Nobody knows

Film fleuve de près de deux heures et demie, Nobody knows distille saison après saison les petits bonheurs et grands malheurs d’une fratrie. La fiche Allociné m’informe que cette histoire est tirée d’un fait réel arrivé en 1988. Ça fait froid dans le dos.

Mme Fukushima (ça s’invente pas…), emménage dans un nouvel appartement avec son fils de 12 ans, Akira (ça s’invente pas non plus). Mais dans les valises, en guise d’affaires personnelles, elle a rangé trois autres enfants. Plus jeunes qu’Akira, elle ne souhaite pas en divulguer l’existence de peur de se faire virer de l’appartement. Une femme seule avec quatre enfants jeunes, ce n’est pas très commun ni très bien vu. Akira, Kyoko, Shigeru et Yuki ne vont pas à l’école. Pourquoi ? L’histoire ne nous l’explique pas. Mme Fukushima part travailler très tôt le matin et laisse le soin à Akira de s’occuper de ses frères et sœurs. À lui d’aller faire les courses, de faire le ménage, de faire les comptes, de veiller à ce que tout le monde se lave, mange, et aille se coucher. Mais la mère s’absente de plus en plus souvent. Elle revient au bout d’un mois. Puis re-disparaît pour ne plus revenir. On imagine qu’elle a rencontré un nouvel homme, et qu’elle a choisi de refaire sa vie avec, mais sans ses encombrants enfants tous de pères différents.

Akira devient malgré lui le chef de famille. Planqués dans ce minuscule appartement, les enfants vivent, mangent, jouent, jusqu’au jour où l’argent vient à manquer. C’est alors le début d’une spirale dont on pressent la fin tragique.

Ce qui fait la force de film, c’est Akira. Le jeune acteur est incarné. À la fois grave, à la fois insouciant. Tiraillé entre sa lourde mission et ses rêves d’enfant. Les autres enfants sont également saisissants de vérité, filmés sans chichis, et quasiment sans mise en scène. Les prises de vue sont parfois à la limite du documentaire.

Comme dans beaucoup de films d’animation, le réalisateur, Hirokazu Kore-Eda, prend un plaisir particulier à filmer des détails du quotidien. Un bout de main, un crayon, un plat fumant…C’est une manière de filmer à laquelle nous ne sommes pas habitués. Il faut que ça aille vite, que chaque plan ait un intérêt pour l’intrigue. Là non. On se laisse vivre, on observe, on rentre au cœur de leurs petites vies instables.

Comme dans beaucoup de films d’animation et de mangas, il est question d’enfants malheureux. À bien y réfléchir, ce film aurait fait un très joli film d’animation.

Film social insolite, conte moderne tragique, Nobody knows réussit la prouesse de mettre en scène des enfants pendant plus de deux heures. Ils portent le film comme leurs petits personnages portent leur vie.

L’histoire se termine sur un point d’interrogation et un grand vide.

Et ça me rappelle que Colorful vient de sortir en DVD, et que j’ai une commande Amazon à passer…

5 Commentaires

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