Né d’aucune femme

nédaucunefemmeJ’avais lu l’an dernier “Plateau”, que j’avais beaucoup aimé, à la fois pour son intrigue façon polar rural à l’ambiance étouffante, et pour le style d’écriture de Franck Bouysse, direct et poétique en même temps (relire ma critique). C’est donc les yeux fermés que j’ai acheté Né d’aucune femme, son dernier roman, paru début 2019. 

Où sommes-nous ? On ne sait pas trop, mais vraisemblablement en Corrèze puisqu’à un moment des protagonistes mangent des farcis durs (on a les références qu’on mérite). Quand sommes-nous ? Difficile à dire, les gens se déplacent en attelage mais les médecins font des piqûres. Disons que c’est une époque où les pauvres travaillent la terre, où les bourgeois habitent des manoirs, et où il est concevable que les premiers cèdent leur enfant aux seconds, pour quelques pièces. 

Le père Gabriel reçoit un jour une drôle de femme au confessionnal. Elle lui demande d’aller bénir un corps à l’asile du coin, mais aussi de récupérer discrètement quelque chose sous les jupes de cette morte. Des cahiers. Ils ne faut pas qu’ils tombent entre n’importe quelles mains et ce sont les siennes qu’elle a choisies. Que faire d’autre que d’ouvrir et de lire ces cahiers ? Gabriel ne s’attendait certainement pas à lire ce qu’il a lu. Personne ne s’attend à lire ça. 

Rose raconte son histoire, avec ses mots, avec sa perception d’adolescente de 14 ans. Elle raconte une histoire à vous retourner le coeur et l’estomac. Et que vais-je bien pouvoir vous dire d’autre ? J’en ai déjà trop dit. L’intégralité de ce roman repose sur une trame obsédante, où les protagonistes s’expriment les uns après les autres, entretenant une confusion, une tension narrative à la limite du soutenable. Né d’aucune femme est un “page turner” comme on en voit rarement, on brûle de connaître la suite de l’histoire, on brûle de colère, on brûle de tristesse. En jonglant avec différents styles, Franck Bouysse nous oblige à adopter un point de vue différent avec chaque personnage, on devine les noeuds invisibles, on sait ce qu’ils ne savent pas et on voudrait leur crier des choses pour les prévenir, pour les protéger. Un grand roman psychologique, social, porté par une écriture brillamment sombre, et dans lequel l’héroïne, Rose, irradie telle un diamant brut. 

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Ce roman a reçu plusieurs prix littéraires.
+ d’infos sur le site de l’éditeur

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