Street Art City // Lurcy-Lévis

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17h05, 22 janvier 2015. Le sort de cet ancien centre de formation des PTT des années 1980 est désormais scellé. Sylvie, la propriétaire des lieux, vient soudainement d’avoir une vision et en informe son époux Gilles par téléphone : ils vont transformer cette ruine en “Villa Médicis” du street art.

Printemps 2017 : les premiers visiteurs pénètrent dans un lieu unique au monde, Street Art City.

Un lieu insolite

Lurcy-Lévis – 10 hectares – 13 bâtiments – 22 000 m² de murs

Que faire d’un immense ensemble immobilier désaffecté en pleine pampa bourbonnaise, à 40 mn de routes départementales de Moulins ? Gilles et Sylvie Iniesta n’en savaient rien jusqu’à cette idée lumineuse. Puisqu’il est trop compliqué de retaper (et pour faire quoi ?), trop cher de tout tomber pour rien… et bien qu’à cela  ne tienne, on va garder ces bâtiments en l’état et demander à des artistes du monde entier de venir y ajouter leurs couleurs. Partout dans le monde, des lieux voués à destruction sont confiés au graffeurs et autres street-artists, pour qu’ils puissent s’y exprimer… temporairement avant disparition de l’œuvre et de sa toile de béton. Pas de ça à Lurcy-Lévis ! Même si l’eau s’infiltre ici et là, si certaines fenêtres ne ferment plus, si le plafond part en morceaux, pas question de détruire quoi que ce soit.

Donner sa place au street art

Il ne faut pas confondre le street art avec les tags dégueulasses et informes qui fleurissent parfois sur les murs de votre ville. Cependant, ils ont souvent un point commun : l’illégalité. Il faut œuvrer la nuit, capuche rabattue sur le front, sur le qui-vive et abandonner sa création à son sort : soit une longue vie sous l’œil initié et bienveillant des propriétaires des lieux, soit un nettoyage profond, implacable, par les services municipaux ou autoroutiers.

Street Art City est le seul endroit au monde à accueillir des artistes de street art en résidence. Et ça se bouscule au portillon, l’information a déjà fait plusieurs fois le tour de la planète, Sylvie et Gilles reçoivent des centaines de demandes spontanées : USA, Japon, France bien sûr…  Ils n’ont plus qu’à choisir… mais qui ? Leur souhait est d’offrir à de jeunes artistes en devenir un lieu d’expression qui puisse les aider à se faire connaître. Alors ils farfouillent les pages Facebook, les sites web et sélectionnent des personnalités qui les touchent, des univers qui correspondent à l’esprit de ce lieu convivial et participatif. Mais il y a aussi de grands noms, bien sûr, on ne va pas faire la fine bouche.

A Street Art City, les artistes se voient offrir des conditions de création uniques, un confort inespéré. Les heureux élus sont accueillis à bras ouverts, logés, nourris et dotés de matériel, d’un pan de mur, d’une chambre abandonnée, de tout support qu’ils jugent intéressant pour laisser libre-court à leur imagination et ils en font ce qu’ils veulent, sans que personne ne vienne les embêter. Les œuvres sont immortalisées en photo et vidéo tout au long de la saison créative et le jour où il n’y aura plus de place, peut-être seront-elles recouvertes par le travail d’un.e autre. Ainsi va la vie et le destin du street art. Pour l’instant, pas de souci, après deux ans et quelques de créations il reste de la place, plein !

Deux univers – Les murs et l’Hôtel 128

Ce qui frappe à Street Art City, c’est d’abord le gigantisme des œuvres réalisées à l’extérieur, sur les façades. Géantes et pourtant incroyablement précises, parfois ultra-réalistes. Ici de la géométrie, là des personnages cartoonesques, et plus loin un hommage aux migrants. Un travail de Titan, un travail d’orfèvre. Si des visites guidées sont parfois proposées à Street Art City, il est toutefois recommandé à chacun de se faire sa propre opinion, sa propre histoire avec chacune des œuvres. Bien sûr on peut vous donner quelques clés, quelques indications biographiques, mais quand vous trouvez une fresque superbe sous un pont d’autoroute, personne ne surgit à la prochaine aire de repos pour vous l’expliquer.

