L’homme qui voulait être heureux

Normalement il aurait dû y avoir deux billets ce week-end. Pour un café japonais et pour un concert auxquels je ne suis finalement pas allée parce que quand je suis en vacances, je perds instantanément toute motivation. Quand c’est un week-end normal, je suis en mode « oh my god oh my god faut que j’en profite avant lundi oh la la » et je brûle la chandelle par les deux bouts. Bon bref. Du coup, ça me permet de ressortir une note du placard. À la base, pour faire une petite dédicace (NDLR : je n’ai pas changé le moindre mot ni la moindre virgule, par contre je me suis amusée avec la couv’), et puis finalement, je trouve que la relecture de cette note tombe plutôt pas mal. Je peux même laisser la mention au Murakami à la fin vu que techniquement, le dernier bouquin que j’aie lu c’était précisément un Murakami. Pour les autres mentions…le docu, m’en rappelle évidemment pas. Le Marie-Monique Robin, je vois vaguement. Et « Lâcher prise », je vois parfaitement et je pourrai même te ressortir la note si t’es sage. Tu vas pas pleurer.

Note initialement publiée le 25 mars 2011

J’ai regardé mercredi soir le documentaire au sujet des guérisseurs, alors que j’avais commencé quelques jours avant ce livre de Laurent Gounelle. Guérisseur, placebo, guéris-toi toi-même…beaucoup de points communs.

lhommequivoulaitetreheureuxEn achetant ce bouquin, je sentais que je tombais dans le piège de la tête de gondole maléfique. Je n’avais pas tort.

Poussif et poncifs sont les deux termes qui me viennent à l’esprit en refermant cet énième livre de développement personnel pour les nuls.

C’est l’histoire d’un type qui est en vacances à Bali, tout seul, et qui vers la fin de son séjour décide d’aller voir ce guérisseur dont tout le monde lui parle. Il y va et le diagnostic c’est qu’il n’est pas malade mais malheureux. Pauvre petit occidental pété de fric (et qui se trouve pauvre) qui se fait apprendre la vie par un ascète au sourire inoxydable. Comme à la fin du docu de Marie-Monique Robin, je crois retomber sur le mythe du bon sauvage. Dont l’apogée est le récit d’une rencontre avec un cireur de chaussures à Marrakech (le narrateur est pauvre mais voyage beaucoup) qui est de toute évidence « heureux » parce qu’il sourit et qu’il a l’air content de son travail bien fait. Au secours.

Bon ben sinon ce qu’il faut retirer de cette histoire c’est qu’il faut oser prendre des risques, il faut se débarrasser de ses croyances (pas au sens religieux du terme), il faut faire des sacrifices et des efforts et voilà la clé du bonheur. Je passe sur les deux ou trois passages qui m’ont fait penser à « Lâcher prise » et à son prosélytisme religieux. Il faut dire que l’auteur s’est formé, entre autres, aux États-Unis. Mais bon, on n’apprend strictement rien dans ce bouquin qui ne relève du bon sens.

D’un point de vue littéraire, c’est lourdingue. Quelques passages m’ont fait sourire (sincèrement) mais globalement c’est stylistiquement pauvre et le procédé narratif du touriste qui se cogne à la spiritualité au détour d’un voyage d’agrément n’est pas crédible pour un sou et relève du cliché le plus affligeant. L’argent revient souvent dans le récit, et notamment avec une glorification des échanges marchands de la part du guérisseur. Je viens d’apprendre que l’auteur était expert-comptable dans une vie antérieure (avant de découvrir que l’argent c’est le mal, et que les droits d’auteur, c’est le bien), ceci expliquant peut-être cela. Ça rejoint mon ami Guillaume Musso, autre spécialiste de la tête de gondole, et qui a commencé sa brillante carrière par du marketing.

Bref, aucun intérêt, gardez votre argent pour des échanges marchands plus intéressants.

L’avantage d’un tel bouquin, c’est que ça remet en perspective certaines lectures récentes, comme le Murakami qui m’a déçue et qui finalement reprend quelques couleurs à mes yeux.

5 Commentaires

  1. Dom.

    Ah oui, c’est bien celui-là :-)
    Ah oui, je plussoie. Sans être aussi  sévère dans la critique, je retrouve quand même bien dans cette analyse ce qui m’avait gêné à la lecture du bouquin il y a quelques années. 

    Mais quand même, quelle cruauté envers ce pauvre Gounelle ! Pourquoi tant d’acharnement et de révolte ?! Quand les choses n’en valent pas la peine, faut juste lâcher prise :-)
    Relis un peu Arnaud Desjardins que diable ! On rentre pas dedans comme dans un roman gounellien (ce serait un peu comme une noix de coco face à une pastèque, tu vois), mais ça te ferait du bien. Aller, calme toi, lààààaaaa. Arf. Ça va aller.

    GOUNEEEEEELLE !!! 

    Bah reviens quoi, j’déconne !

  2. @ Dom. : je m’acharne parce que ces gens vendent des bouquins par brouettes entières alors que tant d’auteurs talentueux rament dans l’ombre. Pis il m’a fait perdre mon temps, nan mais oh. Pas autant que Musso par contre, faut être honnête. Mais « lâcher prise » avec un bouquin, c’est mon gros défaut, je peux pas. C’est plus fort que moi, j’ai l’optimisme chevillé au corps et je me dis que, peut-être, la fin vaudra le coup. Des fois ça marche et des fois nan.
    Arnaud Desjardins ? Connais pas, je note soigneusement (t’as pas peur, après Once… :))
    Pis Gounelle, ça me fait irrémédiablement penser à quenelle. La forme, la texture…beuaaargh !

    • Dom.

      Heu… non. Pas Arnaud s’il te plaît :-|
      Enfin tu fais ce que tu veux hein, mais documente-toi avant d’attaquer le morceau. C’est tout sauf de la littérature, alors si en plus t’arrives pas à lâcher un bouquin même si il t’énerve (comme moi en ce moment avec un Werber en dessous de tout alors qu’il m’a ravi dans d’autres volumes), y’a des chances que tu montes encore dans les tours en lisant un truc écrit pour t’enseigner à rester calme. Donc tu vas exploser en vol et on n’entendra plus jamais parler de toi. Ce qui serait dommage même si, par le fait, une certaine sérénité revient sur terre. Sinon vas-y, tu peux pourrir Werber, ça va me faire du bien aussi :-D

      • @Dom. : j’ai cherché Desjardins sur Amazon et en voyant les couv’ et les titres, j’ai eu un début de gounellite :) Desjardins restera donc ton pré carré. Ceci étant, je ne suis pas hermétique au genre. J’avais bien aimé un truc qui s’appelle « Le cerveau de Bouddha », de Rick Hanson et préfacé par quelqu’un que j’aime beaucoup, à savoir Christophe André, qui a écrit des trucs très utiles pour rester calme ;) et qui m’hypnotise dès qu’il ouvre la bouche.
        Werber, jamais lu…En lire un juste pour pouvoir le pourrir, je sais pas trop !

  3. Pingback: Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une | The magic orange plastic bird said...

T'as un truc à rajouter ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :