Le rôle de ma vie (Wish I was here)

Zach Braff, réalisateur, producteur, scénariste et acteur de ce film l’a financé sur Kickstarter. J’ignore de la poche de qui sont sortis les trois millions de dollars en 48h mais ça permet de faire à peu près ce que l’on veut avec.

Zach Braff, c’est celui qui a fait la série « Scrubs », série un peu déjantée dans le milieu hospitalier, que j’ai regardée deux ou trois fois avec plaisir mais sans réussir à m’y tenir. Je devrais peut-être retenter le coup. Zach Braff c’est aussi celui qui a fait « Garden state », un long métrage un peu barré, très sensible et drôle, dans lequel il tient évidemment le premier rôle aux côtés de la délicieuse Natalie Portman. Comme j’aime beaucoup Garden State, j’attendais beaucoup de ce « Wish I was here » (pardon mais le titre français est top naze !).

le_role_de_ma_vieAidan Bloom est un jeune père de famille qui a du mal à se faire un nom dans les studios de Los Angeles. Il court les castings en vain tandis que sa charmante épouse Sarah fait bouillir la marmite pour leurs deux enfants. Le grand-père, quant à lui, subvient aux frais de scolarité exorbitants de l’école privée juive dans laquelle les enfants sont inscrits. Jusqu’au jour où le grand-père coupe les vivres. Pour une bonne raison : il est très malade et doit payer ses frais médicaux. C’est parti pour les dominos ! Les enfants sont retirés de l’école, le frère de Aidan se voit contraint de sortir de sa caravane d’otaku, Sarah rue dans les brancards à son boulot, Grace la fille pète un câble et se rase la tête en signe de protestation… bref, tout bascule. Ce grand-père mourant va bien malgré lui réinjecter de la vie et de l’espoir dans cette famille crispée sur ses rancœurs et ses échecs.

Bon alors ce film tombe mal, vu l’actualité, puisque la religion juive et ses représentants sont omniprésents du début à la fin. Elle en prend gravement pour son grade et on se prend à penser « ai-je bien le droit de rire à cette vanne irrévérencieuse ? ». Oui. On s’en fout. Mais malgré tout je trouve cette surexposition de la religion un peu trop importante à mon goût. Bref. Ce qui importe dans ce film ce sont les liens familiaux qui se resserrent autour de cet homme mourant. Ce sont les petits riens de la vie qui prennent soudainement une importance capitale. Les rêves, les couchers de soleil, les chamallows qu’on fait rôtir dans le feu, la bière qu’on boit devant l’océan avec l’être aimé, le surf qu’on enfourche après l’avoir délaissé des années… Ce que Zach Braff veut nous démontrer, c’est que la vie et sa beauté ne prennent pleinement leur envergure que dans la perspective du malheur et de notre condition de simples mortels. On pourra trouver la démonstration cucul et convenue mais Zach Braff sait jouer admirablement de notre corde sensible. « Wish I was here » est un film lacrymal autant qu’enthousiasmant. On rit, on pleure, et c’est ça qui est bon.

Veuillez noter le casting excellent, ainsi qu’une B.O de toute beauté, comme Zach Braff sait les faire. On commence avec rien de moins que « Broke window » de Gary Jules, une tuerie, puis avec entre autres du Bon Iver et un morceau inédit spécialement composé pour l’occasion, « Heavenly father », ainsi que l’extraordinaire « Holocene ».

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