-unes de leurs citations. 

Un livre passionnant et accessible auquel j’attribuerais un seul bémol : les descriptions des films parfois un peu trop longues et détaillées, mais c’est peut-être parce que j’ai vu quasiment tous les longs-métrages. D’ailleurs il y en a quelques-uns que je n’ai pas vus : Si tu tends l’oreille (1995) et Je peux entendre l’océan (1993).

>>> Acheter le livre en version papier ou numérique chez Playlist Society <<<

Je vous recommande, en plus de ce petit bouquin, d’écouter les podcasts des 4 émissions diffusées sur France Culture en mai 2019, dans Les chemins de la philosophie. Vous y entendrez des analyses passionnantes et des éclairages qui vous donneront envie de revoir les films pour en apprécier un nouveau niveau de lecture et pour y découvrir des références qui vous avaient peut-être échappé (et même sûrement, Miyazaki, sous ses airs de poète patriarche, distille l’air de rien des références pointues un peu partout).

(Cliquez sur chacune des photos pour accéder au podcast)

Screenshot 2019-05-23 at 22.29.59

Screenshot 2019-05-23 at 22.30.08

Screenshot 2019-05-23 at 22.30.17

Screenshot 2019-05-23 at 22.30.27

Pour finir, je vous recommande d’accompagner la lecture d’Un monde parfait selon Ghibli par quelques compilations musicales des plus beaux morceaux de musique Ghibli. Il en existe plein, en version symphonique ou juste au piano, et je dois dire que cette musique s’apprécie aussi bien telle quelle que dans les films.

Orchestration symphonique « A Tribute to Studio Ghibli » de Anime Kei  http://www.deezer.com/album/7222276

Piano simple « Studio Ghibli Classics for Piano: Played by Daigoro789 » http://www.deezer.com/album/9285998

Retrouvez ma chronique sur France Bleu Pays d’Auvergne (clic sur l’image)

Screenshot 2019-06-10 at 18.33.07.png

T'as un truc à rajouter ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s