Europavox 2013 – Puggy, Jacques Higelin, Benjamin Biolay, Lilly Wood and the Prick

Je n’avais pas mis les pieds à l’Europavox l’année dernière, aucune des affiches ne m’intéressait. Cette année, Benjamin Biolay faisait partie du casting. J’ai fait le déplacement (et la dépense), parce que je l’apprécie toujours autant mais dans le contexte festival, ça me disait moyennement. Et je l’ai déjà vu deux fois sur la scène de la Coopé.

Bon, déjà, une odeur familière et vaguement désagréable m’a accompagnée sur mon trajet en voiture. OK, je suis allée à l’Europavox avec 50 litres de litière pour chat dans le coffre. Bien ouèj la procrastination. Ensuite, se garer là-bas devient franchement plus problématique chaque année. Sans parler des locaux inadaptés, sur lesquels je reviendrai.

J’ai le souvenir d’une année où le temps était bien pourri, avec un chapiteau inondé et glacial (Peter Von Poehl, Nosfell). Comme quoi, cette année la météo n’est pas si exceptionnelle que ça. Mais bref, les stands à l’extérieur, les concerts gratuits de FAC’tory étaient moyennement attirants vu les températures. Je suis quand même restée écouter St Augustine (maintenant appelé Pain Noir) et les Wendy Darlings, qui nous ont offert une version rock and roll et ébouriffée de « Be my baby » (The Ronettes). Malheureusement c’était la fin de leur set donc j’ai rejoint les rangs du forum Polydome pour voir où la soirée en était. J’ai totalement raté Tomorrow’s World, un groupe anglais. Et comme je n’ai pas eu la curiosité d’écouter avant d’y aller, aucune idée de ce à quoi ça ressemble. Je suis arrivée en plein set de Puggy, groupe belge et formation multinationale. De la pop enlevée et joyeuse, une belle énergie même si ce n’est pas le genre de choses que j’écouterais chez moi. J’ai apprécié le passage rigolo où d’un coup il s’est mis à jouer les Chariots de feu de Vangelis, leur secouant les essieux au passage.

Je ne connais pas l’œuvre de Jacques Higelin. À part peut-être deux ou trois trucs radiophoniques, et encore. J’étais donc curieuse de voir et d’entendre ce pilier de la chanson française. J’ai été perturbée par l’apparence du monsieur, que je n’ai pas l’habitude de voir et dont j’avais gardé des images d’un autre âge dans la tête. Un mix improbable entre Yolande Moreau, Brunot Lochet et Paul McCartney (que des gens biens, tu me diras, mais j’ai de bonnes références). Bref, perturbée. Cette coiffure… Non, j’arrête. Bon bref, musicalement parlant, ce n’est pas mon truc, même si Higelin habite ses chansons avec une belle générosité. Je n’ai aucune idée de s’il écrit/compose lui-même (et je n’ai pas envie de chercher) mais j’ai un peu tiqué sur la fin de certains titres. La musique suspend son vol puis, « l’aaaaaaaaaamouuuuuuuuuuuuuuuur » ou « laaaaaaaaaa viiiiiiiiiiiiiiie » ou « soleiiiiiiiiiiiiil couchaaaaaaaaaaaaaant », reprise de la musique, fin. Très old school cette affaire. Gimmick un poil ringard (pour mes oreilles de gamine de 35 ans). Sinon le bonhomme est très sympa, causant sans être bavard, et il a eu une réaction admirable en rentrant sur scène « oulà, ça résonne ici, dans cette cathédrale de béton ! ». En effet Monsieur Higelin. Merci de souligner que l’acoustique de ce hangar est pourrie au-delà de l’imaginable. Il y a deux ans, j’avais assisté également à des concerts au Polydome, et déjà, j’avais trouvé ça moisi. Moi je dis attention. Ça va finir par se savoir que les conditions sont mauvaises et j’ai bien peur que certains artistes envoient promener, à l’avenir, les organisateurs de l’Europavox. Et ils auraient raison. Cette salle n’est pas conçue pour accueillir des concerts et en faire la scène principale d’un festival qui se veut international (enfin, européen), c’est un peu la lose, ça fait franchement amateur malgré les multiples caméras et les écrans géants. D’autant que la Coopé propose une salle tout à fait adaptée en termes de son, mais dont la capacité d’accueil ne convient pas à un tel événement. C’est bien joli de vouloir grossir chaque année mais si la qualité n’est plus là… On vient écouter de la musique, à la base, pas boire de la bière (enfin je parle pour moi, là). Bref, l’expérience et le franc-parler d’Higelin auront peut-être, je l’espère, suscité une réaction positive de la part des organisateurs. On verra l’an prochain.

