Visite de l’opéra-théâtre de Clermont-Ferrand en compagnie du Wakan Théâtre (Journées du patrimoine 2013)

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21h. La place de Jaude rosit. Les fontaines glougloutent. Les trente chanceux qui ont eu des places frétillent d’impatience sur les escaliers de l’opéra. On m’annonce que les photos seront interdites. Ouin !! On nous annonce qu’on ne peut pas rentrer, que la pièce commencera à l’extérieur. J’aime. Je reconnais bien là le Wakan théâtre et ses facéties, déjà expérimentées lors de la visite de la Halle aux blés (l’ancienne école des Beaux-arts), faite avec Val il y a quelques années. La pièce, créée pour l’occasion, s’appelle « Au-dessus par les dessous », et a été écrite par Dominique Touzé. De vrais personnages historiques et des fictifs. Des épisodes de l’histoire de l’opéra, réinterprétés pour en faire une belle histoire à raconter au public. Un voyage dans le temps en cinq actes.

Moi je vous annonce qu’il y a des gros spoilers dans ce billet. Pour ceux qui ne verront jamais la pièce, ça ira. Pour ceux qui comptent aller la voir… ne vous gâchez pas la surprise en lisant mon misérable compte-rendu. Laissez-vous balader et émerveiller !

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Voilà ça commence ! Une dame un peu hystérique cherche à sortir de l’opéra, à la recherche d’une certaine Nanou. Il n’y en a pas parmi nous mais elle nous fait rentrer quand même. Tout en attendant cette Nanou qui ne vient pas, Mauricette (tel est son nom), nous raconte ses anecdotes puisqu’elle tient la billetterie du théâtre-opéra en cette année 1978. Julien Clerc, Renaud, Jackie Sardou… que du beau linge.

Elle nous invite ensuite à monter au foyer… où nous ne la retrouvons pas mais découvrons un monsieur en costume et haut-de-forme en train de lire le journal (de 1894 de toute évidence) sur les fauteuils où nous étions assis l’après-midi même. C’est Louis Amédée Gasquet, ex-maire de Clermont, qui est dépité de voir l’opéra s’inaugurer sans lui, puisque son fauteuil lui a été piqué il y a un an par Lecuellé (devenu par un jeu de scène, « le cul ailé »…). Il est amoureux d’un belle chanteuse lyrique qui se moque un peu de lui. Les voir évoluer dans ce décor, en costumes, à quelques centimètres de nous, et même parfois sur les genoux de certains, mis à contribution… c’est intimidant autant que prenant.

Nous sommes ensuite guidés dans des couloirs, nous passons à côté de techniciens, puis descendons… mais… non ? Rah mais si ! Au secours ! Nous sommes SOUS la scène ! Dans le noir, assis sur des chaises disposées entre les piliers de soutien ! Quelques ouvertures ont été aménagées pour laisser passer la lumière des projecteurs, on aperçoit un bout de rideau… oppressant au possible ! Cet acte sera consacré à Magdelaine Bérubet, actrice et auteure née en 1884. Il nous plonge dans la Seconde Guerre Mondiale, où l’actrice lutte contre le nazisme. Torture, cris glaçants… Une mise en scène astucieuse et très efficace.

La suite de la pièce nous conduit dans la grande salle. Assis sur les fauteuils, sous les balcons, revoici Mauricette qui nous parle depuis le premier balcon. Lorsqu’elle nous rejoint, c’est pour nous demander de monter sur scène, où trente chaises sont alignées pour nous accueillir. Décidément ! Après avoir été dessous, nous voici dessus ! Certains spectateurs sont embarqués dans des tirades, un assassinat a même lieu au milieu des fauteuils, en toute impunité.

Puis on nous fait monter des escaliers. Interminables. La jeune femme chargée de nous conduire se retourne et me demande « Vous n’avez pas le vertige ? ». Non. La porte s’ouvre. Ah euh. CE vertige-là ? Si. En fait. Un peu. Oulà. Nous voici sur une étroite coursive à plusieurs mètres de hauteur au-dessus de la scène. Après dessous et dessus, nous voici au-dessus ! Je ne sais pas ce qui est le plus vertigineux : regarder la scène en bas, avec les comédiens, ou regarder en haut, où encore plusieurs mètres de vide et de structures s’étirent au-dessus de nos têtes. Les structures d’origine en bois côtoient les matériaux modernes. Effets de scène, rouages, c’est le meilleur endroit pour comprendre comment tout fonctionne. J’avoue que je n’ai pas été très attentive au texte déclamé par les comédiens, stressée autant qu’émerveillée que j’étais. C’est dans cette apothéose que la pièce se termine, après deux heures de prouesses techniques et artistiques. Une sortie par l’entrée des artistes, histoire de nous retourner une dernière fois, et c’est la tête pleine d’images et de souvenirs que chacun repart, un peu chancelant, le descriptif de la pièce entre les mains. L’interdiction de photographier aura été une immense frustration, parce que je me connais et je sais que mon cerveau va effacer consciencieusement tout ça avant que j’aie le temps de dire ouf.

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Je vais me renseigner sur les visites guidées à l’office de tourisme car apparemment elles devraient être plus complètes que celles des Journées du patrimoine. J’aimerais bien voir les loges et pourquoi pas, les salles de répétition de l’orchestre d’Auvergne au dernier étage. Je ne me fais pas d’illusions, on n’ira pas sous la scène à nouveau (ni dessus, sauf à monter mon one-woman-show) et je prends conscience de l’immense privilège offert par ces visites théâtralisées.

Je recommande à tous mes lecteurs clermontois (et même d’ailleurs), de se renseigner au plus vite sur les disponibilités à venir car d’autres séances sont prévues jusqu’au mois de décembre. Et en plus, c’est gratuit. What else ??

Un grand merci à la mairie et l’office de tourisme de Clermont, ainsi qu’au Wakan théâtre, pour cette journée inoubliable.

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11 Commentaires

  1. Val

    Un bon souvenir, cette visite de la Halle aux blés (qui na pas beaucoup bougé depuis). Et il me semble que les photos sans flash étaient autorisées.
    Un troisième billet pour le spectacle d’inauguration vendredi ?

    • @Val : oui la Halle aux blés est clairement tombée dans les oubliettes de nos pouvoirs publics…
      Pour vendredi soir, oui, de grandes chances pour que j’aille voir le spectacle d’inauguration. J’ai tenté ma chance pour gagner une des 100 places offertes pour le concert du lendemain mais j’ai l’impression que c’est mort ! :(

  2. Pingback: Fête place de Jaude pour la réouverture de l’opéra-théâtre de Clermont-Ferrand | The magic orange plastic bird said...

  3. Domas

    faudrait qu’il y ait + de dates. on peut pas avoir de place. faudrait qu’on râle !!! mais auprès de qui ?

    • @Domas : bonjour et bienvenu chez moi :) Il n’y a donc plus de places pour les séances complémentaires jusqu’en décembre ? Mince ! Râler, oui, auprès de la Mairie, vu que c’est elle qui offre ces représentations gratuites… (et avec les reproches qu’on leur fait sur le coût de l’inauguration… ça risque de faire jaser s’ils en rajoutent). Ceci dit, le Wakan théâtre a également un programme avec d’autres pièces plus traditionnelles donc ils ne pourront pas faire ces visites éternellement malheureusement…

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