Agatha – Frédérique Deghelt

Le sachiez-tu ? Agatha Christie, la reine du polar, a mis le petit monde médiatique (et policier) en émoi durant quelques jours de décembre 1926, en disparaissant sans laisser de traces. True story! La presse en parlait tous les jours, des avions ont survolé l’endroit de sa disparition, des milliers de volontaires se sont mobilisés pour quadriller le terrain, des étangs ont été sondés… rien ! Jusqu’à ce qu’on la retrouve dans une station balnéaire du Yorkshire, de son propre aveu amnésique et incapable de s’expliquer. Bon. Jusqu’à sa mort, elle n’a rien révélé de ces quelques jours, laissant galoper l’imagination fertile de nombreux journalistes et écrivains.

agathaDont Frédérique Deghelt ! J’avoue que j’attendais beaucoup de ce roman, surtout après l’abominable Miniaturiste. Ben je crois bien que c’était encore pire. Si si. Au moins dans Miniaturiste il y avait une intrigue. Dans Agatha… non. Une femme, auteure de polars adulée, brillante, disparaît pendant 10 jours et refuse de s’expliquer… bon sang mais ça laisse le champ libre à toutes les interprétations ! A tous les fantasmes ! A tous les délires littéraires ! Hauts les cœurs ! Ah… non…

D’après Frédérique Deghelt, elle a donc passé 10 jours à se morfondre dans son hôtel en espérant que son mari volage lui revienne, en se demandant pourquoi il sautait une jeune secrétaire depuis des mois, et en refusant catégoriquement la perspective d’un divorce. Woké. Bon, parce que ça c’est une chose avérée : Archie se tapait la dactylo. La pauvre Agatha l’a découvert et IL a demandé le divorce, afin de convoler en justes noces avec sa jeune grue. A son retour d’escapade-mystère, la procédure de divorce a été enclenchée, ils vécurent heureux chacun de leur côté jusqu’à la fin de leurs jours, lui avec la grue, elle avec un archéologue bien plus jeune qu’elle (#teamCougars #teamVengeance). Bref. C’est à peu près tout ce qu’on sait de cette histoire, en plus des journaux qui ont fait étalage de la disparition. J’aurais aimé que Frédérique Deghelt nous fasse un petit topo en introduction, pour nous indiquer quelques éléments biographiques réels, puisqu’il s’agit-là d’une fiction, afin qu’on sache si tel ou tel point était authentique ou non (même si ça aurait spoilé quelques passages). J’ai choisi de lire des articles sur ce fait divers une fois le roman terminé et, bon, tout y est. Ce que l’auteure a brodé autour… ça m’a pas paru très valorisant pour cette femme admirable qu’était Agatha Christie, et ça m’a paru très simpliste (même si c’est peut-être la consternante réalité).

Frédérique Deghelt nous livre une double réflexion. La première, c’est celle de la femme trompée. Agatha rumine, rabâche, ressasse, on se prend les mêmes réflexions tout au long du bouquin, rédigées à peine différemment. Alors soit c’est du délayage assommant d’une auteure peu inspirée, soit c’est voulu (j’ai envie de le supposer mais j’ai un doute), pour bien enfoncer le clou sur ce qui peut être l’état d’esprit d’une femme trompée. Et pour le coup il y a des réflexions intéressantes : colère, tristesse, rejet, espérance, abattement… toutes ces phases qui s’enchaînent dans un ordre un peu aléatoire et parfois répétitif. Mais dans les deux cas… pfiou ! C’est pénible. On compatit, hein ! C’est pas la question ! Mais là ça rumine un peu trop à mon goût.

La deuxième réflexion qui aurait gagné à être un peu plus mise en valeur, c’est celle qui concerne l’écrivain, en proie à des problèmes personnels éprouvants (en plus de découvrir qu’elle était cocue, Agatha Christie venait juste de perdre sa mère, qu’elle aimait profondément), et désormais incapable d’écrire. Frédérique Deghelt autorise son Agatha à s’inventer une double identité, Teresa Neele, même patronyme que la maîtresse d’Archie (true story aussi) et à broder autour de celle-ci, lui permettant d’une certaine façon de retrouver l’inspiration et l’envie d’inventer des personnages. Là ce sont les passages qui étaient intéressants, ce dédoublement de personnalité, cet élan vital. Mais, donc, plombés par les autres séquences pleurnichardes.

Bon. Next.

Quelques lectures utiles

http://www.slate.fr/story/120487/disparition-agatha-christie (la capture du journal proposant des photomontages… Agatha Christie avait 36 ans hein, pas 73)

http://www.marieclaire.fr/,le-jour-ou-agatha-christie-a-decide-de-disparaitre,829189.asp (où l’on apprend qu’une autre auteure, Brigitte Kernel, a écrit un roman sur ce même thème, “Agatha Christie, le chapitre disparu” en… 2016 (merci mais non merci))

4 Commentaires

  1. Val

    Pour les cold cases, n’est pas Jaenada qui veut !

  2. lily

    As- tu visité la maison d’Agatha dans le Devon avec ton prof d’anglais préféré ?

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