Martin Parr – Small world

J’ai découvert récemment ce photographe anglais, via sa série de photos regroupées dans le recueil « Small world », dont je viens de faire l’acquisition. Fascinée. Martin Parr nous tend un miroir dans lequel nous découvrons notre horrible reflet. Il nous oblige à réfléchir à nos comportements et notamment aux plus innocents, en nous en montrant toute la futilité et la trivialité.

Les clichés sont volontairement laids, surexposés, comme s’ils n’étaient pas travaillés, comme s’il s’agissait de photos prises sur le vif.

On découvre dans « Small world » un monde envahi par les touristes. Ils investissent les villes et les sites naturels, imposent à chacun leur mauvais goût, leurs appareils photo en bandoulière, bref, ils polluent les lieux par leur simple présence. Et il faut se rendre à l’évidence : on a tous été ce type qui tente le bon cliché du monument, on a tous été cette bonne femme qui avance en file indienne sur un chemin de campagne. Les autochtones ne sont pas en restes : guides qui se prostitueraient presque, vendeurs de babioles, faux pères Noël…

Couleurs criardes, tronches à faire peur, postures ridicules…ces photos donneraient presque la nausée. Je ne veux pas être ces gens. Jamais. Et pourtant…

En parcourant le site de Martin Parr, j’ai découvert un autre ouvrage intitulé « Bored couples ». Introuvable à l’achat, à part en occasion à 362 €. Je trouve particulièrement frustrant de ne pas pouvoir acheter des livres au prétexte qu’ils sont épuisés et ne seront probablement jamais réédités. Même chose avec Denis Darzacq. Bref, dans « Bored couples », c’est la continuité de « Small world », les mêmes personnages vulgaires, la même beaufitude, le même mercantilisme, le même écœurement à chaque cliché.

C’est la société occidentale toute entière qui subit les foudres de Marin Parr. Le consumérisme à tout va, la colonisation de tout lieu, le désœuvrement, la recherche vaine du frisson de l’aventure…

 www.martinparr.com

   

5 Comments

  1. Je regarde bien hein, mais je suis pas sûr d’être d’accord sur le fait que ce serait forcément triste. C’est oublier toute la vie que ces touristes portent avec eux, le relâchement dont ils font preuve peut être ridicule mais je crois que c’est aussi une sorte de récompense. Et puis ils font vivre des commerçants, parfois font chier les locaux certes, tissent des liens, et vont visiter des monuments que les locaux ne visitent plus depuis bien longtemps. Alors est-ce que c’est vraiment triste ces cars de touristes ?

    Ca me fait penser à un truc que je dis souvent. Les gens qui partent dans des pays « exotiques » rentrent souvent en disant : « waouh ils étaient trop accueillants les gens là-bas » et ils se rendent même pas compte qu’eux-même étaient nettement plus ouvert que ce qu’ils le sont d’habitude…

    Et puis elle est où la frontière entre des touristes, des jeunes en sac à dos ou des explorateurs ? Est-ce que c’est vraiment triste alors ?

    1. @F. : dans ton commentaire, il y a 3 fois le mot « triste », et il n’apparaît pas une seule fois dans ma note. C’est pas moi qui l’ai dit hein !
      Sinon, au JT de 20h ce soir il y avait un reportage sur je ne sais quel pays (j’ai levé le nez au milieu) où des pauvres gens (noirs bien sûr) étaient payés quelques sous par le chauffeur de bus pour se trémousser à poil devant les touristes (qui devaient croire à une cérémonie traditionnelle de bienvenue ou que sais-je). Je crois qu’il existe une grande naïveté occidentale, toujours engluée dans le mythe du bon sauvage accueillant et prêt à donner sa chemise.
      Et n’oublie pas qu’on parle là de MON domaine. Et s’il y a des sites aujourd’hui fermés à la visite, c’est précisément pour éviter le piétinement incessant des touristes, qu’ils soient bien intentionnés ou non d’ailleurs, ça ne change rien. La sur-fréquentation de certains sites est un véritable problème, économique, écologique, social…
      Il est évident qu’on ne peut pas comparer l’ « industrie » touristique dans les pays développés avec ce que j’appellerais « l’exploitation » commerciale des pays pauvres. Rendre des populations entières dépendantes des revenus du tourisme au détriment de l’activité locale (agriculture et autres) n’est, à mon avis, pas du tout une bonne idée (cf. la Tunisie, l’Egypte, qui ont bu le bouillon pendant et après les « révolutions » (dont on se demande ce qu’elles ont révolutionné, finalement)).
      Après, ma note concernait le recueil de Parr. Les photos sont vraiment écoeurantes.
      Et il y a un truc qui me choque dans ton commentaire, c’est la notion de « récompense ». Pour ceux qui ont un « vrai travail », comme le suggère notre (ex) président ?? Est-ce à dire que tout ça se mérite et que ceux qui n’y ont pas accès l’ont bien cherché ?

  2. Roh j’aurais pas répondu parce que plutôt d’accord avec toi mais à la fin, quand même, t’abuses…. C’était pas le sujet les personnes qui ne peuvent pas se payer des vacances mais pour celles qui le peuvent oui, c’est quand même une récompense qu’elles s’offrent il me semble ! Je ne suis pas un spécialiste du domaine non plus ;-)

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