Effervescences

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Et voilà pas que Clermont-Ferrand se rêve en capitale européenne de la culture en 2028 ! Folie douce ou projet réaliste ? L’histoire le dira. Pour ma part, je suis partagée entre envie de voir ce rêve aboutir et pragmatisme désabusé, pour plein de raisons dont l’accessibilité de ma ville (coucou la SNCF). Bref. On verra. En attendant, je ne vais pas bouder mon plaisir de voir se multiplier les événements culturels, voilà déjà quelques années que je vous bassine avec les festivals, expos, spectacles et autres concerts qui rythment les saisons clermontoises. Mais plus il y en a, plus je me vois obligée de choisir, et choisir bah c’est renoncer, comme dirait l’autre. Et c’est la tristitude. Certain.e.s d’entre vous voient parfaitement ce que je veux dire, les choix cornéliens sont de plus en plus fréquents. Mais il vaut mieux ça que d’avoir Michel Drucker comme seul horizon du week-end, hein !

Pour donner le ton de cette candidature ambitieuse, Clermont (et son agglo) s’est déployée le long de trois jours de festivités avec Effervescences. Un festival ? Mmmh le mot n’est jamais employé car c’est bien plus que ça. C’est une démarche globale, une mise en route, une mise en jambes, destinée à embarquer les acteurs du territoires – tous – habitants, associations culturelles, institutionnels dans cet ambitieux désir d’être désignée capitale de la culture (dépôt du dossier en 2022).

🔥La belle escorte et l’embrasement🔥

Et à propos de mise en jambes… Effervescences a attaqué fort, très fort, vendredi soir, avec La belle escorte, emmenée par deux compagnies, La Folie Kilomètre et L’homme debout (gros bravo pour la mise en scène live, en particulier à la jeune femme qui dirigeait la tête du bonhomme). Une longue et lente procession de petits et grands Clermontois a démarré place de Jaude, armés de fanions colorés, de pancartes bienveillantes, de lumières et de grelots pour suivre un géant d’osier jusqu’au parc Montjuzet à la nuit tombée, à la lueur des flambeaux. Au sommet du parc, des centaines de torches, bougies et braseros, allumés par la Compagnie Carabosse, diffusaient une lumière douce et réchauffaient les corps refroidis par les premiers frimas d’octobre. Nous étions des centaines (des milliers ?) à errer dans la semi-obscurité, hypnotisés par cette ambiance féerique, irréelle. Je connais bien ce parc, à deux pas de chez moi, et je crois bien que beaucoup de Clermontois n’y étaient jamais allés, si j’en juge par les quelques personnes perdues sur le chemin du retour. J’étais montée dans l’après-midi, afin de repérer les lieux et ces installations qui ont tenu toutes leurs promesses. Deux petits regrets cependant : la cathédrale étrangement éteinte (si quelqu’un sait si c’était volontaire ou pas, je suis preneuse de l’info), et la cire parfumée des bougies, exhalant une odeur un peu trop entêtante à mon goût. Désolée pour les photos pourries, pas très facile à attraper en photo !

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Les Rendez-vous secrets 🙈

De minuit à minuit, samedi 7 octobre, se tenaient chaque heure des rendez-vous secrets dispersés dans toute la ville. Je m’étais inscrite pour deux d’entre eux et je me suis rendue à mon premier rendez-vous mystérieux dès 9h, place Gaillard. Notre petit groupe a été conduit dans les locaux de la Petite Gaillarde, dans une salle de réunion, où nous attendait un jeune homme prêt à nous faire une présentation sur “la méthode des flux”, ordinateur et rétroproj’ à l’appui. Une présentation d’un peu plus d’une demi-heure, entre vraie démonstration pratique pour ne plus se faire bouffer par le stress et stand-up humoristique. J’ai beaucoup ri, acquiescé, et il n’est pas impossible que cette méthode des flux influence désormais positivement mon quotidien…

Comme nous avions un peu de temps avant notre prochain rendez-vous secret, Val et moi nous sommes dirigées vers la rue du Port avec l’objectif de voir le Labo 1880 qui ouvrait ses portes ce même jour. Bon, en fait nous sommes complètement passées à côté (pardon Corinne si tu me lis, je reviendrai, promis juré) et nous sommes laissées happer par les Barbaries des Barakrok de la rue du Port, un rendez-vous secret auxquelles nous n’étions pas inscrites mais… l’occasion a fait le larron ! Voilà plusieurs semaines que j’avais repéré que certaines vitrines se paraient d’étranges mises en scène… et ce matin du 7 octobre, elles étaient habitées, comme par magie. D’étranges personnages se livraient à de toutes aussi étranges activités dans ces vitrines, sortaient, déambulaient dans la rue, se croisaient… On se serait cru sur un plateau de tournage de Caro & Jeunet ! Pour la petite histoire, la rue du Port était autrefois une artère commerçante majeure de Clermont et aujourd’hui, nombreuses sont les vitrines abandonnées, malheureusement délaissées au profit d’un hyper-centre hypertrophié. J’ai trouvé cette mise en scène à la fois magnifique, par le soin incroyable accordé aux décors, aux costumes, et drôle, poétique, émouvante avec toute cette vie colorée, éphémère. La bonne nouvelle c’est que les Barbaries des Barakrok reviennent les 14 et 15 octobre, ne les manquez pas !

