Playlist musicale – confinement II

Vous avez sûrement tous eu cette drôle d’idée qui consiste à écouter des chansons tristes quand on est triste ? Bon ben là j’ai poussé le concept à fond, avec une playlist 100% chanson française mélancolique à souhait, désabusée, déprimante même, et dont certains textes semblent coller parfaitement au contexte si particulier que nous vivons en ce moment. J’ai extrait de chacune de ces chansons les paroles qui me touchaient le plus, et avec, j’ai composé le texte ci-dessous. Il n’y a aucun rajout, à part quelques raccords de ponctuation pour fluidifier la lecture. Merci à tous ces auteurs et interprètes pour les émotions qu’ils nous offrent chaque jour. Merci à tous les artistes au sens large, superbement ignorés dans cette crise et pourtant ô combien essentiels à notre survie. 

La playlist est sur Deezer, intitulée “Pour ceux qui ont touché le fond mais qui ont encore envie de creuser” https://deezer.page.link/1TsD9yHMRik7kimW7 

Merci de ne rien toucher, protocole dûment respecté. Combien de temps… combien de temps encore ? Des années, des jours, des heures, combien ? Nos vies limitrophes, noyés dans la masse on boit la tasse, dis-moi que je ne suis pas la seule que ça tracasse. En marchant je me demande à quand la fin du monde, chaque idée est la pire, ça ne m’intéresse pas. J’aime les gens qui doutent mais voudraient qu’on leur foute la paix de temps en temps. A quoi pensent Les joggers du dimanche ? Calculent-ils les minutes et les secondes qui les approchent de la fin du monde ? Faire cent mètres au paradis et revenir ici, chaque jour est le même mais ne se ressemble pas. Le jour se passe, les jours se lassent, comme se suivent les lendemains, les ciels de traîne, les soirs de peine. J’ai fait tant de projets qui sont restés en l’air, j’ai fondé tant d’espoirs qui se sont envolés que je reste perdue, ne sachant où aller. Ces ambitions passées mais auxquelles on repense comme un vieux coffre plein de vieux jouets cassés, ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard. Je sais qu’il suffit d’être seule pour tuer le temps et ne plus être seule. Pour ne pas vivre seul on vit pour le printemps, et quand le printemps meurt, pour le prochain printemps. Le travail est nécessaire mais s’il faut rester des semaines sans rien faire eh bien… on s’y fait. On reste, Dieu merci, à la merci d’un Nembutal, du plafond décrépit qu’on observe à l’horizontal. Mais vivre sans tendresse, le temps vous paraît long. Ces solitudes dignes au milieu des silences, ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées. Non, je ne me souviens plus du nom du bal perdu. Ce dont je me souviens, c’est qu’ils étaient heureux, ils buvaient dans le même verre, toujours sans se quitter des yeux. Je voudrais que tout revienne alors que tout est passé, et je chante à perdre haleine que je n’ai que des regrets. On en aura perdu des causes, on est tous coupables de quelque chose. Que peut-il nous arriver de pire, que l’on ait pas déjà supporté ? Des mots sur le courage, la vie et puis tout ça, des mots par pleines charrettes, des mots par pleins paquets, pour nous rassurer. Rester en vie, ce n’est que de la bricole, un peu de tuyauterie que l’on rafistole. Rester en vie, ce n’est que du music-hall, un spectacle hors de prix, une grande foire agricole. C’est pas fini, on vient à peine de commencer, c’est pas fini, on peut encore se retourner, c’est pas fini, on peut encore se réparer, on peut encore se raccrocher à la poésie des lendemains qui chantent, jurer que c’est pas grave, en ignorant le pire, en osant même un sourire, en exauçant nos rêves de baisers sur les lèvres, de retour à la norme, dans le fond et la forme.

Et dans 150 ans, on s’en souviendra pas, des types qui votent les lois là-bas au gouvernement, de ce monde qui pousse, de ce monde qui crie. Et dans 150 ans, on n’y pensera même plus, à ce qu’on a aimé, à ce qu’on a perdu. Alors souris. 

Sources :

Des lendemains qui chantent – Benjamin Biolay

Nos vies limitrophes – Autour de Lucie

Veiller tard – Jean-Jacques Goldman

Les gens qui doutent – Anne Sylvestre

Pour ne pas vivre seul – Dalida

Le bal perdu – Bourvil

Des mots – Raphaël

Les joggers du dimanche – Miossec

Noyés dans la masse – Autour de Lucie

On vient à peine de commencer – Miossec

La tendresse – Bourvil

Rien de pire – Frère Misère

Les ciels de traîne – Autour de Lucie

La superbe – Benjamin Biolay

Hier encore – Charles Aznavour

Seule – Keren Ann

Rester en vie – Miossec

Les regrets – Alain Souchon

Le temps qui reste – Serge Reggiani

Et dans 150 ans – Raphaël

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