Horizons Arts nature en Sancy 2016

Pour la quatrième année consécutive je me suis inscrite à la journée de vernissage du festival Horizons. Une année un peu particulière puisqu’il s’agit des 10 ans de l’événement, et comme chaque année désormais, ce sont pas moins de 5 bus affrétés qui ont transporté les curieux sur les routes du Sancy.

Au cours de cette journée marathon marquée par une météo capricieuse, ce sont 9 œuvres que nous avons découvertes aux quatre coins du massif du Sancy. Pourquoi 9 alors qu’il y en a 10 ? Tout simplement par manque de temps, l’une des œuvres étant difficilement accessible rapidement. J’en profite d’ailleurs pour préciser que je ne donnerai aucune indication sur les modalités d’accès aux œuvres car lors de cette journée, on triche un peu pour gagner du temps. Je vous invite donc à vous procurer la carte officielle pour avoir les précisions quant aux points de départ et aux circuits.

Horizon 1200 dpi par Francesca Bonesio et Nicolas Guiraud (Atelier 37.2) // Puy de Paillaret

Voilà deux artistes qu’on connaît déjà, puisqu’ils avaient réalisé une oeuvre en 2012, Arteologie, que j’étais allée voir (souviens-toi). Cette année, on va dire qu’ils n’ont pas eu de bol. Pour l’installation de l’oeuvre déjà… qui aurait dû être un vitrail en plexiglas mais les conditions météo en ont décidé autrement, les rafales de vent ayant balayé toute velléité de support rigide. Bref, ce sont désormais des cordes colorées tendues dans un cadre qui dessinent la ligne d’horizon. Enfin il faut se l’imaginer car le jour du vernissage, c’était pluie battante et brouillard donc pour la ligne d’horizon, faudra repasser. Pas de bol, quand ça veut pas, ça veut pas. Mais je pense que l’oeuvre vaut le re-déplacement, j’aime quand les œuvres jouent avec le paysage.

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Tentative d’évasion par Vincent Chevillon // Puy de Pertuyzat

Inspirée par Robinson Crusoé, cette charpente de bateau réalisée avec les restes d’une grange invite au voyage… immobile. Perché au sommet du puy, ce bateau offre et dispose d’une vue panoramique exceptionnelle sur Besse et les environs.

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Sustainable Cinema No°6 par Derwin Scott Hessels // Quelque part entre Besse et Egliseneuve-d’Entraigues

Encore une oeuvre qui a souffert lourdement des conditions météo de ces dernières semaines… Cet artiste qui vit à Hong-Kong a imaginé une oeuvre actionnée par les éléments naturels, ici l’eau. Cinq rouleaux représentant les 5 forces de la croyance chinoise : le bois, le feu, la terre, le métal et l’eau devaient entrer en mouvement sur le cours d’eau mais c’était sans compter les pluies abondantes de ces derniers mois… le courant a tout emporté, et partiellement détruit l’installation. Quatre rouleaux encore en état sont installés sur le côté de la rivière, les visiteurs peuvent les actionner manuellement en attendant une hypothétique remise à l’eau mais rien n’est moins sûr ! [Edit : merci Val de m’avoir signalé que l’oeuvre avait été partiellement remise à l’eau, info dispo ici] C’est vraiment un coup dur pour cette édition 2016 car il s’agissait là de la seule oeuvre mise en scène sur l’eau. Pas de cascade cette année !

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Aequilibrium singularis par Michel-Marie Bougard // La Bourboule

Nichée dans le bois de Charlet, cette installation est parmi les plus séduisantes et hypnotiques de cette édition 2016. Une petite recherche dans mes archives m’informe que cet artiste avait déjà réalisé Ô en 2013, une oeuvre magnifique (souviens-toi). Michel-Marie Bougard sait décidément tirer toute la poésie d’un lieu et y installer une oeuvre en parfaite harmonie. Ce mobile miroitant bouge au gré du vent et reflète la verdure et les rayons du soleil. L’artiste s’est notamment inspiré de cette capacité qu’ont les arbres à communiquer entre eux et en particulier en cas de danger. Une très belle oeuvre gratifiée par les premiers rayons de soleil de la journée. Coïncidence ? Je ne crois pas.

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Reliefs par Clara Gallet et Guillaume Dronne // Pic du Capucin

Voilà l’oeuvre que nous n’avons pas vue en vrai. Nous avons été installés dans le théâtre de verdure du Mont-Dore pour nous diffuser un court film de présentation de l’oeuvre in situ. Les jeunes auteurs nous en ont ensuite dit quelques mots…il s’agit là de l’oeuvre “jeunes talents 2016”. Je devrais voir cette oeuvre d’ici quelques jours si tout se passe bien, je vous en reparlerai donc plus longuement à cette occasion.