J’ai filé à mon second rendez-vous secret, qui m’attendait place Royale. Notre guide nous a conduits… dans le parking souterrain du Conseil départemental ! Je connaissais uniquement le thème de ce rendez-vous secret : la danse. Solaris est une chorégraphie de Fabrice Lambert, dansée par 19 danseuses sénior amateures. Le groupe Lifting est portée par la Comédie de Clermont-Ferrand et propose à ces danseuses de recréer des pièces chorégraphiques majeures proposées au cours de la saison culturelle, pour leur donner une nouvelle dimension. Je ne suis pas particulièrement amatrice de danse mais je trouve ce projet particulièrement inspirant. Bravo mesdames et bravo La Comédie !

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L’Hôtel-Dieu 🎈

C’est au cours d’un instameet organisé par l’office de tourisme communautaire de Clermont-Ferrand et mon groupe Igersclermontferrand que nous avons découvert l’effervescence, réelle, de l’Hôtel-Dieu. Je vous avais parlé de l’Hôtel-Dieu à l’occasion des Journées européennes du patrimoine 2016 (relire). Le projet de réhabilitation était lancé, la destruction de certains bâtiments programmée, je pensais que c’était la dernière fois que j’y entrais avant bien des années. Certes les travaux de démolition ont bel et bien commencé mais c’est ici qu’Effervescences a choisi de nicher son cœur battant, avec des dizaines d’installations et performances proposées pendant deux jours. Rançon du succès, le site était pris d’assaut par les Clermontois et j’avoue que je n’ai pas vraiment pu profiter du site comme je l’aurais voulu (et après près de 30 km à pied parcouru dans Clermont entre le vendredi et le samedi, je n’ai pas eu le courage d’y retourner le dimanche). J’ai en revanche pu largement profiter de l’installation “In the woods” de Camille Scherrer, qui nous a bien occupés avec les Igers : un détecteur de présence vous gratifie d’une figure bestiale en ombre chinoise, pour le plus grand bonheur des petits et grands. Nous avons également observé la performance de Jörg Muller “Noustube”, poétique et angoissante. Pour le reste… nous avons croisé toutes sortes de personnages et animaux étranges, en nous frayant un chemin dans la foule.

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Une flamme populaire à entretenir

J’observe depuis deux jours les réactions des Clermontois, sur les réseaux sociaux ou en tendant l’oreille, et globalement les gens sont ravis de l’événement, même si j’ai conscience de l’inévitable effet de “bulle” (rien à voir avec Effervescences ;)) qui favorise les avis similaires au mien dans mes timelines. J’ai toutefois croisé ou entendu quelques remarques acides, car il en faut bien. Entre le vieux monsieur qui s’interroge sur le caractère “culturel” de la belle escorte et l’internaute qui fustige les propositions tristes et glauques de l’Hôtel-Dieu… il va falloir trouver un biais pour rassembler tout le monde et, pardon de cette remarque « prétenchieuse », éduquer. Éduquer ceux qui pensent que la culture est un privilège d’élite intellectuelle se triturant le cerveau devant des œuvres cryptiques (que j’adore), et éduquer ceux qui assimilent la culture aux arts du cirque (que j’adore aussi). Je fais le vœu qu’Effervescences ouvrira le champ des possibles à toutes les formes de culture, des plus audacieuses aux plus populaires, en passant par les plus engagées. L’idée n’est pas de plaire à tout le monde, mais que tout le monde y trouve son compte. Et moi je vais avoir de sérieux problèmes de planning. Capitale de la culture ou non, ça ne changera rien à mes habitudes, il y a déjà bien longtemps que je suis convaincue de la grande qualité culturelle de cette ville (hashtag #vouslaurezentenduicienpremier (private joke (pardon))).

3 Commentaires

  1. Val

    Je précise que le jeune homme de la Méthode des flux s’appelle Antoine Defoort (l’Amicale de production). J’espère qu’on le reverra, et notamment qu’il sera invité lors d’autres éditions.
    J’ai beaucoup pensé à lui en faisant avancer tous mes petits projets (zombies) hier.

    Il a peut-être une méthode pour mieux vivre le renoncement lié aux choix cornéliens : je vois très bien ce que tu veux dire !

    Je pense que nous étions bien des milliers dans le parc, mais ce n’était pas du tout oppressant comme à l’Hôtel Dieu.

    Merci pour les moments partagés.

    • @Val : ah oui c’est vrai que tu lui as demandé son nom… tu devrais faire blogueuse tu sais? Des fois je me trouve pas très efficace (ou trop timide, va savoir ;)) Donc merci ! Moi j’ai aimé Boudica. Quelle figure du féminisme ! En tout cas on lui a laissé notre e-mail, en espérant qu’une réponse arrive avant 2024.
      Mon collègue Mathieu a fait 4 RDV secrets et il a beaucoup aimé, notamment le choeur régional d’Auvergne se baladant dans Notre-Dame du Port… je regrette un peu de n’avoir pas fait l’effort des horaires plus matutinaux ou crépusculaires.

      • Val

        Ah non, dans ces périodes troublées, je préfère garder mon poste d’assistante de blogueuse.
        Il faisait bien jour quand j’ai participé à un Rendez-vous à 8h en extérieur : on nous a pourtant distribué des lampes de poche, comme à ceux qui avaient suivi les séances de 5h ou 6h ;-)
        Avec le lever du soleil en prime, il parait que la séance de 7h était extraordinaire. A retenir.

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