Au bout du conte

J’avais été déçue par le précédent film d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, Parlez-moi de la pluie. J’ai malgré tout tenté ce nouveau « conte ».

Au bout du conteSandro est un jeune et beau musicien fauché. Laura est une belle et jeune fille à papa. Ils étaient faits pour se rencontrer et vivre une extraordinaire histoire d’amour. Sauf que Clémence est amoureuse de Sandro, le meilleur ami de Sandro est amoureux de Clémence. La tante de Laura vient de se séparer du père de sa fille, qui psychosomatise. Le père de Sandro ne supporte personne et angoisse à l’idée d’être le 14 mars, date à laquelle une sombre voyante lui a prédit sa mort. La mère de Laura est jalouse de la jeunesse de sa propre fille. Et le voisin de la tante de Laura séduit tout le monde pour mieux mettre le bordel dans toute cette histoire.

Il faut un peu de temps pour comprendre les connexions entre tous les protagonistes de ce film. Il faut aussi un peu de temps pour comprendre que le scénario nous entraîne dans un concept de conte, dont il reprend nombre de codes. La méchante qui donne la pomme avant que la catastrophe n’arrive. Le prince charmant qui perd sa godasse dans l’escalier. Le grand méchant loup qui guette sa proie, tapi dans la forêt…Et une classe d’enfants qui monte un spectacle avec prince, princesse et méchante sorcière (et arbres, champignons, fleurs…).

En fait ce film nous explique ce qu’il se passe une fois que le prince et la princesse sont enfin réunis. Les contes nous laissent avec un « et ils vécurent heureux, bla bla », là où le film nous démontre que rien n’est gagné pour les tourtereaux, et que finalement, l’histoire ne finit jamais.

Sans cette analogie avec l’univers du conte pour enfants, ce film aurait été sans grand intérêt. À part Bacri, qui déclenche l’hilarité des spectateurs rien qu’en apparaissant à l’écran. De mémorables tirades percutantes, comme à son habitude il est cynique, râleur, sociopathe…Autre intérêt également pour moi, Benjamin Biolay en dandy-connard détestable. Ça confirmera le sentiment de tous ceux qui me disent « nan mais moi, Biolay, j’aime pas le personnage ». Ben non seulement moi j’aime le personnage, mais aussi ceux qu’il joue. Ce rôle de loup traquant le petit chaperon rouge, charmeur, habile, impitoyable, endossé avec élégance et sobriété….J’ai vraiment envie de le voir plus souvent au cinéma. Et j’irai le voir sur la scène de l’Europavox en mai, mais c’est une autre mayonnaise.

Les codes du conte pour enfants sont judicieusement distillés et mis en scène, mais par contre je n’ai pas du tout aimé les plans de transition entre certains passages, façon peinture à l’huile. En fait ça m’a rappelé une appli que j’ai sur mon smartphone et qui transforme les photos en dessin ou peinture. Effet un peu kitschouille dans le film.

J’ai bien aimé la musique originale. Moderne et à la fois en accord avec la thématique « conte ». Dommage que Biolay n’ait pas apporté sa patte à tout ça, comme il l’avait fait sur « Pourquoi tu pleures ? ».

L’affiche ? Affreuse. On a bien compris que c’était Jaoui et Bacri hein. Et c’est quoi ce photoshopage honteux sur le visage d’Agnès Jaoui ??

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