Danse avec l’ange

Je viens de terminer Un cri si lointain, du même auteur. Beaucoup de remarques communes sur les deux volumes, alors je ressors cette vieille note du placard.

Note initialement publiée le 30 juillet 2010

Erik Winter, qui porte bien son nom, est commissaire à Göteborg. Il m’a fallu réviser ma géographie scandinave un minimum. C’est la fin de l’hiver, ou presque. En Suède, l’hiver s’attarde plus que chez nous.

Un jeune garçon anglais est retrouvé mort dans une chambre d’hôtel. Une vraie boucherie. Presque en même temps, un jeune garçon suédois est assassiné à Londres, dans une chambre d’hôtel également. Dans les mêmes circonstances. Le commissaire McDonald est sur les dents.

Les deux commissaires ne se connaissent pas. Pas encore. Mais il va leur falloir élucider des crimes qui posent beaucoup de questions. Milieu de la nuit, du porno, peut-être une histoire d’homosexualité, et ce tueur qui semble traverser les mers…

L’histoire se passe à la fin des années 1990. Du coup, c’est le début des téléphones portables. C’est aussi le début de l’internet à grande échelle. Ça donne lieu à des remarques qui paraissent un peu datées aujourd’hui. Il faut juste un peu de temps pour se remettre dans le contexte de l’époque.

Ce roman est plutôt long. Il ne faut pas s’attendre à un suspense haletant, ni à des descriptions sordides des scènes de crime, à des autopsies détaillées…Tout est suggéré. Finalement, ce n’est pas tellement l’objet du roman. Ce qui fait l’intérêt de ce récit, c’est l’importance accordée aux personnages et aux lieux. Si vous aviez l’intention de passer vos prochaines vacances en Suède, ce n’est pas là que vous irez chercher du rêve. Bien au contraire. La Suède, qu’on nous érige en modèle social, y est dépeinte à la dérive, en proie à la violence, aux délits divers et variés. L’ambiance de fin d’hiver, glaciale, brumeuse et la tombée de la nuit qui arrive trop vite plombent littéralement le récit. Londres bénéficie d’une description à peine moins sordide. Nos deux commissaires sont des personnalités torturées, solitaires, blasées par les horreurs qui défilent sous leurs yeux. Pourtant, ils ont la foi. Ils luttent pour découvrir la vérité. Ils doutent, ils doivent composer avec les obstacles administratifs, les effectifs insuffisants…Mais l’outil le plus utile reste leur instinct.

Il faut attendre la toute fin du roman pour voir l’intrigue se dénouer. Finalement c’est plus un roman social qu’un polar. L’enquête progresse lentement est n’est qu’un prétexte pour dépeindre une société rongée par ses contradictions.

D’un point de vue stylistique, j’ai eu beaucoup de mal à me faire au style narratif. On passe du « il » au « je » sans transition. On ne sait plus qui parle à qui. Néanmoins, j’ai trouvé certaines descriptions et certaines idées étaient de grande qualité.

« La neige se mit à tomber, lourde de pluie. Le printemps avait murmuré quelque chose la semaine précédente, mais quoi ? Personne ne s’en souvenait. »

2 Commentaires

  1. Pingback: Un cri si lointain | The magic orange plastic bird said…

  2. Pingback: Les Revenants | The magic orange plastic bird said...

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