Et parallèlement à ces fresques monumentales, l’Hôtel 128 offre a contrario une expérience extrêmement intime aux visiteurs. Les 128 chambres de cet ancien centre de formation sont distribuées aux artistes de passage et chacun y crée un univers bien à lui. La chambre, la salle de bain parfois, et même le placard. Le visiteur, muni d’une lampe frontale, est invité à pénétrer seul dans chaque chambre et à refermer la porte derrière lui, afin de s’immerger totalement dans l’esprit du lieu. Graphismes colorés ou sombres, univers accueillant ou anxiogène, créations plastiques abstraites ou peintures hyper-réalistes, vous ne resterez que quelques secondes dans certaines et plusieurs minutes dans d’autres. L’Hôtel 128 est un étrange et fascinant mariage entre un musée d’art contemporain et une divagation urbex.

Les rencontres

Street Art City est un processus créatif permanent. Lors de votre visite, vous croiserez sûrement des artistes en résidence, en train de travailler sur leur oeuvre. Perché sur une nacelle, en train de bomber une vieille bagnole ou de tracer des lignes sur une vache, ils créent un peu partout. Parmi quelques règles du jeu à respecter, il est demandé aux visiteurs de ne pas photographier les artistes à leur insu (certains souhaitant garder leur anonymat) et de ne pas diffuser de photos des œuvres en cours de création. Il est également interdit de prendre des photos dans l’Hôtel 128, ce que j’ai scrupuleusement respecté donc je vous invite à consulter le site de Street Art City pour vous faire une idée du lieu.

Le jour de ma visite, nous avons notamment rencontré Kelkin (prononcez “quelqu’un” (ce qui a valu un quiproquo savoureux lors de la visite : “Qui a fait ce tableau ? “ “C’est Kelkin” “Oui mais son nom ?” “Kelkin” (on se serait cru dans le Dîner de con avec Juste Leblanc))), un jeune artiste à l’univers graphique et géométrique hypnotique. Il dispose d’un espace d’exposition personnel où il présente ses Miroirs de Lames, 22 cartes de tarot divinatoire réinterprétées avec ses codes et son univers. J’ai eu le plaisir de voir mon passeport dédicacé par ses soins. Le passeport est un document que l’on peut demander lors de sa visite, sorte de pass fidélité avec des pages destinées à accueillir les signatures des artistes que vous croiserez.

N’oubliez pas de saluer la plus grande star des lieux : Bijou, le pinscher nain de Sylvie et Gilles. Ne vous fiez pas à son costume sévère d’agent de sécurité intraitable, c’est une crème.

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La visite

Street Art City est ouvert du 30 mars au 4 novembre 2018 de 11h à 19h

Visite libre des extérieurs et de 3 espaces d’exposition : 12€ par adulte

Visite de l’Hôtel 128 (+ extérieurs et espaces d’expo) : 20€ par adulte

Un bar-snack est disponible sur place. Attention, c’est vraiment dans la pampa donc pas de commerces dans la proximité immédiate du lieu.

J’ai visité Street Art City en compagnie d’une vingtaine d’ambassadeurs de territoire de l’Allier (dont je fais désormais partie !), emmenés par l’équipe du Comité départemental du tourisme. Je remercie chaleureusement toute l’équipe pour l’invitation et la superbe après-midi de découverte en leur compagnie. Un grand merci également à Gilles pour nous avoir accompagnés durant toute la visite et pour le café gourmand réconfortant. Je compte bien revenir, afin de découvrir les nouvelles créations !

Reportage intéressant de Voyons Voir, chaîne régionale

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Un commentaire

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