Kyôto

Yasunari Kawabata est le premier écrivain japonais à avoir obtenu le prix Nobel de littérature, en 1968. Dans « Kyôto », il rend compte avec dépouillement et nostalgie de la transformation du Japon en une société moderne et met en scène deux sœurs jumelles que tout oppose.

Début des années 1960, Chieko mène une vie paisible auprès de ses parents, grossistes en étoffes et tissus pour kimonos. Très jolie et courtisée par les jeunes hommes de son entourage, elle s’inquiète pour son père, dont le commerce commence à battre de l’aile, en raison de l’engouement pour de nouveaux tissus, plus modernes, au détriment des pièces traditionnelles. Un jour, lors d’une balade avec une amie pour voir les cryptomères de Kitayama, Chieko croise une jeune fille qui lui ressemble beaucoup. De quoi semer le doute dans l’esprit de Chieko, qui se sait adoptée à la naissance. Entre la fille de la ville et l’ouvrière pauvre, Naeko, va se nouer une relation forte, prétexte à évoquer toutes les contradictions de la société japonaise, en pleine transformation.

L’intrigue de ce roman n’est finalement rien comparé à la richesse culturelle qu’il contient. Les fêtes traditionnelles de Kyôto, les promenades « pour voir » les cerisiers, les camphriers, les cryptomères, les maisons de geisha, les kimonos, leurs ceintures et les motifs qui y sont représentés…ce sont toutes les traditions du Japon condensées au fil des pages.

Pour moi qui m’intéresse de près au Japon, j’ai trouvé ces descriptions fascinantes. Surtout pour ce qui est de l’habitude d’aller « voir » des arbres. La relation de contemplation que les Japonais ont avec la nature force l’admiration et le respect. Par contre, j’ai trouvé les descriptions des fêtes plutôt rébarbatives et beaucoup trop didactiques par rapport au style épuré et poétique de l’auteur.

« La « fête de Gion », pour ceux des spectateurs qui viennent des lointaines provinces, peut sembler se ramener à une seule journée : le défilé des Yamaboko, le 17 juillet. Tout au plus viennent-ils dans la soirée du 16 voir « les chars à la tombée de la nuit ».

Mais les cérémonies qui constituent, en réalité, la « fête de Gion » durent facilement tout le mois de juillet.

Le 1er juillet, dans chaque quartier qui prépare un char, débutent la vente des billets et les musiques.

Le « char à la grande hallebarde », sur lequel est monté l’enfant costumé en Chigo, ouvre chaque année le cortège, mais pour fixer l’ordre des autres chars il est procédé le 2 ou le 3 un tirage au sort par le maire. »

Voilà, on dirait un peu le descriptif d’un guide touristique.

Pour le reste, la relation entre les deux jumelles semble assez artificielle, et conflictuelle sans qu’on comprenne bien pourquoi. J’avoue que les relations humaines dans ce roman m’ont paru bien compliquées. Mais tout cela, en plus des descriptions d’un Japon baigné de traditions élégantes, concoure à donner un charme désuet à ce roman.

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