L’homme qui marche

Ce manga de Jirô Taniguchi a été publié pour la première fois en France en 1995. C’est ainsi que le public français a fait connaissance avec cet immense auteur, à la sensibilité taniguchi1et au trait d’une grande finesse. Vingt ans plus tard, Casterman a réédité “L’homme qui marche” dans cette édition spéciale, en le retravaillant un peu et en intégrant les pages couleurs de l’édition originale japonaise.

Jirô Taniguchi est mort le 11 février 2017, laissant derrière lui une oeuvre profondément ancrée dans la culture japonaise mais dont la simplicité des émotions a su toucher bien au-delà de l’archipel nippon. L’homme qui marche est (peut-être, je n’ai pas tout lu, loin de là) le parfait exemple de cette universalité.

Cet homme qui marche vient d’emménager dans une nouvelle maison, avec sa compagne. Pour le reste… des bribes de conversations, quelques scènes du quotidien. L’homme, dont on ne connaît pas les occupations professionnelles, aime se promener. Déambuler, flâner, marcher, s’asseoir, se perdre, observer, la nuit, le jour, l’été, l’hiver, sous le soleil ou entre les gouttes… Chaque saynète raconte une expérience particulière, “Observer les oiseaux”, “En remontant la rivière”, “Sous le cerisier”… et c’est à la fois terriblement émouvant et inspirant. En quelques cases, Taniguchi arrive à saisir la poésie d’un moment, un ciel nuageux, le bruit d’une feuille qui craque, et à nous faire comprendre la nécessité impérieuse de savoir contempler le monde, quel qu’il soit. L’homme marche en ville ou dans la nature, seul ou au milieu de la foule. Peu importe, l’expérience vaut toujours la peine d’être vécue, avec son lot d’émerveillements simples, de rencontres, d’imprévus, de surprises et de chutes inattendues.

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Et le trait de Taniguchi… je ne sais pas si je préfère la folie faussement brouillonne des feuillages ou la rectitude des lignes et la précision chirurgicale des perspectives. Chaque case est un tableau d’une pureté graphique, d’une délicatesse et d’une poésie rares.

L’homme qui marche est un manga contemplatif qui parlera à toutes celles et et tous ceux qui savent marcher sans but (et c’est devenu rare).

J’en profite pour parler du hors-série de Philosophie magazine de cet été, intitulé “Marcher avec les philosophes”. Si vous avez l’occasion de vous le procurer, n’hésitez pas, il est passionnant et parfaitement accessible au commun des mortels grâce à des articles courts et variés. On y parle notamment de méditation en marchant (et de méditation tout court, avec toutes les âneries occidentales qui s’y rapportent) et cet Homme qui marche en est une sorte d’incarnation. Marcher ouvre au monde et c’est l’essence-même de la méditation (et certainement pas la relaxation ou la recherche de performance).

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