Nous, les enfants de 1978

1978

Voilà le genre de livre-gadget qui plombe bien le moral ! Isabelle Bryskier, elle-même née en 1978, nous plonge dans nos 18 premières années, en s’appuyant à la fois sur des souvenirs qu’on devine personnels, mais aussi sur les faits historiques importants qui ont jalonné toutes ces années.

Ce qui frappe bien sûr c’est ce petit effet miroir, cette impression qu’on a tous vécu la même chose, au même moment. Mais lorsqu’on regarde ses photos de famille, qu’elle a utilisées pour illustrer les chapitres, on se rend compte qu’elle était issue d’une famille aisée, de la classe moyenne tout au pire. Nombreux cadeaux sous le sapin, vacances à la mer… on est en droit de penser que peut-être tous les enfants ayant grandi à cette période n’ont pas les mêmes souvenirs, et encore moins les mêmes photos. Mais bref. En ce qui me concerne, on est en plein dedans.

Évidemment les premières années… on ne se souvient pas de grand-chose. Les premières pages nous replongent dans une actualité historique et médiatique de laquelle on se sent un peu détaché, tout occupés à baver et tituber que nous étions dans nos pattes d’eph’, nos cagoules et nos K-Way. Ça se corse vers les 7 ou 8 ans, lorsque les souvenirs sont plus précis, qu’on commence à parler École des fans et Chantal Goya, Kiki et Lego. Là, ça parle. Quand on évoque Sabine Paturel et ses « Bêtises », je ne peux m’empêcher de la revoir, l’autre soir, dans une émission de Patrick Sébastien, vieille et ridicule, pathétique, coincée pour l’éternité en 1985.

Et l’adolescence… bien sûr ce sont les souvenirs les plus forts. Nirvana, les jeans déchirés, les corres’ anglais ou allemands, R.E.M, le brevet, le SIDA et les capotes distribuées à l’école, Lovin’Fun et Doc et Difool, les clopes, X-Files, les attentats de 1995…

souvenirs

Et puis ces souvenirs qui ne me concernent pas, les bouquins que je n’ai pas lus, les jouets que je n’ai jamais eus, les vacances à la campagne chez les grands-parents (ils étaient sur place dans mon cas), les premiers fast-food (y en avait pas, je crois que j’ai mangé chez MacDo pour la première fois à 20 ans).

Ce qui fait le charme des ces petits bouquins, ce sont les photos surtout. On n’en prenait évidemment pas autant qu’aujourd’hui. Des morceaux choisis, des grands jours, des poses étudiées. Je me demande si les générations nées dans les années 2010 auront des souvenirs communs aussi « ramassés ». Je veux dire qu’aujourd’hui, tout n’est que profusion et rapidité. Ces petits bracelets à confectionner avec des élastiques n’auront duré que quelques mois. Qui s’en souviendra, dans 30 ans ? Et les photos ? Des kyrielles de selfies, la bouche en cul de poule ? Est-ce que les trentenaires se presseront dans les boîtes de nuit pour voir chanter… euh chanter qui au fait ? Qui est la Chantal Goya des années 2010 ?

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