Cosmopolis

Euh…bon…quand faut y aller, faut y aller hein !

David Cronenberg. Sa fiche Allociné me fait prendre conscience de la profondeur abyssale de mon inculture : je n’ai vu aucun de ses films.

Là, dans une salle surchauffée et non climatisée (à une époque, le Capitole faisait des ristournes en cas de clim défectueuse, l’esprit commerçant se perd…), j’ai assisté à un interminable film qui m’a inspiré les mots : verbiage, bavardage, logorrhée, prétention, masturbation intellectuelle.

(Je suis pas prête de faire des piges pour Technikart moi.)

Eric Packer est un jeune qui n’en veut, comme dirait l’autre. En fait, on pourrait l’appeler Mark Zuckerberg. 28 ans, toutes ses dents, des milliards sur son Livret A et son PEL, une société de nouvelles technologies de l’information visionnaires. Bref ça roule pour lui. C’est le cas de le dire car le film se passe quasi entièrement dans sa bagnole, une Limousine ultra-connectée, avec chiottes intégrées et garde du corps oreilletté.

Dans cette bagnole vont défiler tout un tas de gens. Des collègues, des euh…rappeurs, des maîtresses, un médecin…Par contre, pour voir sa femme, c’est toujours à l’heure de bouffer. Il la voit trois fois, une fois pour le petit déj, une fois pour le lunch, et la dernière pour le souper, où elle le largue. Paf. Faut dire que c’est une poétesse, elle. Un autre monde.

Eric Packer a commencé sa journée avec une envie irrépressible de coupe de cheveux. L’obsession. I wanna a haircut. Pourtant il est bien coiffé mais bon, le nouveau riche est capricieux. Mais comme c’est la pagaille dans les rues de Manhattan, en raison de la visite du président des USA et de l’enterrement d’une star du rap, il va mettre des plombes à arriver chez son coiffeur préféré. Ce qui va donner l’occasion à tous ces gens de demander audience à Eric.

En fait on a une unité de lieu et de temps. Levé milliardaire, Packer va finir la journée ruiné (et mort peut-être). Parabole lourdingue sur le capitalisme, ce film enchaîne les poncifs. Le Mark Zuckerberg se transforme en trader-loser de Société Géniale (pas de marque, je veux pas de procès). Il a merdé sur le cours du yuan et à cause de son caprice capillaire, le voilà sur la paille. En plus, c’est plus ou moins la révolte et on a plein d’indignés dans la rue qui brandissent des rats.

Donc verbiage et logorrhée. Ça n’en finit pas de parler, de philosopher, de baiser aussi mais ça non plus, il ne sait pas le faire en silence. La mise en scène, volontaire à n’en pas douter, associe discours philosophique et scène incongrue (inspection de la prostate par un médecin, dans la Limousine (je te fais pas de dessin ?)), obligeant le spectateur à se concentrer sur ce qui paraît essentiel (mais qu’en est-il vraiment ?). Au final, Eric tombera de son piédestal, et dans les griffes d’un type qui lui en veut à mort, enfin pas tellement à lui perso, mais à tout ça là, tout ce bordel, ce grand système qui nous engloutit.

Tous ces dialogues soporifiques et décousus s’enchaînent en silence. Enfin je veux dire, sans musique. Un film sans musique (hormis les musiques de situation : boîte de nuit, etc.) c’est finalement très pesant. Et dans une salle surchauffée, ça devient du concept. À se demander si ça ne faisait pas partie de la mise en scène.

Quant à Robert. Bob. Pattinson. J’ai retrouvé le même dandy au sourire carnassier que dans Twilight. En un peu moins dépressif certes, mais avec la tête qu’il a, ça va être compliqué de le voir jouer dans autre chose que des trucs de psychopathes. J’attends avec impatience de le voir dans « Bel ami ». Je l’attends au tournant, même si vu la personnalité de Georges Duroy, ça peut le faire. S’il me salope un des meilleurs Maupassant, il aura à faire à moi.

Dans ce film on trouve aussi Juliette Binoche en cougar nymphomane, et Mathieu Amalric en entarteur roumain. Cinq minutes chacun de prestation. Faut vraiment avoir envie de voir son nom au générique de Cronenberg !

L’affiche :

J’ai décidé que maintenant, j’ajouterais mon avis sur l’affiche. Donc là on a Eric enfermé dans sa voiture. La rue est à feu et à sang en arrière-plan. Lui regarde ses pieds, incapable de nous regarder en face. Ou alors il s’emmerde…

 Et c’est ENCORE une adaptation de roman. Tu peux pas savoir à quel point ça m’exaspère.

Et ce soir j’ai regardé « Australia » à la télé. Deux croûtes dans la même journée, c’est vraiment pas de bol.

11 Commentaires

  1. Ah Australia ! comment peut-on mettre autant de fric dans une merde aussi intense ? Le défilé de kangourous du début, par la fenêtre de la camionnette m’a fait penser aux scènes de Tarzan (avec J Weismuller -orthographe aléatoire-) . Le trucage avec les grosses ficelles… Je ne parle même pas de la prestation des acteurs, cela dit avec un scénario aussi nul, il ne faut pas demander la lune non plus.

    • @Maazz : je crois qu’il y avait une volonté de mise en scène type « BD » ou cartoon (couleurs, luminosité, décors, scènes d’action) mais au début uniquement. La fin était plus conventionnelle. Du coup le film était bizarre. Ça commençait en farce et finissait en drame historique. Pas bien compris le concept…Et puis j’ai revu Nicole Kidman récemment dans Horizons Lointains : front raide et lèvres boursouflées, la chirurgie esthétique est passée par là !! Quel gâchis !

  2. F.

    Merci, tu m’as donné envie de le voir (au moins pour le critiquer moi-même) ;-)

    • @F. : attends qu’il passe à la télé, ça te fera économiser le prix de la place…

      • F.

        Ca me serait pas venu à l’esprit de payer 10 euros pour voir Robert Pattinson mais merci de te soucier. Par contre je crois que je vais payer 10 euros pour voir Blanche Neige et le chasseur avec sa congénère de Twilight, huuum, Bella ???

  3. F.

    Finalement j’y suis allé ! Putain c’est une merde ce film ! J’ai failli sortir de la salle avant la fin ! Et certains l’ont fait d’ailleurs… Je me suis pas ennuyé malgré tout, parce que cette bouse rassemblait les spectateurs décus dans une sorte de « communauté de destins » ;-), mais c’était vraiment des dialogues de teubés !

  4. F.

    PS : je pense que Cronenberg ??? prend du crack !

    • @F. : mode d’emploi de ce blog : quand je dis de lire un livre, tu le lis (n’est-ce pas ?) et quand je dis qu’un film est une croûte…ben t’y vas pas ! ;-)
      Sinon ben euh oui, c’est une merde (tu pourrais surveiller ton langage d’ailleurs) mais Kronenbourg (???) s’est contenté de pomper un bouquin, qui si j’en crois ce que j’ai lu ici ou là, est tout à fait décousu comme le film. Après, comme je le dis, je n’ai jamais rien vu de lui mais s’il a des millions de fans dans le monde, c’est que son style et son message doivent être compris par certains ! (serions-NOUS les teubés en fait ?)

  5. F.

    Je pense qu’il sera (peut-être) compris après sa mort. D’ici là…

  6. Pingback: Bel ami (le film) | The magic orange plastic bird said…

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