The Bling Ring

theblingringVoilà maintenant quelques semaines que ce film est sorti en salles. Je n’étais pas encore allée le voir malgré mon amour pour Sofia Coppola car j’avais entendu de mauvaises critiques. Ça m’apprendra à écouter les médisants, et à faire confiance à celle qui a réalisé my favorite film ever, Lost in translation.

The Bling Ring c’est le nom qui a été donné à un groupe de jeunes à Los Angeles, après les multiples cambriolages effectués au domicile des plus grandes stars du moment. C’est une histoire vraie. Difficile à croire mais vraie. Des jeunes filles et garçons de très bonnes familles, vivant dans des maisons cossues, sortant dans les endroits les plus en vue de la côte et y croisant Paris Hilton ou Kirsten Dunst. Ces gamins passent leur vie sur les réseaux sociaux, se passionnent pour la mode, les magazines féminins et les tabloïds, et c’est sous l’impulsion de Rebecca qu’ils vont petit à petit se lancer dans les cambriolages en série dans les maisons de stars. Comment s’y prennent-ils ? Le plus facilement du monde, au point que c’en est incroyable. Les journaux les informent de la présence d’une star dans un lieu éloigné de son domicile, Google les informe de l’adresse de la dite star, leur offre les photos satellite du lieu et bim ! Il n’y a plus qu’à s’y rendre, ouvrir une fenêtre pas fermée ou prendre la clé sous le paillasson. Une fois sur place, ce qui intéresse la bande, ce sont les sacs à main, les chaussures, les fringues… alors ils se servent, ils prennent et s’en vont après quelques rigolades sur les canapés de Paris Hilton. D’ailleurs, celle-ci ne se rendra même pas compte tout de suite des larcins (car ils y sont retournés de nombreuses fois). Vu l’état de son dressing, rien d’étonnant. Sofia Coppola a eu l’autorisation de tourner dans sa vraie maison et c’est une véritable caverne d’Ali Baba. Qu’il lui manque une rivière de diamants, cinq sacs, trois paires de lunettes et dix robes… que veux-tu qu’elle remarque ?

Au départ, la bande se sert pour ses propres besoins, et n’hésite pas à accumuler les selfies avec les vêtements et accessoires appartenant aux stars. Tout finit sur Facebook, duckface de rigueur. Après ils commencent à revendre et posent avec des liasses de billets entre lesblingring mains. Tout ce qui les préoccupe, c’est de ne pas se faire choper sur place. Après… peu leur importe. Jusqu’au jour où la police débarque chez tout ce petit monde, fin des réjouissances, procès et prison. Mais tout ce qui les intéresse, c’est le nombre de leurs nouveaux amis Facebook et la réaction des stars cambriolées.

On a reproché à Sofia Coppola d’avoir brossé un tableau complaisant, esthétisant de cette affaire et de n’en avoir rien tiré. De magnifiques jeunes filles et garçons, du brand-dropping à tout bout de champ, aucun contrepoint, juste les faits tels qu’ils ont été relatés dans les médias, et évidemment, une réalisation à la Sofia Coppola, chevelures blondes au vent, grain de peau parfait, jeunesse insolente, reflets du soleil, flous artistiques… Et pourtant. C’est mal connaître Sofia Coppola, dont le style devient de plus en plus subtil. Ses intentions sont toujours les mêmes finalement. L’ennui observé à la loupe, l’ennui maladie de société, de la belle société, et ses manifestations étranges. La jeunesse aussi. Scarlett Johansson s’emmerdait au Japon (Lost in translation), Marie-Antoinette dilapidait l’argent public (oui enfin tu vois ce que je veux dire) en divertissements divers et variés, Stephen Dorff tournait en rond dans une chambre d’hôtel (Somewhere)… j’aime énormément cette thématique récurrente, couplée à une réalisation léchée et très cinématographique.

L’ennui de la jeunesse dorée de Los Angeles est fascinant. Ils ont déjà tout et ils veulent plus. Ils veulent leur photo partout, ils veulent qu’on les voit, qu’on les reconnaisse. Ce n’est pas tant les vêtements et accessoires qui les intéresse que le fait de les exhiber sur les réseaux sociaux. Et ça les perdra.

Un casting intéressant vient servir cette adaptation de fait divers. Seule tête d’affiche reconnaissable, Emma Watson dans un rôle aux antipodes de la Hermione Granger intello d’Harry Potter. Elle a bien grandi et sa beauté froide hypnotise. Pour le reste, un casting d’inconnus qui apportent une fraîcheur supplémentaire à la réalisation. Un tremplin j’espère pour certains visages que j’ai envie de revoir ailleurs (Katie Chang, Israel Broussard).

On connaît l’attention portée par Sofia Coppola à la musique de ses films. The Bling Ring n’y échappe pas, tout est judicieusement choisi mais malheureusement pour moi on y trouve beaucoup de hip-hop et vous devez savoir que ce n’est pas du tout ma chope de Kro. On trouve toutefois un microscopique bout de « Bankrupt » (faut vraiment connaître le morceau pour le repérer) de Phoenix. La belle aura donc une fois de plus réussi à caser son Phoenix français de mari, je ne vais pas m’en plaindre.

Pour apprécier pleinement ce film, je pense qu’il faut le repositionner dans la (courte) filmographie de Sofia Coppola. Sinon, oui, il y a de fortes chances pour qu’on n’y voit qu’une bande de jeunes crétins fortunés et superficiels filmés comme des héros des temps modernes via un filtre Instagram.

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