La traversée du Mozambique par temps calme

La-traversee-du-Mozambique-par-temps-calmeJ’ai découvert Patrice Pluyette l’an passé avec son dernier roman, La vallée des dix mille fumées, dont une partie de l’histoire de déroule en Auvergne. Ce récit de voyage, cette traversée de la France en guide d’entraînement pour un hypothétique futur périple en Alaska est finalement une sorte de continuité à La traversée du Mozambique par temps calme, publié 10 ans plus tôt, en 2008. 

Belalcazar est un explorateur de 70 ans, plein de vigueur, portant le deuil lointain de son épouse, et obsédé par Païtiti, une ville cachée dans la jungle amazonienne et qui renfermerait de grandes quantités d’or. Après de précédentes expéditions ratées, Belalcazar prend de nouveau le départ mais cette fois-ci avec un équipage. Negook et Hug-Gluq, deux frères au passé tourmenté, feront office de matelots, Fontaine sera la cuisinière, Malebosse sera une énigmatique compagne de voyage. D’autres personnages tout aussi singuliers viendront apporter leur contribution à ce périple incroyable à travers les mers et la jungle, avant le dénouement final, prévisible et hautement métaphorique. 

Comme pour La vallée des dix mille fumées, difficile de résumer ce roman car là encore il s’agit d’un récit plus poétique, onirique, que d’un récit d’aventure à proprement parler. Il faut laisser de côté toute construction rationnelle, toute velléité de cohérence narrative, et se laisser porter par le bateau et par les mots de Patrice Pluyette qui sont une aventure à eux tout seuls. Patrice Pluyette écrit, outre des romans, des recueils de poésie et celle-ci est la trame de ces récits d’aventure que sont ceux de Monsieur Henri ou de Belalcazar. On sent que ce sont souvent les mots et les situations rocambolesques qui guident la narration plus qu’un “scénario” : Patrice Pluyette s’amuse de tout, divague, tire avec malice les fils des métaphores, interpelle le lecteur, fait entrer ou sortir des personnages comme bon lui semble, et on a parfois l’impression de changer de “monde” comme dans un jeu vidéo, à savoir sans transition. 

J’ai préféré l’histoire de Monsieur Henri à celle de Belalcazar, car plus sensible, plus en écho avec ma propre vision de l’aventure humaine. Peut-être que Monsieur Henri EST Belalcazar. Après tout on ne sait rien de la vie de Monsieur Henri avant son accident. Mais cette traversée du Mozambique par temps calme est un beau voyage, drôle et rafraîchissant. 

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“On devrait tous renaître au milieu de la vie, car rien ne s’use, c’est le regard qui change”

“En vérité, la situation n’offre pas d’échappatoire ; le sort de nos aventuriers est lié au bon vouloir de cette bête affamée qui n’attendra pas éternellement que la viande soit cuite ; il est probable que notre histoire s’arrête dans trois pages sans plus de personnages à notre charge que cette bête dont nous ne saurions à elle seule tirer une histoire en rapport avec le sujet de la nôtre sans ennuyer le lecteur.”

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