Soie (le film)

Aujourd’hui, C., colocataire de bureau, m’a reparlé de ma note sur Novecento. Une chose en appelant une autre (quand je te dis, que les choses font rien qu’à s’appeler ! C’est leur petit jeu favori), on a parlé de Soie, le roman, je lui ai parlé du film, que j’ai du coup re-regardé ce soir donc je ressors la note. Légèrement remaniée par rapport à l’originale.

Note initialement publiée le 8 août 2009

Encore une adaptation de roman, et pas des moindres. Celui d’un de mes auteurs préférés : Alessandro Baricco.

Avant toute chose, je tiens à préciser que j’ai beaucoup aimé le film, mais qu’il est à réserver aux personnes qui ont lu « Soie » et qui sont tombées amoureuses de Baricco. Les autres risqueraient de trouver ce film lénifiant, voire carrément soporifique.

Soie c’est l’histoire d’Hervé Joncour. Et de sa femme Hélène. Il fait commerce des œufs de vers à soie, au XIXe siècle, quelque part dans le Sud de la France. Pour cela il voyage beaucoup, partout où on peut récupérer des œufs de bonne qualité. Et puis un jour la nécessité l’oblige à aller chercher des œufs au Japon. Là-bas il est accueilli par un homme important. Et chez cet homme important, il y a une femme. Elle est extraordinairement belle. Silencieuse bien sûr. Mais pourtant il se passe des choses entre elle et Hervé. Rien de charnel, mais des regards, des émotions. Hervé revient de son voyage bouleversé. À tout jamais.

Inutile de raconter la suite, d’autant que la fin du livre est particulièrement percutante par rapport à ce qui précède. Donc pour ceux qui le souhaitent, je vous laisse découvrir ce bijou de poésie et de sensualité qu’est Soie.

Il est difficile de parler d’un roman de Baricco. C’est un auteur atypique. Ses romans oscillent souvent entre rêve et réalité. Certains passages sont rédigés à la manière d’un poème.

Mais je me rends compte que je parle du roman alors que je viens de voir le film. Il y a des différences majeures entre les deux. Pourtant j’ai aimé les deux. Ce que j’ai aimé dans ce film, c’est l’image. C’est un film contemplatif, photographique, esthétique. Chaque plan est une création artistique. La lumière, les ombres, les gestes…chaque détail est rigoureusement travaillé. C’est un transfert intéressant du style du roman ; la poésie de Baricco transformée en images façon tableau de maître. J’ai aimé aussi l’ambiance rendue du Japon du XIXe, avec ses traditions et ses ambiguïtés. J’ai aimé la fidélité relative du film au roman, dans la chronologie des événements. Par contre je n’ai pas tellement compris certaines libertés. J’ai parcouru rapidement le roman en rentrant chez moi, car c’est un roman très court, et c’est bien ce qu’il me semblait. Pourquoi avoir donné à Hélène une passion immodérée pour les lys blancs? Pourquoi avoir délocalisé Mme Blanche à Lyon alors que normalement elle est à Nîmes? Et surtout…surtout ! Immense déception à la fin du film, à la lecture de la fameuse lettre. Celle qui percute le lecteur alors qu’il ne s’y attend pas. Le film fait, à mon avis, un contre-sens flagrant sur le roman. Le contenu de la lettre a été tellement modifié, et édulcoré, que tout l’objectif du roman a été réduit à néant. Soie, c’est une progression dans la sensualité. Ce sont des non-dits, des regards, des émotions, avec une explosion à la fin, crue, limite pornographique. En disant ça, j’imagine que nombre d’entre vous vont se jeter sur le roman. Et c’est tant mieux. Le film reste dans une ambiance éthérée, douce, timide. Ce n’est pas l’esprit de Baricco. Mais ce n’est pas pour autant que je n’ai pas aimé le film, car je trouve qu’il y a une belle unité du début à la fin.

Au niveau du casting…j’ai envie de dire qu’heureusement que la mise en scène et la photographie étaient de haute volée parce que le choix des acteurs principaux…au secours. Hélène, Keira Knightley. Je n’aime pas cette actrice. Elle sonne faux avec son sourire l’Oréal. Et c’est un sac d’os. Et Hervé, Michael Pitt. Je déteste cet acteur. Je n’aime pas sa gueule, c’est au point qu’il me dégoûte, avec ses lèvres pulpeuses et boudeuses, et ses joues bouffies. C’est vraiment dommage. Je ne dis pas que l’un et l’autre jouent mal. Je dis juste qu’il se trouve que je ne les aime pas. C’est pas de bol. Ensuite, on se retrouve face au même problème que dans The Reader (qui se passe en Allemagne) : le roman et le film se déroulent en France et au Japon et tout le film est en anglais. Sauf pour quelques dialogues en japonais qui n’ont pas été traduits, laissant le spectateur et Hervé Joncour bien décontenancés. Du coup c’est un peu perturbant. Enfin de toute façon, le roman a été initialement écrit en italien donc ça revient au même.

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