Pierre Gonnord // Expo au FRAC Auvergne

Je ne vais jamais au stade Marcel-Michelin, je regarde rarement les matches de rugby à la télé, je ne connais le nom que de quelques joueurs de cette équipe qui se positionne parmi les meilleures du monde, à savoir l’ASM Clermont-Auvergne. Et pourtant, c’est au FRAC Auvergne que j’aurais vu certains joueurs de plus près, à la fois en chair et en os – lors du vernissage – mais surtout en photo. Je pourrais compter les poils de leur barbe, un à un, suivre du doigt le sillon des rides que l’effort du match a creusé sur leur front, soutenir leur regard sans risquer un plaquage, contempler leurs oreilles pétries par les mêlées, et pour un peu, en fermant les yeux, je pourrais presque sentir l’odeur âcre de la sueur, de l’herbe collée au cou de Rougerie, entendre le sifflet de l’arbitre, les cris des supporters et la voix exaltée du speaker grésillant dans les hauts-parleurs. Presque. Tout ça, grâce au talent de Pierre Gonnord.

Ce photographe français a été sollicité par le FRAC pour tirer le portrait à cette équipe et la faire entrer au musée. Pierre Gonnord excelle dans l’art d’extraire d’un visage son humanité la plus profonde, la plus crue, la plus triviale, la plus exclusive, et lui faire accéder à un statut d’icône, picturale, d’incarnation d’une communauté, d’une histoire, un peu parallèle, peut-être menacée, sûrement même. Menacés les joueurs de l’ASM ? Non, mais je n’oublie pas les autres portraits exposés au FRAC, gitans ou mineurs espagnols, bien moins habitués aux flashs des appareils que ne le sont les rugbymen, mais à la sincérité fulgurante, au regard pénétrant et intimidant.

Et sans juste milieu, Pierre Gonnord s’éloigne parfois du portrait intime pour prendre de la hauteur et saisir les hommes dans leurs activités de tous les jours. C’est le cas pour les paysages du Guadiana, où des formes humaines à peine perceptibles font de la figuration dans une nature qui occupe tout l’espace. Comme pour les portraits, la photo ici se fait tableau, peinture ultra-réaliste d’une réalité romanesque. 

Je vous invite à regarder le reportage d’Atalante Productions, qui a suivi Pierre Gonnord dans son travail avec l’ASM. Vous comprendrez ainsi que chaque portrait est une rencontre, un échange, une discussion sans fin comme avec Monsieur Chevallier, un (très) ancien de l’ASM, dont la malice du regard et du sourire sur son portrait est si fidèle à la réalité (il était là le soir de l’inauguration, parfaitement ravi et… malicieux).

EXPOSITION PIERRE GONNORD FRAC AUVERGNE from ATALANTE PRODUCTIONS on Vimeo.

Pierre Gonnord – du 14 janvier au 7 mai 2017 (prolongée) // Entrée libre

Deux portraits sont également visibles à l’ASM Experience (dont je vous ai déjà parlé) jusqu’au mois d’avril.

La plupart des photos ci-dessous sont signées du photographe Ludovic Combe (inutile de vous infliger mes photos floues puisqu’on m’a gentiment fait passer celles-ci).

gonnord1

Crédit photo moi-même

gonord-visite-014

Ludovic Combe

gonord-verni-034

Ludovic Combe

gonord-verni-038

Ludovic Combe

gonnord2

Crédit photo moi-même

gonord-visite-008

Ludovic Combe

gonord-visite-005

Ludovic Combe

T'as un truc à rajouter ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :