La ballade de l’impossible (le roman)

 

 

 

 

Note initialement publiée le 19 mars 2011

Watanabe, en entendant Norwegian wood des Beatles dans un avion, se rappelle ses jeunes années d’étudiant à Tôkyô. Il se souvient de Naoko. Forcément, elle lui avait demandé de ne jamais l’oublier.

Watanabe vivait dans un foyer pour étudiant et un jour, il revit Naoko. La jeune fille avait été quelques mois plus tôt la petite amie de son meilleur ami, Kizuki. Ce dernier s’est suicidé à l’âge de 17 ans. Depuis, Naoko n’a jamais vraiment remonté la pente.

Extrêmement difficile de résumer ce roman d’Haruki Murakami. Impossible même. Le résumé de l’impossible (ah ah ah…).

Au centre de cette histoire Watanabe s’est construit autour de multiples suicides et d’histoires d’amour compliquées.

Le suicide est une composante essentielle de ce roman. Pas très étonnant lorsqu’on s’intéresse un tant soit peu au Japon. La question cruciale que ce roman pose c’est : comment peut-on avancer dans la vie lorsque des personnes qu’on aime choisissent de la quitter, la vie, et comment peut-on malgré tout aimer et se laisser emporter par cet élan de vie ?

Maintenant que je suis arrivée au terme de cette histoire, j’en comprends l’essence. Mais malheureusement, je n’ai pas aimé la façon dont l’auteur a tourné les pages de la vie de Watanabe. Pourtant, il ne s’agit que de souvenirs d’un garçon entre 18 et 20 ans. À cet âge-là, on pense aux études, aux filles, aux petits boulots. Mais le côté « japoniais » a été rédhibitoire pour moi. Comment Watanabe, garçon extrêmement intelligent, peut-il tomber amoureux d’une fille qui lui reproche de ne pas lui avoir fait de remarque sur sa nouvelle coupe de cheveux ?

Cette histoire s’articule autour de choses très naïves et en même temps autour de choses très crues. Il est pas mal question de sexe dans ce roman. Alors rien de très trash, juste des choses comme peuvent en vivre des jeunes personnes entre 18 et 20 ans. J’ignore quelles étaient les mœurs en 1968/69 au Japon mais j’ai trouvé étrange l’attitude de certains des personnages féminins du roman. Peut-être que je me goure.

Bref, cette ballade nous promène sur la corde raide. Entre noirceur et légèreté, entre naïveté et érotisme. Je pense que l’auteur aborde la question du suicide sans y apporter de réponse. En même temps, en a-t-il les capacités ? Dans ce roman, les personnes qui se suicident le font pour des raisons assez différentes.

Je n’arrive pas à tirer de conclusions de ce roman. Je suis perplexe. En fait je crois qu’il y est question du paradoxe de nos actes et de nos sentiments. Watanabe veut aimer la jolie fille pure, sincère mais craque pour la dévergondée, courageuse certes, mais un peu superficielle. Donc peut-être que la conclusion c’est qu’il faut aller dans le sens de nos émotions, qu’il faut arrêter de considérer que la vie des autres dépend de nos actes, que les choix de certains n’appellent peut-être pas d’explication rationnelle.

Je referme ce livre avec la conviction que je ne l’ai pas aimé, mais finalement, il soulève beaucoup de questions auxquelles je ne trouve pas de réponse. Pourtant c’est ce que j’aime dans les livres. Donc bizarre.

En tout cas c’est un roman introspectif et contemplatif. Ne pas l’ouvrir pour y chercher de l’action haletante, à part pour les quelques passages croustillants (et fort bien amenés).


Un commentaire

  1. Pingback: Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil | The magic orange plastic bird said…

T'as un truc à rajouter ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :