Under the skin

Grand moment de solitude devant ma page blanche.

Que dire de ce film ?

C’est l’histoire d’une femme, nue, qui revêt les habits d’une femme morte et qui part sur les routes à bord d’une fourgonnette, à la recherche d’hommes à séduire. Dès qu’ils sont ferrés, elle les emmène dans une vieille maison bien dégueu où, une fois nus, ils se noient sans se débattre dans un liquide noir avant d’avoir pu faire quoi que ce soit avec la magnifique femme. Cette dernière va un jour en avoir un peu marre et tenter d’avoir une véritable relation avec un homme. Sauf que cela ne lui est pas permis.

under-the-skinÇa c’est le résumé si vous allez voir le film avant d’avoir lu quoi que ce soit comme critiques. Le point de départ c’est que cette femme est une extraterrestre. Ce qui est loin d’être évident à comprendre lors des premières minutes du film. Ce qui est encore moins compréhensible c’est ce type, ce motard qui semble veiller sur cette femme, en effaçant toute trace de ses éventuelles bêtises.  Bref, pour le pitch, va falloir vous contenter de ça parce que très honnêtement, c’est opaque comme ce liquide noir qui engloutit les hommes. Alors bien sûr… on peut du coup laisser libre cours à toutes les interprétations possibles, freudiennes ou pas. La femme qui séduit ses proies et les élimine sans les avoir consommées, l’incapacité physique de cette femme à avoir une relation charnelle avec l’homme qu’elle aime,  et cet homme de l’ombre qui tire les ficelles et qu’elle ne cherche pas à séduire… je vous laisse vous débrouiller avec ça. Je pourrais en rajouter avec la toute fin mais ce serait tomber dans le spoiler. Juste quelques indices : la souillure, le double-je, le feu, la punition… On me souffle à l’oreillette que le film est très différent du livre dont il est tiré      (de Michel Faber), que ce dernier est beaucoup plus concret et que le film en est une interprétation assez libre, voire onirique. Je fais confiance, n’ayant pas l’intention de me plonger dans ce roman.

Du point de vue de la réalisation, par Jonathan Glazer (rien vu de lui auparavant), j’admets que c’est particulièrement bien filmé. Beaucoup de plans fixes, de gros plans… une exploration sensorielle intense qui oscille entre vulgarité crasse, météo déprimante (l’Ecosse, sous un jour fort peu touristique), et l’univers de cette extraterrestre très belle, au corps de rêve et dotée d’une certaine forme de pureté. J’apprends grâce à Allociné que les pauvres passants abordés par la belle (et toujours excellente) Scarlett étaient de vrais passants, ce qui me fait froid dans le dos quand je repense au dernier d’entre eux, au physique particulièrement repoussant. Je me demande encore s’il s’agit d’un vrai bonhomme défiguré ou d’un acteur parfaitement grimé. Au final, l’ambiance de ce film est troublante, parfois jusqu’à la nausée. La musique est à l’avenant, oppressante au possible, minimaliste, allant jusqu’à reproduire ce que j’ai perçu comme des respirations.

Je suis à ce jour incapable de dire si j’ai aimé ce film ou pas. C’est toujours extrêmement frustrant de ressortir d’une séance avec l’impression que le film nous a échappé. Néanmoins, les sensations restent imprimées longtemps après, preuve irréfutable que le cinéma est un grand pourvoyeur d’émotions, quelles qu’elles soient.

Par ailleurs, je trouve l’affiche absolument magnifique.

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Un commentaire

  1. Pingback: J’ai testé pour vous… la bibliothèque numérique de Clermont Communauté | The magic orange plastic bird said...

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