My funny Valentine

Drôle je ne sais pas, mais inattendu et créatif certainement. Valentin Vigneron est un architecte qui a façonné la ville de Clermont-Ferrand au milieu du XXe siècle et posé (et imposé) çà et là sa vision moderniste et fonctionnaliste de l’habitat et des bâtiments publics.

Grâce à l’office de tourisme de Clermont-Ferrand, j’ai eu la chance de suivre une visite guidée passionnante « Sur les pas de Valentin Vigneron ». C’est accompagné d’un excellent guide-conférencier (le même qui a sévi dans l’ancienne synagogue, rappelle-toi) qu’un petit troupeau de près de 40 personnes s’est embarqué dans un périple de plusieurs kilomètres dans les rues de Clermont.

Valentin Vigneron est né en 1908 (à Ahun, un compatriote creusois) et mort en 1973, après avoir laissé près de 300 édifices à la ville de Clermont. Plutôt intéressé par les Beaux-Arts au départ (il a peint toute sa vie), il s’est formé à l’architecture sans jamais en décrocher les diplômes (le genre de truc qui n’arriverait plus aujourd’hui, je pense). Le tumultueux XXe siècle lui a permis de concevoir des immeubles très différents. Avec un début de carrière dans les années 1930, c’est l’Art Déco qui l’inspire, avec ses formes géométriques et fonctionnalistes. Si ses premiers travaux sont particulièrement reconnaissables, d’autres passent relativement inaperçus dans les rues de Clermont. Petite sélection !

Notre premier arrêt et pas des moindres, l’immeuble Dalmas, boulevard Desaix, une oeuvre de jeunesse particulièrement remarquable au cœur de la ville. On sent encore ici des effluves d’Art Nouveau mais Vigneron va vite partir sur des lignes beaucoup plus droites et géométriques. La preuve avec notre deuxième arrêt juste derrière l’immeuble Dalmas : l’hôtel Le Savoy. Désormais découpé en appartements privés, ce n’est plus un hôtel. Sa façade intrigue car en zig-zag (pour faire entrer un maximum de lumière) et malheureusement le hall de l’hôtel avec sa grande verrière n’existe plus. Difficile d’imaginer l’intérieur… si quelqu’un habite dedans et me lit, je veux bien passer boire un café !

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L’hôtel Dalmas (Avec une manif free-Tibet en cadeau bonus)

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Le Savoy

Direction ensuite la rue Bonnabaud, avec trois immeubles qui se font face à un carrefour. De style assez différent, ils n’en ont pas moins été pensés par Vigneron. Quelques détails ici et là donnent des indices mais j’étais loin d’imaginer qu’ils étaient de lui. Attention, l’école Nestor Perret juste à côté ne l’est pas en revanche, de lui ! Mais son architecture vaut le coup d’œil également.

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Quelques rues plus loin, c’est la rue Colbert qui propose une enfilade d’immeubles réalisés par Vigneron. L’un des derniers présente un hall d’entrée assez remarquable (notamment remarquable en non utilisation de l’espace, ce qui m’interroge un peu pour un fonctionnaliste).

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Rue Colbert

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Notre périple nous amène très vite devant ce que je considère comme le clou du spectacle, à savoir l’ensemble Maison de la culture, gare routière et mutualité agricole. L’ancienne gare routière va dans quelques années être réhabilitée en salle de spectacle pour la Comédie de Clermont-Ferrand, enfin une scène nationale digne de ce nom ! L’architecte retenu pour le projet a semble-t-il prévu de conserver un maximum des éléments de cette gare remarquable (toute façon elle est classée, maintenant), que je n’ai pas connue « de son vivant » mais que j’ai eu la chance d’arpenter lors d’une visite pirate en mode urbex avec le festival Underfest (souviens-toi de ce beau concert). Une page web dédiée à la gare routière vous en dira beaucoup plus et avec des photos d’époque => clique ici

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La visite était officiellement terminée mais notre guide a proposé aux plus motivés de pousser un peu plus loin (une bonne trotte), jusqu’au boulevard Cote-Blatin, afin de découvrir notamment une villa privée réalisée par Vigneron. Il en réalisé peu mais ce sont de véritables curiosités architecturales où l’on pressent qu’il a pu se faire plaisir et laisser libre court à sa créativité (ce qui n’est pas forcément le cas sur des immeubles de commande).

Nous sommes évidemment loin d’avoir fait le tour de tous les immeubles Vigneron et ça a bien entendu aiguisé ma curiosité. J’ai donc fait l’acquisition (directement chez l’éditeur Lieux Dits) d’un petit fascicule très bien fait consacré à Valentin Vigneron et qui liste 35 sites majeurs. Un ouvrage court mais très instructif, un must-have pour tous ceux qui s’intéressent à Clermont (à 2,28 €, pas la peine de s’en priver). J’en ai profité pour commander un livre sur Louis Jarrier, autre architecte auvergnat qui a beaucoup œuvré dans les villes thermales mais également à Clermont, avec notamment à son actif la superbe pharmacie « égyptienne » place Delille.

(explication du titre, pour ceux qui ne connaissent pas My funny Valentine https://youtu.be/UjuaZDdqmCw)

vigneron_lieuxdits

jarrier

7 Commentaires

  1. The Duke

    Curieux au sujet de la villa, un vers google street serai bienvenue ;)

  2. Val

    Effet secondaire de la visite : j’ai l’impression de reconnaître du Valentin Vigneron partout…
    Je me demande aussi si les architectes du premier carré Jaude ne s’en sont pas inspirés, notamment pour le sommet des bâtiments, qui ressemblent à ceux du carrefour Bonnabaud.

  3. Pingback: Festival Underfest #3 // Clermont-Ferrand | The magic orange plastic bird said...

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