Le grand bain

grand bain.jpgBuddy movie, feel-good movie, appelez ça comme vous voulez mais ce grand bain est un plongeon aussi rafraîchissant qu’humide (de larmes) dans une belle aventure de bras cassés.  

Débarrassons-nous rapidement du parallèle obligatoire avec The Full Monty (1997, déjà), excellent film britannique où une bande de potes à la dérive se lancent dans le spectacle d’effeuillage façon Chippendales sur fond de crise industrielle. Certes le ressort comique est à peu près le même mais Le grand bain est bien plus que ça.

Allez donc savoir pourquoi, mais des hommes mal dans leur peau, solitaires, dépressifs, désabusés, ventripotents, poilus, et qui ne se connaissent pas, convergent étrangement vers la piscine municipale et ce cours de natation synchronisée masculine particulièrement insolite. C’est Delphine (Virginie Efira), ex-star déchue de la discipline, qui s’occupe de l’entraînement, avec un poil de désinvolture mais quelques ambitions malgré tout.

Les vestiaires de la piscine se transforment à chaque entraînement en groupe de parole alcoolisé ou pétardisé, où chacun va livrer ses humeurs (dépressives) du moment, ses secrets inavouables, tandis que les proches de certains voient d’un œil suspect cette nouvelle passion aquatique pas très virile. L’approche des championnats du monde en Norvège va galvaniser tout ce petit monde et offrir de nouvelles perspectives, un but, un horizon lumineux, l’occasion de briller, enfin.

Réalisé et écrit par Gilles Lellouche, Le grand bain rassemble un casting particulièrement prestigieux : Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Jean-Hugues Anglade, Virginie Efira, Leïla Bekhti, Philippe Katherine, Marina Foïs… mais aussi Jonathan Zaccaï et Mélanie Doutey dans des rôles de connard et connasse particulièrement réjouissants (alors que je les aime beaucoup tous les deux). Les personnalités sont toutes follement attachantes, les dialogues savoureux et drôles malgré le contexte personnel (lourd) de chacun, et la tendresse pour ces losers du quotidien transpire à chaque plan. Ils sont ridicules, pathétiques mais lucides, consternants, on a envie de se foutre de leur gueule à chaque instant mais finalement tout ce qu’on voudrait c’est faire partie de leur bande et de boire un verre avec eux, comme chaque fois après l’entraînement. Parce qu’au-delà d’une galerie de portraits peu reluisants, c’est un miroir tendu à chacun d’entre nous, pour qu’on regarde en face cette comédie humaine permanente qu’est la vie en société : le boulot, la famille, l’hypocrisie, l’amour, les injonctions de performance, l’épuisement, le regard des autres, implacable, leur jugement permanent.

J’aurais préféré une fin différente, moins convenue, plus en phase avec le propos global du film. Je ne vous dis pas laquelle pour ne pas vous spoiler le film, mais c’est vraiment pour faire la fine bouche parce que j’ai été emballée du début jusqu’à la fin par ce film qui ne s’essouffle jamais, qui m’a fait beaucoup rire, qui m’a beaucoup émue aussi. Et la performance des comédien.nes. est vraiment remarquable dans cette galerie de anti-héros en slip de bain. Anglade, Poelvoorde… mais surtout Philippe Katherine que j’ai découvert en comédien et dont le rôle de ravi de la crèche est absolument extraordinaire.

Allez hop ! Tous à l’eau !

Je vous mets la bande-annonce mais bon, si vous voulez le voir, évitez de la regarder et laissez-vous surprendre. Vraiment. Elle en dit beaucoup trop.

grand bain 2

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