Entre les sets, j’essayais d’instagrammer et de tweeter mais c’était laborieux. J’ai pourtant réussi à choper un Wi-Fi (je te dis pas la qualité de la 3G dans cette cathédrale de béton), celui du Polydome (?), relique d’un salon pro, probablement, mais malgré la puissance du signal, pfiou que ça ramait ! Un peu dommage pour un festival qui se veut ultra-connecté. D’ailleurs, j’ai rigolé quand j’ai reçu une alerte à 22h pour me dire que le concert de Biolay commençait dans quinze minutes (appli Europavox). Ça faisait un peu appli Alzheimer. D’autre part, je n’en reviens pas qu’en 2013, à l’heure des smartphones, on nous demande encore, la gueule enfarinée, à l’entrée des salles de concert, si on a un appareil photo. Tout le monde répond non. Alors que 95% (?) des gens seront techniquement en mesure d’en prendre. Qu’on interdise les appareils un peu trop évolués, type reflex, je veux bien, ça évite la revente de photos et la concurrence aux pros accrédités, mais les petits compacts (certains en avaient, ça se planque facilement), je trouve ça con. Avec les réseaux sociaux, c’est dans l’intérêt d’un festival (et des artistes qui y participent), de voir des photos circuler, avec des commentaires de gens qui sont contents d’être là et qui ont envie de partager. Quand je vois certains artistes (et même la Coopé, pour ses 10 ans), demander au public via les réseaux sociaux s’ils ont des photos à partager, j’ai un peu envie de gueuler. Si c’était officiellement autorisé et qu’on nous fliquait pas à l’entrée, j’en prendrais plus et avec la conscience tranquille.

Europavox

Bon et on m’a aussi demandé, en plongeant une main indiscrète dans mon sac à main et en farfouillant de manière indécente dedans, si j’avais du déo ou du parfum. Euh non. Je rentre dans quoi là ? Une salle de concert ou un avion pour les États-Unis ? Par contre, si on pouvait traîner aux Assises les meufs qui s’aspergent de « Angel » et qui me pourrissent les concerts, ce serait bien aimable, bisous.

Benjamin Biolay entre en scène. Set survolté, lumineux, enfumé. Vengeance, A l’origine, Padam, La Superbe, Qu’est-ce que ça peut faire… un mix de titres exaltés et rageurs, piochant dans les derniers albums mais s’arrêtant à Trash Yéyé, l’album qui a commencé à susciter un intérêt de la part du grand public. Rien d’avant. Dommage. Si je peux m’enorgueillir d’un truc, c’est d’avoir toujours défendu le talent de Benjamin Biolay, bien avant qu’il ne devienne bankable. J’aime énormément ses premiers albums, aux textes délicats et mélancoliques, aux mélodies apaisées. J’aime aussi beaucoup le virage qu’il a pris depuis Trash Yéyé mais j’aimerais que sur scène, il nous offre quelques parenthèses poétiques aussi. On en a pris plein les yeux et les oreilles. Un peu trop les yeux à mon goût à cause des lumières stroboscopiques qui m’obligent à fermer les yeux (tiens, serais-je épileptique?) mais mes oreilles se sont délectées. Si je devais mettre un petit bémol, ce serait qu’à part les nouvelles chansons de l’album Vengeance, j’ai eu l’impression de revoir le set d’il y a trois ans pour la sortie de La Superbe. C’est sûr que « Padam » est THE morceau à jouer en live. « J’attendais en vain, que le monde entier m’acclame » (ouaiiiiiiiiiiis!), « qu’il me déclare sa flamme », (ouaiiiiiiiiiis!)… évidemment ça fonctionne à chaque fois. Déçue qu’il n’ait pas live-tweeté, aussi (pas pendant, hein, mais avant ou après).

J’ai attendu le début du set de Lilly Wood and the Prick, histoire de voir de quoi il retournait vu que je ne connais pas. Postée au coin de la scène, j’ai bondi aux premières notes et toutes les personnes autour de moi se sont égaillées dans tous les sens en se tenant les oreilles, le regard fou. Les basses étaient archi-ultra-méga-trop fortes. J’ai tenu trois chansons en me tenant à l’écart des enceintes. Quand j’ai assisté à « this is a love song » répété à l’envi, avec le public qui faisait des cœurs avec ses doigts, j’ai jugé que c’était plus que je pouvais en supporter. Hop, au bercail, tisane « Bonne nuit », dodo.

Je vais me replonger dans mes billets de blog d’antan et ma collection de tickets de concert pour faire une petite rétrospective de ce festival que je suis depuis le début. Les têtes d’affiches m’attirent de moins en moins, et cette salle catastrophique me fait douter de ma participation aux prochaines éditions. Bref, c’était mieux avant. Ou alors je deviens une vieille ronchon.

5 Commentaires

  1. Mum

    Je te le fais pas dire !

  2. Mathieu

    Le billet aurait été plus court pour dire ce que tu as aimé :-) Pour le live-tweet de Biolay je suis pas certain qu’il soit sur Twitter et que les comptes existants ne soient pas usurpés.

    • @Mathieu : oui les festivals avec plusieurs artistes qu’on n’a pas « choisis », c’est courir le risque de passer une longue et presque mauvaise soirée…Mais je crois qu’on est d’accord sur pas mal de mes points négatifs ;)
      Pour le compte de Biolay, s’il est faux, c’est rudement bien imité… il est certifié et pour ce que je vois passer depuis des semaines, contenus, horaires de tweets, etc… faudrait que ce soit le travail d’un sacré psychopathe…

  3. Pingback: Rétrospective Europavox – 2006 ~ 2013 | The magic orange plastic bird said...

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