Shokuzai – Celles qui voulaient oublier

shokuzai2Deuxième partie de l’adaptation de Kurosawa, faisant suite à Shokuzai – Celles qui voulaient se souvenir dont j’avais parlé il y a quelques jours (je ne refais pas le pitch). Plus de deux heures et demi pour connaître enfin de le fin mot de l’histoire. Mais avant, c’est l’histoire d’Akiko que nous découvrons. Traumatisée comme ses camarades par le meurtre de leur amie Emili, Akiko est devenue une otaku sévère. Elle ne sort pas de chez elle et se compare à un ours. Habillée comme un garçon, sans le moindre soin pour son apparence, elle passe ses journées à jouer à des jeux vidéo et à aider sa mère aux tâches ménagères. Un jour, son frère revient vivre dans la région avec sa nouvelle femme et la petite fille de cette dernière. Très vite Akiko se prend d’affection pour la gamine et vice-versa. Jusqu’au jour où Akiko se rend compte que quelque chose cloche dans cette famille recomposée. Horrifiée par ce qu’elle vient de découvrir, elle commet l’irréparable, estimant du même coup avoir payé sa dette envers Asako, la maman d’Emili. Mais cette dernière ne l’entend pas de cette oreille et estime qu’Akiko a agit par égoïsme et jalousie.

Malgré sa déception et sa colère toujours aussi envahissante, Asako va prendre une lourde décision.

Au tour de la dernière petite fille devenue jeune femme, Yuka. D’un tempérament très différent des autres filles, elle mène son petit bonhomme de chemin en manipulant les gens de son entourage. Elle n’hésite pas à coucher avec un propriétaire de boutique de fleurs pour obtenir son propre magasin, et décide de séduire le mari de sa sœur. Ce dernier est policier, ou presque, et Yuka a toujours voulu épouser un policier. Elle finit par arriver à ses fins et après une nuit passée avec lui, la voilà enceinte alors même que sa propre sœur ne peut pas avoir d’enfant. Yuka se fiche des conséquences, de faire du mal à sa sœur, de briser son couple, elle est trop heureuse d’attendre cet enfant. C’est alors qu’elle reçoit un courrier d’Asako, qui lui dit qu’elle aimerait bien la revoir mais que la pénitence est terminée, le sort des trois autres filles l’ayant malgré tout beaucoup affectée. Yuka n’a aucune intention de donner suite à ce courrier jusqu’à ce qu’elle entende la voix d’un homme à la radio. C’est lui. C’est l’assassin. Elle reconnaît sa voix de manière formelle. Voilà une occasion pour elle d’aller échanger cette information contre une faveur de la part d’Asako, et pas des moindres, elle veut son riche mari. Manipulatrice jusqu’au bout, mais prise à son propre piège lorsque les contractions se font sentir dans le salon d’Asako. Obligée de livrer l’information cruciale à Asako, qui se dépêche d’aller à la rencontre de cet homme.

Je vais arrêter mon récit ici, pour ne pas spoiler les 4h27 de film à celles et ceux qui voudraient le voir.

Comme dans le premier volet, Kurosawa déroule la longue liste des névroses japonaises. Toujours ces lumières éblouissantes au milieu de la noirceur de l’âme humaine, toujours cette musique catastrophique (l’ambiance fest noz à un moment donné était du plus haut ridicule), quel dommage.

L’épilogue de ce thriller angoissant est un peu tarabiscoté, empilant beaucoup de choses qui n’étaient peut-être pas nécessaires. Au final, reste une mère, Asako, littéralement perdue dans le brouillard (dernier plan du film), et la vie de quatre jeunes filles brisées pour rien, sans compter celle de sa propre fille. Quinze ans à faire porter la responsabilité d’un crime à des enfants alors que la vérité était à portée de main, alors que la culpabilité, on l’avait en soi, bien au chaud mais bien cachée.

Un commentaire

  1. Pingback: Real | The magic orange plastic bird said...

T'as un truc à rajouter ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :