I wish

I wishQuoi de plus pertinent pour commencer l’année que de regarder un film dont le thème principal est le vœu ? Ce film de Kore-Eda n’était pas passé en salles sur Clermont à l’époque de sa sortie, à mon grand désarroi. Je me suis donc rattrapée avec le DVD. Kore-Eda, c’est celui qui a réalisé « Still walking », chronique familiale douce-amère portant sur le deuil, et « Nobody knows », l’histoire touchante d’une fratrie livrée à elle-même. Avec « I wish », Kore-Eda reste dans la thématique de la famille, avec toujours en arrière-plan une société japonaise comme on n’a pas l’habitude de se la représenter ici, en France.

Koichi et Ryunosuke sont deux frères (et pour de vrai dans la vraie vie véritable!) qui ont été séparés par leurs parents. L’un est resté vivre avec sa mère, l’autre avec son père. Victimes collatérales de la mésentente de leurs parents, ils tentent de reconstruire leur petite vie dans leur nouvel environnement. Ryunosuke se retrouve à devoir gérer son père musicien flemmard, alors que Koichi découvre le monde de ses grands-parents, chez qui il vit désormais avec sa mère, qui ne travaille pas. A l’école, chacun se fait des amis, et élabore des projets de vie. Mais Koichi n’a qu’un souhait : réunir sa famille à nouveau. Alors avec son petit frère, ils élaborent par téléphone un plan pour que leur vœu se réalise. Puisque le Shinkansen s’apprête à relier leurs deux villes, ils décident de se retrouver à mi-chemin pour formuler leur vœu à l’endroit précis où les trains se croiseront, certains du pouvoir magique de l’instant. Dans leur périple, ils embarquent leurs amis les plus proches, qui eux aussi ont des vœux à formuler.

Au-delà du road movie enfantin, c’est un tableau plutôt sombre de la société et de la famille japonaise que nous brosse Kore-Eda. Parents immatures, grands-parents nostalgiques, familles éclatées, aspirations contrariées…ces gamins vont tenter d’insuffler un peu de magie dans ce quotidien morose.

Ce que j’aime dans les films de Kore-Eda, c’est l’amertume du propos enrobé dans une réalisation enchanteresse. Comme dans « Nobody knows », les enfants sont filmés avec un naturel désarmant. Ils sont frais, passent leur temps à courir alors que les adultes se traînent, nous offrent des frimousses à tomber par terre (Ryunosuke est renversant de fraîcheur et d’énergie), ont des rêves, des envies qui leur feraient soulever des montagnes. Pourtant, le monde dans lequel ils vivent n’en a que faire. Moins poignante que celle de « Nobody knows » (terrible), la fin de « I wish » est évidemment en demi-teinte. Les enfants n’ont peut-être pas trouvé ce qu’ils étaient venus chercher mais ils ont gagné autre chose. Parcours initiatique, découverte de l’autre, entraide, partage, amitié…Une parenthèse magique pour mieux retomber les pieds sur terre.

Beaucoup plus bavard que « Nobody knows » (un peu fastidieux d’être sans arrêt en train de lire les sous-titres, l’impression de ne pas profiter des images), « I wish » préfère mettre l’accent sur l’énergie vitale des enfants plutôt que sur la contemplation béate d’un bol ou d’un rayon de soleil (ce que j’aime beaucoup aussi, note bien). Cela dit, le rythme reste tout de même plus lent que nos productions françaises (ne parlons pas des américaines ou anglaises). A noter toutefois : le fameux instant magique, véritable hurlement du cœur dans un fracas ferroviaire assourdissant, tellement magique que j’ai moi aussi failli hurler un vœu devant mon écran.

Et toi, c’est quoi ton vœu pour 2013 ? Bonne et heureuse année les amis !

9 Commentaires

  1. galuchon

    Le seul voeu qui vaille à mes yeux est la paix dans le monde. La vie humaine dépasse tout.

  2. Val

    J’aime bien une formule qui se dit (parait-il) en Provence : « Qu’à la fin de l’année, si on n’est pas un de plus, qu’on ne soit pas un de moins ! ».

  3. Val

    Pas très gai, je l’admets, mais je crois pourtant que mon voeu a beaucoup plus de chances de se réaliser que celui de Galuchon !
    Alors, plutôt une bonne résolution ? Pour moi, un croquis par jour (déjà deux soirs que je n’y pense qu’une fois couchée !). Et pour toi ?

    • @Val : restons modestes, en effet ! D’ailleurs, un croquis par jour n’est-il pas un peu ambitieux ? Ça créé de la culpabilité inutilement, de s’imposer des trucs trop réguliers…
      Pour moi…euh…la liste des résolutions 2012 est encore accrochée dans la cuisine avec quelques items non barrés…on va déjà s’occuper de ça ! :) (monter le meuble à four, aller à la déchetterie……..que des trucs super funky)

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