La Culotte

De Jean Anouilh je n’ai lu qu’Antigone et ce, voilà bien longtemps. La femme qui résiste, qui se rebelle, qui se bat, qui se refuse à la moindre concession… un beau portrait modernisé de cette héroïne de tragédie grecque.

20140119_144939Cette « Culotte » était donc prometteuse. Direction la Maison de l’Oradou à Clermont !

La société a bien changé… les femmes ont pris le pouvoir et plus rien n’est comme avant. Mais avant c’était comment ? Avant les hommes décidaient de tout et surtout, ils pouvaient coucher tranquille avec la bonne. Enfin du moins, ils ne risquaient pas grand-chose. Maintenant c’est un peu différent. Condamnés à être ligotés par leur épouse dans leur propre maison, ils attendent leur procès, puis leur sentence… qui n’est autre que l’émasculation.

L’interprétation par la troupe du Service Université Culture (Université Blaise Pascal), Les Tréteaux du Cabot Teint, est excellente. La mise en scène est bien pensée, les personnages bien travaillés.

J’ai toutefois trouvé le texte trop long, et un peu daté (et la pièce, du même coup).

L’épouse trompée conserve son mari afin qu’il continue de faire bouillir la marmite (il est journaliste au Figaro), et l’oblige chaque jour à une séance d’auto-critique. À se demander lequel des deux est le plus pathétique.

La bonne embauchée pour s’occuper du mari ligoté est aussi gourde que frivole. Le valet La Ficelle est à mon sens le personnage le plus intéressant : résigné, mais pas dupe.

On aperçoit le mari ligoté derrière le mannequin...

On aperçoit le mari ligoté derrière le mannequin…

Bref, j’ai eu du mal à rentrer dans cette fable dont la conclusion est que finalement, les hommes resteront d’incorrigibles obsédés sexuels et les femmes des gourdes intéressées (et faciles).

Il y a eu malgré tout des séquences plutôt drôles, notamment pendant le procès avec une juge barbue (qui m’a rappelé ma première séance d’Improvergne avec Jérémie en juge mi-homme mi-femme). Quand au mari volage… j’ignorais que dès le lendemain j’allais le retrouver dans un tout autre rôle (teasing de ouf…).

Le jury du procès, omniprésent pendant toute la pièce

Le jury du procès, omniprésent pendant toute la pièce

Cette pièce trouve bien entendu un écho particulier dans l’actualité du moment. Les Femen, les « débats » sur l’avortement, les coucheries présidentielles… plus ça change plus c’est pareil.

La pièce sera jouée de nouveau le 22 février 2014 à Saint-Gervais-d’Auvergne.

http://culture.clermont-universite.fr/La-Culotte-de-Jean-Anouilh,246

Un commentaire

  1. Pingback: Au banquet de Marianne – le Wakan théâtre | The magic orange plastic bird said...

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