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The Rhythm of wind par Varvara Guliajeva et Mar Canet // Beaune-le-Froid

Après une rapide pause déjeuner dans la patinoire du Mont-Dore (mention spéciale au traiteur mobilisé qui a non seulement assuré un timing serré mais aussi maîtrisé la cuisson de 270 œufs mollets pour les entrées. Chapeau.), direction Beaune-le-Froid pour découvrir une installation astucieuse mais, disons-le, peu spectaculaire. Cette éolienne rappelle évidemment celles qu’on peut déjà voir dans nos campagnes, à ceci près que celle-ci possède un métronome intégré, actionné par la force du vent.

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Le Tabou du terrier par Julien Amillard // Grottes de Châteauneuf

Inspiré par le récent aménagement de la grotte Chauvet et par l’art pictural, Julien Amillard a investi les grottes de Châteauneuf avec ses peintures murales, et même une passerelle métallique pour faire encore plus vrai. J’aime beaucoup ce pied de nez à l’industrie touristique, le site est magnifique, mais j’ai peur pour l’oeuvre… je pense que ces fresques vont inspirer d’autres artistes auto-proclamés et qu’il ne restera pas grand-chose de l’oeuvre initiale. J’espère me tromper…

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Kheji par Vincent Barré et Chiman Dangi // Grottes de Sapchat

Épargnez-nous vos vannes à base de Sapchat/Snapchat, on les a déjà faites… D’autant que cette oeuvre, à défaut d’être spectaculaire, m’a particulièrement émue par son origine. Elle s’inspire directement d’une vieille histoire indienne, dans laquelle des villageois se sont agrippés à leurs arbres pour les protéger, et sont finalement morts avec. Tout le long du sentier qui mène à la grotte, des arbres sont cerclés d’argent, comme pour matérialiser une âme humaine. A l’intérieur de la grotte, des feuilles d’argent encore et une stèle recouverte de textes et dessins. L’artiste indien s’était mis en scène en costume traditionnel pour l’occasion mais l’exiguïté de la grotte ne m’a pas permis de le voir.

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Nil novi sub  sole par Quentin Hatry et Julien Boucq // Pic Saint-Pierre

Cette oeuvre se mérite, après une grimpette sur les hauteurs de Saint-Pierre-Colamine, mais la récompense est là. Vous verrez tout d’abord une bien jolie petite chapelle perchée sur le sommet. Pour voir l’oeuvre il faudra vous approcher car elle est bien cachée dans les vestiges du site. Pour ma part, en l’apercevant, je me suis exclamée “oh un Jacuzzi !” et je n’étais pas loin du compte car il s’agit là d’un hommage aux sources naturelles de l’Auvergne.

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Panorama par Elodie Boutry // Roche Nité

Alors là, était-ce la fin de journée, l’épuisement ? Mais j’ai bien cru qu’on nous emmenait au bout du monde pour un voyage sans retour. Le fin fond du Sancy, la rase campagne, des hameaux loin de tout, et la roche Nité battue par les vents et sa vue magnifique. C’est là qu’Elodie Boutry a installé son oeuvre, qui au moment du vernissage n’était pas encore tout à fait terminée (coucou les conditions météo). De la couleur, vive, des angles, aigus, viennent interroger ce panorama tout en rondeurs et verdure. L’oeuvre se traverse de part en part, offrant des fenêtres anguleuses. Une belle conclusion à cette journée.

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Bilan : une édition 2016 avec beaucoup de belles œuvres installées dans des sites magnifiques. Mais évidemment beaucoup de regrets pour ces quelques installations qui n’auront pas pu nous offrir tout leur potentiel à cause des conditions météo. Et pour ma part, un gros regret concernant l’absence de site de cascade (même si avec le recul je me dis que ça aurait été compliqué avec les niveaux d’eau). Un autre regret : que rien n’ait été organisé pour marquer le coup des 10 ans. J’aurais bien aimé une oeuvre pérenne pour fêter ça ! 

Un grand bravo aux équipes de l’office de tourisme du Sancy pour l’organisation de cette journée, qui est toujours un gros défi, ainsi qu’aux chauffeurs de bus, toujours aussi épatants de maîtrise des routes de montagne. A l’année prochaine !

Une jolie vidéo souvenir de cette belle journée

Pour en savoir plus

Les oeuvres 2016

Les artistes 2016

Consulter et commander la carte 2016

4 Commentaires

  1. Val

    Super journée !

    J’ai lu qu’au moins une partie de l’oeuvre de Derwin Scott Hessels avait été remise à l’eau le 23 juin.

    • @Val : trop cool que tu sois venue ! Merci pour l’info sur l’oeuvre remise à l’eau, j’étais passée à côté… Je vais faire un petit update dans l’article !

  2. Pingback: Massif du Sancy entre nature et culture

  3. Pingback: Horizons Sancy sous le soleil | The magic orange plastic bird said...

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