La vérité

lavéritéJ’ai bien failli passer complètement à côté de ce dernier film de Kore Eda, dont je vais voir tous les films au cinéma. L’une des raisons étant que très exceptionnellement, l’intrigue se passe à Paris et qu’il a été tourné en français (et anglais) avec une grande majorité de comédiens français (une autre raison étant que je regarde peu l’actu ciné en ce moment, donc merci France Inter pour l’émission avec Juliette Binoche). Bref, un Kore Eda que j’étais très curieuse de voir, d’autant que le casting est de haute volée : Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Ludivine Sagnier, Ethan Hawke… 

Fabienne (Catherine Deneuve) est une comédienne française très connue et en fin de carrière qui vient de sortir un livre de mémoires. A cette occasion, sa fille unique Lumir (Juliette Binoche) revient des Etats-Unis où elle vit avec son mari acteur de séries B alcoolique (Ethan Hawke) et leur fille. Dans le même temps, Fabienne est en train de tourner un film de science-fiction avec une jeune actrice montante qu’elle ne peut pas sentir (Manon Clavel). Ce film dans le film est très opportunément une histoire de relation mère-fille, qui va faire écho à la relation conflictuelle de Fabienne et Lumir. Il faut dire que Fabienne est particulièrement infecte, autoritaire, imbue d’elle-même et son bilan en tant que mère n’est pas des plus reluisants. Les deux femmes vont-elles finir par éclaircir les vieux malentendus, digérer les mensonges et les aigreurs ?

Bon. Alors on va se débarrasser de ce qui fâche tout de suite : je n’ai pas accroché avec le scénario de ce film, que j’ai trouvé assez simpliste. Le cliché de l’actrice célèbre qui a manqué à tous ses devoirs de mère, qui n’accepte pas de vieillir, qui jalouse les jeunes générations et qui martyrise son entourage… mouais, bof. D’autant qu’on voit arriver le dénouement très vite alors que normalement, chez Kore Eda, l’épilogue est souvent incertain jusqu’au dernier moment. Heureusement, ce qui fait que ce film est plaisant à regarder, c’est le jeu exceptionnel de Catherine Deneuve, qui nous livre une sorte de mise en abyme poignante, et qui nous offre, avec une Juliette Binoche particulièrement à l’aise également, des dialogues savoureux, des scènes délicieusement drôles ou joliment tristes dont on mesure le caractère précieux dans l’histoire de leurs filmographies respectives. Finalement, qu’un réalisateur japonais souligne de la plus belle des façons l’aura et le talent de ces grandes comédiennes françaises est d’autant plus réjouissant, tant pis pour le scénario un peu mince. S’il faut trouver une seule raison d’aller voir ce film, c’est pour Catherine Deneuve, dont l’humour, l’autodérision, la grâce sont magnifiés dans cet hommage élégant au cinéma français, cette douce comédie mélancolique. 

(en revanche, Ethan Hawke, dont je découvre qu’il n’a “que” huit ans de plus que moi, a pris cher, le pauvre. Contrairement à Juliette Binoche sur laquelle le temps semble n’avoir aucune prise).

(j’ai noté, pas assez vite, dans le générique que le film dans le film était tiré d’une nouvelle. Ça m’intéresse, si vous retrouvez la ref’).

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