Parce que je t’aime (ou pas)

[edit du 4 novembre 2012 : c’est quoi toutes ces recherches Gougueule qui demandent la fin du bouquin ou des spoilers ? Y a un prof qui a donné ce torchon à étudier en cours ou quoi ?? Quelqu’un aurait-il la gentillesse de me répondre parce que j’en ai marre de voir mes statistiques pourries par ce pitoyable navet…Merci !]

[edit du 4 novembre 2012, bis : j’ai eu ma réponse. Oh my god…]

Aujourd’hui j’ai lu un article savoureux sur lexpress.fr, à propos du dernier Guillaume Musso, dont on voit la tronche régulièrement ces derniers temps pour la sortie de son dernier yaourt allégé.

C’est là et c’est drôle : http://www.lexpress.fr/culture/livre/7-ans-apres-de-guillaume-musso-passe-le-test-de-la-page-99_1101660.html

Ça m’a évidemment rappelé le seul et unique « roman » que j’aie lu de lui.

Petit retour sur un grand énervement.

Note initialement publié le 16 mars 2008

J’ai donc torché « Parce que je t’aime » de Guillaume Musso en moins de 24h. Ça vaut pas plus. Ce bouquin rentre dans la catégorie « livre de plage ». Il est savamment construit comme un scénario de film. Musso accumule les détails visuels hype et s’adonne au brand-dropping (référence au name-dropping, auquel il échappe à peine). Il enquille tranquillement les noms de grandes marques de fringues, et ça n’apporte rien, mais alors rien du tout, à l’intrigue. Les personnages sont stéréotypés à l’extrême, et notamment une fille, dont tout, mais alors tout, a été pompé sur le personnage de Paris Hilton. Aspect physique, tenue vestimentaire, origines sociales, comportement. Jusqu’à des extraits de journaux à scandale où il eut été facile de remplacer le nom de cette fille par celui de l’héritière hôtelière.

Soucieux de s’assurer une rente confortable grâce à ce livre, Musso prend la peine de demander une faveur à son lecteur au début du roman : celle de ne pas révéler la fin à ceux qui ne l’ont pas lu. C’est le truc le plus con qu’il m’ait été donné de voir dans un livre. C’est vrai que moi, quand je lis un bouquin ou quand je vois un film, je me dépêche de spoiler le truc à tous ceux qui seraient potentiellement intéressés.

Après ce préambule pathétique qui annonce la couleur avec de gros sabots crottés (attention attention, vous allez être surpris par la fin mais chut ! Faut pas le dire !), on se lance dans l’histoire d’une famille (dé?)composée d’une femme violoniste célèbre, d’un homme psychologue médiatique arrivé au sommet à la force du poignet (american dream quand tu nous tiens…), de leur petite fille disparue sans laisser de traces (rassurez-moi, ce type a écrit ce roman avant l’épisode Maddie MacCann??), d’une pauvre fille adolescente paumée qui a la vengeance chevillée au corps, d’une riche héritière à la dérive, et d’un autre psychologue, ami du premier. Tu secoues énergiquement le tout. Tu les fais se croiser en long, large, et travers. Tu rajoutes un peu de pathos, quelques morts, quelques injustices, et au final, ça fait…plop. Personnellement, et sans vouloir me vanter, j’avais pressenti le dénouement final depuis déjà un moment. Il faut dire que pour un auteur apparemment salué pour son imagination et son originalité, j’ai retrouvé dans ses lignes un peu de « Sixième sens » (le film), un peu de « The Lovely Bones » d’Alice Sebold (roman qui raconte l’histoire d’une jeune adolescente violée et assassinée, et dont le point de vue est précisément celui de l’adolescente, morte, qui voit tout ce qu’il se passe dans le monde des vivants, et notamment l’avancée de l’enquête la concernant), un peu de « Et si c’était vrai » du jumeau commercial de Musso, Marc Lévy (truc un peu space à base de morts-vivants), d’une bonne dose écœurante de « Magnolia » (le film) et pour finir, d’une rasade de « Eternal Sunshine of the spotless mind ». Bref, le concept de ce livre est une resucée navrante d’autres œuvres, agrémenté de personnages caricaturaux, de coïncidences foireuses.

Un détail a attiré mon attention à la page 83. J’ignore si c’est fait exprès ou si Musso s’assoit confortablement sur la vérité historique, mais un vol commercial d’un A380 en mars 2007, c’est pas possible. Donc, si c’est fait exprès, dès la page 83 je me suis dit « y a un truc qui cloche, ça ne peut pas être vrai ». Et si c’est pas fait exprès, ben dommage pour Musso parce que du coup, ça spoil son truc direct.

Musso fait des phrases courtes et peu compliquées. Donc ça se lit très bien, très vite, mais c’est évidemment sans saveur. Et pour le titre, je cherche encore la signification par rapport au contenu mais je n’en vois pas. J’imagine donc qu’il a été choisi afin d’attirer l’œil de la ménagère sur la tête de gondole.

Je me rends compte en me relisant que j’ai quand même pas mal spoilé ce bouquin. M’en fous.

8 Commentaires

  1. J’ai osé (il y a longtemps) un Marc Lévy, le Musso ça aurait été le livre qui fait déborder la bibliothèque, j’ai jamais tenté. Je connais des tas de gens qui lisent des trucs très bien qui adorent Musso. Comprends pas.
    Là ça fait au moins 3 mois que je n’ai rien lu, j’ai un gros gros passage à vide littéraire, pourtant il y a 3 pavés sur ma table de chevet, je n’arrive pas à les ouvrir. Que m’arrive-t-il ?

  2. F.

    Moi j’adore ta phrase de conclusion Mlle Orange !

  3. lili

    Sortie du film « La Traversée » tiré du livre de Musso , pour connaître la fin du film…..

  4. Pingback: J’ai testé un atelier de création de flip-book | The magic orange plastic bird said...

  5. Pingback: Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une | The magic orange plastic bird said...

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