Made in France

Je pourrais poser en marinière, robot-mixer à la main et chaussettes Archiduchesse aux pieds (sans rien d’autre, bien sûr), mais j’ai décidé que non. Ni mes t-shirts marinière ni mes robots de cuisine n’ont été made in France (à ce que je sache). Mes chaussettes oui, par contre. Bref. Tout ça pour dire que je vais, une fois n’est pas coutume, faire l’article pour des productions musicales françaises récemment expulsées dans les bacs. D’une elles sont françaises, chantées en français et de deux, elles sont plutôt populaires et vous paraîtront sûrement moins ésotériques que mes critiques précédentes. Pis bon…les quotas, tout ça…

D’aucun diront que je mélange les torchons et les serviettes mais il se trouve que je m’en fiche comme de mes premières moules marinières. Il s’agit d’un groupe et de deux chanteurs que j’aime depuis longtemps (pour les deux chanteurs surtout, j’ai découvert le groupe plus tard), pour leurs textes ciselés et leurs mélodies élégantes.

Commençons par Eiffel, groupe bordelais que j’ai connu (comme beaucoup de monde, désolée d’être si mainstream) en écoutant « A tout moment la rue » à la radio. Vus en concert deux fois à la Coopé, la dernière étant cette année, bien avant la sortie de cet album. Pourtant, ils avaient joué bon nombre des titres de ce « Foule monstre », mettant l’eau à la bouche de tous les fans rassemblés dans la petite Coopé. Après de longs mois d’attente, en septembre est enfin sorti cet album tant attendu. Il tourne désormais en boucle dans la Paulette et m’accompagne sur mes trajets du boulot. Je n’aime pas tout, ce qui est un peu normal car on tape là dans le gros rock qui tache et c’est loin d’être mon quotidien musical. Par contre j’adore « Place de mon cœur », « Chanson trouée », « Libre » et « Chamade », qui sont, à mon avis, très grand public en termes de mélodie et de paroles. On notera, comme d’habitude, la participation active de Bertrand Cantat sur certains titres. Ça me dérange pas.

Benjamin Biolay. L’ex-mal-aimé-que-tout-le-monde-aime-bien-finalement. Alors c’est sûr que les critiques des magazines ont toujours été plutôt favorables au travail de Benjamin Biolay. Mais le public…c’est une autre mayonnaise. « J’aime pas le personnage » étant l’argument massue asséné le plus fréquemment. Personne n’ayant bien sûr pris la peine d’écouter quoi que ce soit. Biolay l’intello, le dépressif, le poète maudit, le prétenchieur…Si je devais m’en tenir aux apparences et à ses déclarations dans les émissions de télé, c’est clair que je n’aurais aucune raison de l’écouter. Le fan de foot (Lyon) qui aime le rap et compose pour Isabelle Boulay…A priori, un max de repoussoirs en ce qui me concerne. Sauf que voilà, je pense que c’est quelqu’un de curieux, d’instinctif, de prolixe de prolifique, d’inspiré, et tout ça se retrouve à chaque fois dans ses albums. Avec le double album risqué « La superbe », il s’est finalement imposé auprès du public. J’aime cet album mais je le trouve (forcément) trop long et inégal. J’avoue avoir une tendresse particulière pour ses premiers albums, aux textes ambitieux et je craignais ce dernier opus, ayant lu un peu partout qu’il contenait plusieurs duos dont un avec Orelsan et un autre avec Oxmo Puccino. Et bien contre toute attente et à ma grande surprise, ces titres font partie de mes préférés. Comme quoi…Le duo avec Orelsan, « Ne regrette rien » est très élégant et monte en puissance pour un final déchirant. Quant à la mélodie de « Belle époque », le duo avec Oxmo Puccino, elle reste durablement entre les oreilles, avec des ruptures rythmiques rondement menées. Bref, j’aime ce dernier album de Benjamin Biolay. Comme d’habitude, c’est superbement écrit, composé, et interprété. Les duos ne font pas pièces rapportées et c’est bien normal : Biolay sait écrire pour les autres en en tirant le meilleur parti. Vanessa Paradis, Julia Stone…des voix et des tempéraments qui font sourire tant Biolay semble apprécier les filets de voix élégants (cf. Keren Ann, Chiara Mastroianni, Elodie Frégé…). Les titres s’enchaînent et ne se ressemblent pas et pourtant tout est cohérent. Déjà vu deux fois sur la scène de la Coopé, j’ai hâte de le revoir.

Raphaël, l’éternel romantique au visage de chérubin a décidé de passer à l’offensive avec « Super welter ». J’ai lu je ne sais plus où qu’il y faisait des efforts démesurés pour rendre sa voix plus grave, plus warrior. Euh…un petit tour chez Audika non ? Sa voix est tout à fait habituelle, avec ses mêmes intonations adolescentes, sauf qu’il chante peut-être un peu différemment (et encore…pas si sûr, déjà sur Pacific 231 j’avais trouvé qu’il y avait un tournant), avec un peu plus de violence, sur des mélodies plus déstructurées. Bon. J’avoue que je préfère ses premiers albums, avec leur côté romantique torturé. La pochette du CD est euh…moche, à part le boîtier en plastique rouge, que j’aime bien. Mais globalement, ça se laisse écouter sans toutefois provoquer de coup de cœur. Les mélodies torturées et déstructurées, la cacophonie d’instruments, s’accommodent mal de la voix de Raphaël. C’est sûr que moi, ma chanson préférée c’est « Des mots », sur l’album « La réalité ». Piano-voix, point barre. Et puisqu’il est bien mort, fais-le nous ton discours !

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