Le plateau, exposition de Bertrand Meunier à l’hôtel Fontfreyde

20140125_183755La nouvelle exposition de l’hôtel Fontfreyde est consacrée à Bertrand Meunier, photographe accueilli en résidence à Clermont-Ferrand. Difficile de passer après l’extraordinaire expo historique « La volonté du bonheur » mais qu’importe. Les photos de Bertrand Meunier auront, tôt ou tard, valeur de témoignage sur une époque, une ville, un quartier. Le quartier Saint-Jacques de Clermont-Ferrand. Mauvaise réputation, faits divers, chômage, immeubles… la fameuse « muraille de Chine ». Bertrand Meunier s’est plongé dans ce quartier et a rencontré ses habitants pour en extraire des portraits et des histoires. Aller au-delà des idées reçues, prouver qu’il n’y a pas de malédiction et qu’on peut forcer le destin… voilà ce qui ressort de ces visages fermés, qui s’illuminent tout à coup dans la vidéo projetée au deuxième étage.

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Une exposition comme celle-ci, à quelques mois, voire semaines d’une échéance électorale… vous voyez ce que je veux dire. Mais au-delà de la propagande, je veux malgré tout y voir une sincérité et une volonté de voir, pour une fois, ce qui est beau et positif dans tout ça. Du malheur et de la négativité, on en bouffe un peu trop à mon goût ces derniers temps, même si c’est une réalité. Alors quand ce jeune homme, cheveux dressés sur la tête, explique tranquillement que l’école c’était pas son truc, mais qu’il a quand même fait une formation pro, qui l’a mené chez Michelin, afin de subvenir aux besoins de sa copine (de 17 ans) et de l’enfant à venir ; quand il explique qu’ils ont décidé de ne pas lui donner de religion tout de suite afin qu’il choisisse plus tard, et de le prénommer Mehdi-Lorenzo pour ne froisser personne… ben ça compense le ramassis d’horreur qu’on a pu voir aux informations récemment. Laissons de la place à l’enthousiasme, la bienveillance et à l’espoir, merde !

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Artistiquement parlant, j’ai aimé les portraits, noir et blanc, profonds. J’ai moins aimé les photos d’architecture. Toutefois, certains clichés m’ont interpellée. De près, je les trouvais quelconques et glauque. De loin, ils révélaient une composition graphique toute autre, parfois trompeuse. Et les témoignages de la vidéo sont aussi émouvants que réjouissants. Des parcours chaotiques, des destinées bringuebalantes, mais de l’envie, de l’humour, de l’espoir et de la réussite. Bertrand Meunier questionne la ville, son découpage, ses barrières sociales, ses barres d’immeubles et en ressort avec de l’humain à l’état brut et à l’état pur.

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Le dernier étage n’est pas consacré à la résidence de Bertrand Meunier à Clermont-Ferrand mais à des photos similaires, portraits et architecture, pris dans d’autres régions.

L’exposition est à voir à l’hôtel Fontfreyde jusqu’au 10 mai 2014. Gratuit bien sûr. 

6 Commentaires

  1. jdo

    J’étais plus cynique que ça en sortant de l’expo, mais ton article est parvenu à adoucir mon jugement. Tu as tout à fait raison, on vit suffisamment dans une période de tristus pour ne pas en rajouter dans l’amertume.

    Ces jeunes projetés en vidéo, même s’ils étaient vraisemblablement castés « positive attitude », étaient touchants. Le papa de Mehdi-Lorenzo a bien fait rire la salle quand il est apparu à l’écran avec sa coupe de cheveux impayable et son pseudo-air rebelle, mais il avait un sourire d’ange, et était carrément émouvant lorsqu’il parlait de ses projets avec sa chérie et leur future progéniture. On a tous besoin d’espoir et d’envie en ce moment, et que cela vienne de quartiers abandonnés par beaucoup fait chaud au coeur. Rien que pour ça, merci pour cet article qui remet les pendules à l’heure !

    • @jdo : pour l’anecdote, je me suis souvenue d’une soirée où j’étais invitée par un ancien collègue, à Saint-Jacques donc. J’avais été stupéfaite par le fait qu’il insiste pour venir m’accueillir au pied de l’immeuble, et me raccompagne à ma voiture en repartant. A mots couverts… il ne valait mieux pas à ses yeux qu’une demoiselle de 25 ans se promène seule sur les parkings le soir. Bonjour la réputation. Je ne sais pas si c’est toujours comme ça…

  2. Marie -F

    Saint-Jacques a beaucoup changé, d après les témoignages de personnes que j ai connues et qui y sont restées depuis les années 90. J’y ai vécu 20 ans, de 1961 à 1981, à l époque c était très calme, à peine quelques tirages de cheveux avec les bandes d Herbet ou du  » cimetière st-jacques), les riverains ne se faisaient jamais agresser.

    Les soirs d été, les jeunes restaient jusqu’à très tard dans les halls d entrée, il fallait déjà se frayer un passage dans les escaliers, mais c était que de la frime. Jamais d agressions, ni d insultes et pourtant déjà le quartier avait mauvaise réputation, collégiennes et lycéennes à Clermont Centre hésitaient à dire au elles habitaient la Muraille de Chine, nous n’arrivions pas à nous débarrasser de cette image négative que les autres ados avaient de notre quartier. Alors maintenant on me parle de bus et de voitures qui brûlent, de commerçant et de médecins urgentistes qui sont obligés de quitter les lieux, d’automobilistes ou d usagers du tram qui se font racketter…. Si tout cela est vrai, je plains beaucoup les anciens locataires qui sont obliger de rester par manque de moyens financiers. N e pourrait-on pas regarder un peu cette vingtaine de jeunes afin que ce quartier puisse revivre normalement ?

    • @Marie-F : merci pour ce témoignage. Les « cités », comme partout en France, sont devenues les points de cristallisation de tous les problèmes de notre société. Il faut briser ce cercle vicieux qui consiste à regarder de travers leurs habitants, qui du coup réagissent avec défiance et agressivité. Toutefois, c’est souvent le fait d’une petite minorité alors que le plus grand nombre souhaite avoir la paix. Cette expo était résolument optimiste et si certains jeunes (présents lors du vernissage) ont pu redonner un peu de fierté à ce quartier, c’est tant mieux. Maintenant… le contexte économique actuel ne fait rien pour arranger les choses malheureusement.

  3. Marie -F

    Oups’ je plains beaucoup les anciens locataires qui sont obligés de rester par manque de moyens financiers. N e pourrait-on pas recadrer un peu cette vingtaine de jeunes afin que ce quartier puisse revivre normalement ?

  4. Marie -F

    Oui je parle bien d une minorité, je sais que la majorité des jeunes n aspire comme moi à leur âge qu’à ce sortir du chômage et de la pauvreté !

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