Girls – saison 1

girlsJ’ai torpillé la saison 1 de Girls en deux soirs, soit 10 épisodes. Bon, pour ma décharge, les épisodes sont honteusement courts, genre moins d’une demi-heure.

J’ai été sidérée par le culot de cette série, et de sa créatrice/auteure/actrice, Lena Dunham, âgée de seulement 27 ans.

Le pitch, simplissime, c’est l’entrée dans la vie de quatre copines d’une grosse vingtaine d’années. Petits boulots, mecs, questionnements existentiels… Rien n’échappe au crible de Lena Dunham, impitoyable de lucidité et de sincérité. Évidemment, la comparaison avec « Sex and the city » vient immédiatement à l’esprit. Lena y fait référence dès le premier épisode, comme ça, c’est fait. Mais la comparaison s’arrête au chiffre 4 et au sexe des protagonistes. Ces filles-là n’ont rien à voir et leur vie ne se limite pas à faire les boutiques, déjeuner dans des places to be et draguer dans les galeries d’art. Oh je ne critique pas, j’ai regardé Sex and the city à une époque et j’aimais bien, c’était frais et drôle. Si on devait trouver un autre point commun, ce serait l’inscription de ces séries dans leur époque. Sex and the city était aussi frivole et insouciante que Girls est désabusée et cynique.

Hannah (jouée par Lena) vient de se faire signifier par ses parents qu’ils lui coupaient les vivres. Sans emploi et occupant des postes de stagiaire non rémunérés, la voilà bien dans la merde. Car elle, son objectif, c’est d’écrire des romans, des nouvelles, bref, elle veut être écrivain. Elle vit en colocation avec son amie et le petit ami de cette dernière, à Brooklyn. Les deux autres filles vivent ensemble de leur côté. Sans être ensemble, entendons-nous bien. Le personnage principal est évidemment Hannah. Complexée par son poids et son apparence, manquant de confiance en elle, embarquée dans une histoire sentimentale bizarre avec un type bizarre, se faisant peloter par son patron au bureau… Elle dresse un portrait sombre mais drôle de ce que peut être l’existence de milliers de jeunes femmes dans le monde. Relations sentimentales hésitantes, amitiés fusionnelles, difficultés à trouver sa place dans la société, compromis douteux pour sauver son job… Lena Dunham ne lésine pas sur les moyens pour nous faire entrer dans le quotidien de ces filles. Discussions dans les toilettes, scènes de sexe laborieuses et crues, nudité et gras du bide assumés, fantasmes chelous exhibés, vocabulaire fleuri… jamais je n’aurais pensé voir ça dans une série, surtout américaine. Impossible de savoir ce que le plan ou l’épisode suivant nous réserve, on va de surprise en surprise, mâchoire tombante et yeux écarquillés, ne sachant pas parfois s’il faut rire ou pleurer. Car attention. Beaucoup d’humour et d’auto-dérision dans cette série, mais aussi beaucoup de malaise devant ces filles qui accumulent les erreurs, se cherchent et se font du mal, à elles-mêmes ou mutuellement.

Lena Dunham est évidemment charismatique. Autant ses copines sont jolies et apprêtées (Jenna, jouée par Jemima Kirke (amie d’enfance de Lena Dunham pour de vrai), est totalement magnifique et magnétique et j’adorerais la voir dans d’autres rôles), autant, disais-je, Hannah est fort loin des canons de beauté. Formes rondelettes, coiffure négligée, maquillage aléatoire, garde-robe inappropriée. Autant le commun des mortelles avait du mal à s’identifier à Carry Bradshaw dans Sex in the city, autant Hannah nous tend en permanence un miroir sans concessions et dérangeant. Un épisode en particulier m’a collé une bonne grosse baffe à laquelle je ne m’attendais pas et que je pensais salutaire mais en fait non, n’est pas Hannah Horvarth qui veut.

Totalement en phase avec sa génération, Girls navigue entre SMS, Twitter et Facebook, où s’échangent photos de vacances, sextos cryptiques et coordonnées de géolocalisation quand on a perdu quelqu’un en soirée.

Bref, j’ai adoré et j’attends avec impatience de pouvoir voir la saison 2.

SEXIT. #GIRLSATHON #GIRLS

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5 Commentaires

  1. Mum

    Faudra me prêter ça ! J’en suis restée à « Desperate Housewives ». On dirait qu’y a plus de « wives » mais les filles sont toujours aussi « desperate ».

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