Random – Abdelkader Benchamma au FRAC Auvergne

C’est votre dernière chance. La toute dernière semaine pour aller voir cette exposition atypique dans les murs du FRAC Auvergne.

Je sais, c’est ma faute, je ne vous en ai pas parlé avant. Pourtant elle m’a beaucoup plu, cette exposition, la personnalité d’Abdelkader Benchamma également.

Radieux, Abdelkader, le soir du vernissage !

Radieux, Abdelkader, le soir du vernissage !

La première fois que je l’ai vu c’était aux Ambiances. La seconde au vernissage. Dans le cadre de l’expo, on lui a offert une carte blanche et il a sélectionné plusieurs films  qui lui tenaient à coeur et qui étaient sans aucun doute des marqueurs incontournables de son inspiration. Pour débuter cette sélection il a choisi « 2001: A space odyssey ». Ce qui mérite d’ouvrir une parenthèse. Ce film sorti en 1968, soit 10 ans avant ma naissance, je ne l’ai vu QUE sur grand écran. Et je ne l’envisage que comme ça, ne me demande surtout pas de le regarder à la télé. Une première fois à Guéret (!!), au Sénéchal, à l’occasion d’une fête du cinéma (1998 pour les 30 ans ??) où l’équipe avait fait une VRAIE fête du ciné à base de sélection des meilleurs films de l’année et de quelques vieilleries incontournables. Une deuxième fois au Capitole à Clermont, il y a quelques années lors d’une rétrospective Kubrick. Et la troisième aux Ambiances, donc, grâce à Abdelkader Benchamma. Ce qui devrait me suffire pour faire une déclaration d’amour aux cinémas qui prennent la peine de réfléchir à leur programmation et d’offrir au public un vrai parti pris culturel au lieu de diffuser mollement les blockbusters du moment en se trémoussant au son du tiroir-caisse. Bien. Parenthèse fermée ! Donc ce soir-là, aux Ambiances, Abdelkader Benchamma nous a confié son coup de foudre, enfant, pour ce film qui aujourd’hui encore fait référence dans le domaine de la science-fiction mais qui reste pour beaucoup une énigme insoluble. Je ne vais pas m’amuser à chercher des points communs dans les oeuvres de Benchamma et celle de Kubrick mais simplement, Benchamma nous offre, dans Random, un voyage interstellaire et onirique de toute beauté, tout en nous interrogeant sur ce qui relève de la réalité et sur ce qui relève de nos fantasmes et de nos croyances. Benchamma c’est un peu l’art de la mise en scène. Cette oeuvre visible depuis l’extérieur du FRAC ressemble à un décor de théâtre, celle du premier étage nous masque la porte de la salle suivante, et que dire de ces gravures de Gustave Doré qu’il a modifiées de manière imperceptible lorsqu’on ne connaît pas les originales. La visite guidée du dimanche au FRAC m’a permis d’y voir plus clair. Dans ce Paradis perdu, les anges se meuvent grâce à des cordages et des poulies, les personnages deviennent des éléments de mise en scène dans un décor de carton-pâte et si l’on peut y voir un humour malicieux de la part de l’artiste, les choses sont un peu différentes dans la pièce d’à côté. Parti d’une photographie de journal du début des années 1940, Abdelkader Benchamma a poussé le cynisme jusqu’à retoucher la scène au-delà du cadre. Cette photo de projecteurs braqués au-dessus de Los Angeles sur un avion japonais que personne n’a finalement vraiment vu a été opportunément retouchée avant publication dans la presse pour donner corps à cet aéronef. Déjà. On n’a rien inventé. Alors puisque tout est permis, l’artiste a débordé sur les murs. Tiens on va mettre des montagnes, quelques nuages supplémentaires… Quitte à faire dans la mise en scène autant exploiter tout l’espace disponible. Et chez Benchamma l’espace disponible c’est les murs. Oh il y a bien des oeuvres encadrées et sous verre, dans cette exposition, mais ce qui frappe surtout ce sont les oeuvres éphémères. Il a dessiné sur les murs. Il a fait rajouter des cloisons, qu’il a rabotées grossièrement. Il a créé des faux murs sur des dessins et des vrais murs qui  ne servent à rien et sur lesquels il a dessiné. Abdeldaker Benchamma c’est la symphonie du noir, du gris, du blanc, et de la nuance. Du fusain, donc, avec tout ce qu’il permet de nuances de gris, mais aussi de l’encre de Chine, opaque, veloutée, profonde. Pour prendre la véritable mesure du travail réalisé, il faut véritablement coller son nez au mur, pour y déceler les coups de crayons, les retouches au Blanco, les rabotages et les ratés. Et partout, ces trous noirs. Perdus au milieu des brumes de fusain, des passages mystérieux nous rappellent que nous sommes en terrain multiple, perdu au milieu des strates et des explosions de matière, dont les traces sont encore visibles sur les plinthes, recouvertes de poussière d’étoile ou de fusain, on ne sait plus très bien. Le livre « Random », co-édité par le FRAC Auvergne, présente les planches exposées dans la grande salle du premier étage. Lecture linéaire ou aléatoire, c’est une histoire infinie qu’il nous conte, d’un univers tourmenté et explosif.

Les planches de "Random"

Les planches de « Random »

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Jusqu’au 20 septembre 2015 au FRAC Auvergne

Gratuit

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