Take shelter

Film réalisé par Jeff Nichols, Take shelter est-il un thriller psychologique ou un film catastrophe ?

Curtis LaForche (le fils des voisins dans Les Noces rebelles, tu sais, celui qu’on tient pour fou et qui finalement est le seul à voir clair en Kate et Leonardo (je ne me souviens plus des prénoms du film)) est un bon père de famille dans l’Amérique profonde. Il travaille sur des chantiers de forage pendant que sa jolie et tendre épouse (Jessica Chastain, rouquine éthérée de Tree of life) réalise des travaux de broderie pour arrondir leurs fins de mois. Ensemble, ils élèvent leur petite fille, frappée de surdité. Question à cent balles : pourquoi les scénaristes trouvent-ils intéressant de créer des personnages de petites filles sourdes alors que ça n’apporte rien à l’intrigue ? Pour preuve, La Proie (avec Albert Dupontel), La Chèvre (avec Pierre Richard) et donc, Take shelter…Et toujours des petites filles, hein, jamais des petits garçons. Bon bref. Donc voilà, ils vivent tranquillement leur vie d’Américains endettés mais Curtis se met à faire des cauchemars. Dans ceux-ci, tout commence par une tempête violente, avec des pluies boueuses diluviennes, et des animaux et des humains qui deviennent fous. Rêve et réalité finissent par se rejoindre dans la tête de Curtis mais, lucide, il cherche à comprendre. Et accessoirement, il consolide cet abri anti-tempête enterré dans le jardin, on ne sait jamais…

Ce film nous parle de la folie. De la solitude aussi, la solitude d’un homme qui est pris au piège de ses pensées. Difficile de parler de ce film sans en dévoiler les ficelles de l’intrigue. Curtis est inquiétant au possible mais on ne peut s’empêcher d’avoir pitié de lui. On cherche à comprendre en même temps que lui et au fur et à mesure qu’il progresse, il s’enfonce. Jusqu’au dénouement final que je ne peux pas révéler.

Michael Shannon porte le film dans son regard. Le rôle lui sied à merveille. Solide et fragile à la fois, toujours entre deux eaux. Jessica Chastain apporte un contre-point idéal, une présence douce mais ancrée dans la réalité du quotidien.

C’est un film ambitieux mais qui aurait gagné à perdre quelques dizaines de minutes de pellicule. À force de vouloir nous convaincre de quelque chose, le réalisateur s’est enlisé dans considérations familiales et médicales qui n’étaient pas nécessaires. On avait bien compris dès le départ. Du coup, quelques longueurs ont transformé le suspense en attente ennuyeuse.

Le coup de théâtre final est fort bien trouvé. Les certitudes acquises pendant les deux heures s’envolent en un coup de vent. Restent des questions.

Comme je le disais en introduction, on a deux genres cinématographiques en un. L’un pendant une heure et cinquante-cinq minutes, l’autre pendant cinq minutes. Et ça perturbe.

3 Comments

  1. Salut !
    tu as vu le complexe du castor ?
    parce que dans le genre tordu ça s’en rapproche… à priori, j’ai pas vu mais beaucoup lu dessus.

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