Il était une fois, Hérisson

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Je vais vous conter l’histoire de Hérisson, du sentier des oiseaux, d’une oie, de la forêt de Crochepot, de la maison Mousse, d’un dytique, d’une église colorée et de quelques canards.

Au creux d’un méandre de l’Aumance se niche un Hérisson. Ou plus exactement, un village qui s’appelle Hérisson. Quel joli nom n’est-ce pas ? Au bord de l’eau, sous les frondaisons des platanes, se trouve le point de départ du sentier des oiseaux, le bien nommé. Seront-ils au rendez-vous ? Sur le petit pont qui franchit l’Aumance, un cri rauque m’interpelle : une oie ventrue et solitaire, juchée sur un caillou, en équilibre sur une palme, semble dialoguer vivement avec quelques cols-verts qui voguent sur les eaux. Plus haut, les ruines d’un château, qui de sa superbe n’a gardé que la carrure squelettique, me rappelle qu’ici je suis sur les terres des Bourbons. J’irai leur rendre hommage plus tard. Pour l’heure, je m’engouffre dans la petite rue du Calvaire, où sur les murs de pierre poussent des kiwis. J’abandonne le sentier des oiseaux pour m’aventurer dans un chemin forestier qui mène à la chapelle du Calvaire. Des vignes s’étendent paresseusement dans la pente, plantées par les Amis du Vieil Hérisson. Depuis la chapelle restaurée, on domine le village alangui dans son coussin de verdure et coiffé d’une forteresse édentée. Je redescends et retrouve mes oiseaux, du moins leur sentier, depuis l’autre rive de l’Aumance. Les couleurs flamboyantes de l’automne s’installent violemment dans la verdure qui ne veut pas renoncer à l’été, et moi non plus. Je tombe la veste, il fait doux, et même chaud. Un vent vigoureux fait tomber une pluie de feuilles d’or sur une eau pourtant à peine froissée, dans laquelle la végétation se mire, et où se dandinent poissons et canards. Le sentier des oiseaux s’éloigne des rives de l’eau pour grimper dans la forêt. Un bassin d’eau stagnante se transforme sous mes yeux en miroir aux mille éclats de couleurs. J’y rencontre un dytique, coléoptère que je croyais en perdition et près de la noyade alors qu’il nage mieux que moi et disparaît soudainement dans un “bloup”. Dans la forêt de Crochepot, je croise un champignon, et deux chevaux qui viennent me saluer. De retour au coeur du village, j’emprunte un autre pont, incongruité architecturale et pourtant si photogénique, avant de revenir à mon point de départ. Je m’accorde une pause à l’ombre des platanes, face aux eaux miroitantes de l’Aumance, avant de partir à la découverte de Hérisson, non sans aller revoir mon oie ventrue, qui s’est assoupie. Quelle idée de dormir debout sur un pied, avec un torticolis et le nez enfoui sous son épaule ! Je marche avec précaution le long de la rivière, de peur de la réveiller. De la porte de Gateuil je gagne le clocher Saint-Sauveur, devant le porche duquel pousse un vigoureux pied de tomates. Je renonce à la distillerie de whisky de Monsieur Balthazar, fermée en ce dimanche. Alors je poursuis, d’instinct, vers les ruines du château, en passant devant la maison Mousse qui ne se fait pas mousser, bien au contraire. Ruines qui ont pourtant bonne mine à certains endroits, remises d’aplomb par une association de passionnés. Depuis les remparts la vue est imprenable sur les toits de la ville, empilement d’ardoises, succession de clochers et de tourelles. L’heure avance et je suis attendue chez le chantourneur. Je renonce à regret à ce sentier de Chateloy qui grimpe le long de l’église Notre-Dame mais qui m’encourage à aller, en voiture, jeter un oeil à cette église Saint-Pierre dont les peintures polychromes du XIIIe siècle sont pleines de promesses. Au bout d’une petite route cabossée, le hameau de Chateloy semble hors du temps. Un parking disproportionné – mais discret – rappelle qu’ici se joue un festival de musique réputé, initialement créé pour contribuer à la restauration de cette petite église charmante. Le rafraîchissement, extérieur et intérieur, est de toute beauté. Les motifs peints sont d’une grande délicatesse, des rosaces, des feuillages, des frises et fresques aux couleurs chaudes et vives ornent les murs, colonnes et plafonds de cette église qui aurait dû être fermée lors de mon passage mais dont j’ai pu, à mon grand étonnement et pour mon plus grand plaisir, pousser la porte malgré tout. Elle se referme sur cette histoire. Au revoir Crochepot, maison Mousse, oie, vignes, et porte des Enfers que j’ai évitée. Au revoir Hérisson. 

Hérisson a été labellisé « Petite cité de caractère » en 2018

Sentier des oiseaux – 2,5 km – 45 mn – très facile

Plan de Hérisson

www.allier-auvergne-tourisme.com/culture-patrimoine/villes-villages/villages-de-charme/herisson-180-1.html

www.villageherisson.fr

www.festival-musique-bourbonnais.com

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